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Culture

Le folklore l’emporte sur le segment économique et commercial

Le folklore l’emporte sur le segment économique et commercial

Nonobstant son ouverture en grande pompe le 24 de ce mois, le festival du tapis d’Aït-Hichem, dans sa huitième édition, a cessé d’attirer l’attention, après le départ des officiels, de celles et ceux à qui il est destiné. Autrement dit, le folklore l’emporte sur le segment économique et commercial.

Les espaces de la maison de la Culture Mouloude Mammeri de Tizi-Ouzou ont vu, jeudi dernier, plus d’exposantes que de visiteurs, notamment les clients.

A vrai dire, pas une des nombreuses exposantes n’a pu vendre le moindre de ses articles au cours de toute cette matinée du 26 octobre.

Il est à se demander où est l’essence de cette manifestation, voire la symbolique du tapis de cet illustre village d’Aït-Hichem, qui côtoie toujours avec fierté la montagne du Djurdjura.

Il semble que les organisateurs et les acteurs de cette manifestation, ou tout simplement celles et ceux véhiculant l’idée de ce tapis ancestral, ont oublié d’impliquer dans leur stratégie deux éléments essentiels, l’économiste et le spécialiste de la science commerciale en l’occurrence.

Personne ne peut nier que le tapis d’Aït-Hichem est un produit du terroir et en tant que tel, véhicule une militance culturelle et identitaire. La logique économique et commerciale veut que ce discours identitaire et culturel soit du ressort exclusif des économistes et des spécialistes de la science commerciale.

Dans ce cas, son destinataire ou tout simplement le client ne peut être qu’un étranger à la culture algérienne. Et croire que ce client étranger utiliserait ce tapis pour couvrir le sol de son salon ou l’utiliser comme un édredon serait une erreur. Ils sont bien révolus, les temps où les gens utilisaient les couvertures tissées traditionnellement comme édredons.

Au village même d’Aït-Hichem, les gens utilisent des couettes. Cet élément de couverture est plus léger et protège mieux contre le froid. Idem concernant le burnous.

De nos jours, les hommes ne portent plus le burnous, et ce ni pour se protéger contre le froid ni comme élément vestimentaire esthétique. Cela suggère donc leur utilisation pour d’autres besoins.

Ces « autres besoins « justement, seuls les économistes et les professionnels du marketing sont capables de les identifier. Signer par exemple des conventions achat-vente avec des musées des capitales étrangères serait une affaire porteuse, et ce tant sur le plan économique et commercial que sur le plan culturel et identitaire.

En définitive, le discours sur la culture et l’identité algériennes doit s’adresser aux autres et non aux Algériens eux-mêmes. Et en attendant la mise en application de cette vision concernant l’avenir du tapis d’Aït-Hichem, la petite politique locale continue d’abreuver le public de son galimatias.

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