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Nationale

Le FMI propose son aide technique à l’Algérie

Le FMI propose son aide technique à l’Algérie

Une étude globale sur l’économie de l’Algérie est en cours d’élaboration par les experts nationaux et la Banque mondiale (BM), a annoncé le ministre des Finances, Hadji Baba Ammi.

L’étude, qui sera réalisée en 2018, permet aux deux parties d’avoir une visibilité globale pour établir un plan d’action 2018-2035, selon les précisions du ministre, à l’issue de sa rencontre lundi avec le vice-président de la BM pour la région Mena, Hafez Ghanem.

« L’étude nous permettra de développer le nouveau programme national de croissance économique en collaboration avec la BM », a-t-il expliqué, affirmant que l’Algérie a bénéficié d’un soutien technique de la BM en vue de réaliser cette étude.

L’argentier du pays a également annoncé une autre étude en voie d’élaboration entre les deux parties, portant sur « l’octroi d’aides aux catégories à faibles revenus à la faveur d’un programme spécial », soulignant que ces deux études étaient financées par les fonds propres de l’Algérie et que la collaboration de la BM se limitait à l’aide technique et au savoir-faire.

Le portefeuille des opérations de la Banque mondiale en Algérie comprend 10 projets d’assistance technique en Algérie dont le perfectionnement des réseaux de sécurité sociale.

Pour sa part, le chef de la mission du FMI pour l’Algérie, Jean-François Dauphin, a recommandé au gouvernement des réformes « structurelles de vaste portée » et de faire en sorte que l’ajustement économique soit « équitablement partagé ».

Le représentant du FMI, qui a mis en avant la stabilité sociale de
l’Algérie, a considéré que c’est un acquis fondamental de la société algérienne qu’il était primordial de préserver. Il a appelé toutefois à une adaptation « durable » de l’économie algérienne au choc pétrolier qui devrait encore durer.

« Le redressement des finances publiques devra s’inscrire dans la durée, car les cours du pétrole devraient rester bas et les réserves d’hydrocarbures ne sont pas inépuisables », a-t-il souligné lundi lors d’une conférence de presse à l’issue de sa mission à Alger.

Selon lui, l’effort de redressement devrait reposer essentiellement sur l’élargissement de l’assiette fiscale, grâce notamment à l’amélioration du recouvrement de l’impôt et à la rationalisation des exonérations fiscales et la maîtrise des dépenses courantes.

Les réformes devraient aussi être axées sur « le remplacement progressif des subventions à l’énergie, qui sont coûteuses et bénéficient surtout aux ménages aisés, par un soutien direct aux personnes les plus défavorisées ».

La mission du FMI plaide aussi pour l’amélioration de l’efficacité et la réduction du coût des investissements publics, tout en préservant l’investissement dans la santé, l’éducation et les systèmes de protection sociale « bien ciblés ».

La règle 51/49 % remise sur le tapis

Le chef de la mission du FMI est revenu aussi sur l’importance d’améliorer davantage le climat des affaires et l’accès au crédit, de renforcer la gouvernance et la transparence, de rendre le marché du travail plus efficace, de promouvoir la participation de la femme à la vie active et d’ouvrir plus largement l’économie aux investissements étrangers, notamment à travers l’assouplissement stratégique de la règle 51/49% du capital et qui régit l’investissement étranger en Algérie.

Le représentant du FMI recommande aussi la poursuite « des efforts » en vue d’aligner le dinar sur la situation fondamentale de l’économie, combinée à des mesures visant à la résorption du marché parallèle des changes.

Concernant le secteur bancaire, le FMI recommande d’accélérer le passage à un système de supervision bancaire basé sur les risques, d’affermir le rôle de la politique macroprudentielle, de renforcer la gouvernance des banques publiques et de mettre en place un cadre de résolution des crises.

D’après les conclusions préliminaires de cette institution financière, l’activité économique a été globalement « résiliente », mais la croissance s’est ralentie dans le secteur hors hydrocarbures sous l’effet de la réduction des dépenses et est estimée à 3,4 % pour 2016.

Quant au taux d’inflation, il est passé de 4,8% en 2015 à 6,4% en 2016 et se chiffrait à 8,1% en glissement annuel en janvier 2017, alors que le taux de chômage a atteint 10,5% en septembre 2016.

Le Fonds a noté aussi un certain redressement des finances publiques en 2016, mais les déficits budgétaires et courants restent larges et la dette publique a augmenté, rappelant aussi que les réserves de change, bien qu’encore abondantes, ont chuté de 30 milliards de dollars et se chiffrent maintenant à 113 milliards de dollars.

La mission du FMI a séjourné à Alger du 7 au
20 mars pour mener ses consultations annuelles sur l’économie algérienne au titre de l’article IV.

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