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Nationale

Le FMI met en garde contre le déficit budgétaire

Le FMI met en garde contre le déficit budgétaire

Le FMI dicte « la bonne pratique économique » à l’Algérie en termes d’encouragements des opérateurs étrangers en lui préconisant de limiter la règle des 51/49 régissant l’investissement étranger aux secteurs jugés stratégiques.

« La bonne pratique c’est d’éliminer cette contrainte, ou du moins la limiter aux secteurs stratégiques afin de faciliter aux investisseurs étrangers de venir en Algérie », a préconisé le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) à Alger, Zeine Zeidane.

« Nous avons établi des rapports sur 88 pays et aucun d’eux ne dispose de telles contraintes », a-t-il fait constaté hier à Alger au terme de sa mission à Alger, en suggérant de supprimer cette loi du cadre légal et de la mettre dans un cadre réglementaire.
Le représentant du FMI s’est également montré critique vis-à-vis du soutien de l’Etat au secteur privé en considérant qu’il s’agit beaucoup plus d’une redistribution de la rente que d’un appui aux investissements.

Outre son opposition au maintien de la règle 51/49 régissant l’investissement étranger en Algérie et son élargissement au commerce de gros et de détail, le chef de mission du FMI a également contesté l’abrogation de l’article 87 bis qui risque, selon lui, d’alourdir davantage le budget de l’Etat.

« Nous avons pris acte de la décision du gouvernement d’abroger l’article 87 bis du code du travail dans le cadre de la loi de finances 2015. Nous avons attiré l’attention du gouvernement algérien sur la masse salariale très élevée de la fonction publique qu’il faut absolument maîtriser », a-t-il dit en prévenant que le niveau de la masse salariale de la fonction publique n’est pas soutenable d’autant que plus de 50 % des dépenses sont financées par les ressources pétrolières qui sont épuisables.

L’expert du FMI a insisté d’autre part sur la nécessité d’aligner les salaires au niveau de la productivité. Le chef de mission du FMI prévient que la politique budgétaire de l’Algérie n’est pas soutenable dans le long terme. « Le pays enregistre, pour la première fois, depuis 15 ans, un déficit budgétaire important en raison de la stagnation de la production des hydrocarbures et la baisse des prix du pétrole sur le marché mondial », a-t-il fait constater.

M. Zeine Zeidane a averti que le pays peut basculer dans 20 ou 30 ans d’une position nettement positive à une position négative d’où la nécessité de rationaliser les dépenses publiques à travers une loi organique qui définit un plancher en termes de dépenses.

Prévision de 4% de croissance pour l’Algérie en 2014
L’institution financière internationale juge néanmoins que la situation macroéconomique actuelle de l’Algérie est stable. La croissance du PIB de l’Algérie devrait atteindre 4% en 2014 contre 2,8% en 2013, selon les prévisions du chef de mission FMI.

« L’activité économique s’est raffermie en 2014 et la croissance du PIB réel devrait s’élever à 4 % contre 2,8 % en 2013 », a-t-il prévu ! Le représentant du FMI a également noté un net repli de l’inflation qui devrait se situer en dessous de 2 % , en partie grâce au « resserrement de la politique monétaire ».

D’autre part, le déficit budgétaire devrait se creuser en 2014 à 6 % en raison de la baisse des recettes d’exportation des hydrocarbures et du maintien d’un niveau élevé des dépenses, a-t-il relevé, tout en préconisant, entre autres de rationaliser les dépenses publiques. « Il y a un déficit public en 2014 induit par une contraction des exportations et une hausse des importations qui se répercute sur le budget », a-t-il analysé en jugeant que la politique budgétaire de l’Algérie n’est pas soutenable.

« L’Algérie doit améliorer sa position ce n’est pas normal qu’elle soit placée à la 150e place en terme de facilitation des investissements alors qu’elle dispose tous les atouts pour émerger », a-t-il noté.

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