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Nationale

Le FLN veut des preuves

Le FLN veut des preuves

Mais qu’est-ce qui fait donc nourrir cette rivalité, alors que tous deux soutiennent indéfectiblement le président Bouteflika durant plus de 16 ans ?

Moins de vingt-quatre heures après les propos tenus samedi dernier par Ahmed Ouyahia, lors de sa conférence de presse, soutenant que « la chkara est une réalité » ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Piqué au vif par ces graves accusations, le FLN réagit et demande à son ex allié de présenter les preuves de ce qu’il avance : « Apportez vos preuves, si vous êtes de bonne foi ! » lance-t-il à son adresse à travers un communiqué publié sur le site électronique du parti.

Le parti majoritaire récuse toutes les accusations au sujet des résultats des dernières élections sénatoriales, le recours à la « chkara » : « c’est Amar Saïdani qui a appelé publiquement à moraliser la vie politique et à détruire la « chkara » dit-il. La guerre des mots entre ces ex alliés s’amplifie de jour en jour. Elle a atteint son paroxysme lors du renouvellement partiel du Conseil de la Nation de la semaine passée.

Cette fois-ci, la coupe est pleine pour le FLN qui accuse à son tour le RND de nourrir un complexe à son égard : « Certains continuent de souffrir d’un complexe à l’égard du premier parti du pays et s’attaquent dans leurs sorties médiatiques à sa position de première force politique, remettent en cause sa crédibilité en semant le doute sur la majorité qu’il a obtenue lors des élections sénatoriales », lit-on dans le communiqué.

Le FLN accuse le RND et son SG à propos de l’article 51 qui interdit aux binationaux des postes stratégiques aux plus hautes fonctions de l’Etat, défendu becs et ongles par Ouyahia de se compromettre inconsciemment dans une interprétation trompeuse : « En quoi vouloir s’assurer la loyauté à la patrie de ceux qui voudraient la servir ou la représenter exclusivement au plus haut niveau des responsabilités est-il un crime ?

En quoi une révision de l’article 51 permettant à ceux qui voudraient servir leur pays d’origine et son développement est-elle un crime ? » s’interroge encore le FLN qui enfonce un peu plus le clou : « Ce qui est en revanche criminel, c’est de mettre en doute, sans preuve, leur patriotisme et leur loyauté » enchaîne le FLN.

Enfin, il prévient contre toute tentative de « nuire au rapport qui lie le parti majoritaire au président de la République, son président ». Comme on le voit, le fossé semble se creuser davantage entre les deux plus grandes formations politiques du pays.

Mais qu’est-ce qui fait donc nourrir cette rivalité, alors que tous deux soutiennent indéfectiblement le président Bouteflika durant plus de 16 ans ? La course à la présidentielle de 2019 ou les élections législatives ? Les deux scrutins sont pourtant encore loin. Mais dans les états-majors de ces deux partis, les législatives dominent tous les esprits. L’état de grâce entre les deux formations est terminé.

Et c’est tout naturellement que ces deux formations aspirent à gouverner le pays au regard de la nouvelle constitution qui sera votée le 3 février prochain. La nouvelle constitution qui entrera en vigueur dès sa validation par le Parlement permettra ainsi au FLN de récupérer la chefferie du gouvernement, une revendication phare de Saadani. De son côté, le RND se positionne comme un parti d’experts. Son score lors de la dernière élection législative le maintien en seconde position.

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