Le FLN au bord de l’implosion
La crise refait surface au sein du vieux parti, le FLN. La bataille fait rage entre les membres du comité central et entre les membres du bureau politique (BP). Le parti est divisé entre plusieurs chapelles, alors qu’au niveau des structures organiques intermédiaires c’est le chaos et l’anarchie.
Selon des responsables du parti du Front de libération nationale (FLN), la guerre est ouverte entre le secrétaire général Aboufadhl Baadji et des membres de son BP. Une instance qui n’arrive pas à se réunir, ni à organiser la moindre rencontre ou meeting avec des militants, alors que les perspectives de la tenue des élections législatives pointent à l’horizon.
C’est justement cette échéance politique qui a fait exploser les rapports entre les chefs du moment. La fronde a éclaté il y a quelques semaines, après une série de décisions et de critiques. La personnalité la plus influente actuellement au sein du FLN est Mohamed Alioui, qui est toujours l’inamovible SG de la puissante Union nationale des paysans algériens. Ce dernier aura été le principal soutien à Baadji, pour ne pas dire son protecteur, quand il a voulu briguer le poste laissé vacant par l’homme d’affaire Djemai, qui a été incarcéré suite à un sombre procès.
C’est encore Alioui qui mobilisa le comité central pour introniser en mai dernier cet avocat, un illustre inconnu dans la scène politique et médiatique, après une sourde bataille entre plusieurs cadres candidats. A l’époque, on s’est mis d’accord que Baadji prenne les rênes du parti pour six mois seulement. Une échéance déjà dépassée depuis trois mois. Baadji refuse de se soumettre et d’accepter les termes de cet accord, faisant la sourde oreille aux contestations internes.
De plus, l’actuel SG s’est fourvoyé dans une spirale de décisions organiques, comme la suppression de dizaines de kasmas et mouhafadhas créés par l’ex patron Saidani. Une démarche qui n’a pas été du goût de milliers de cadres et militants, alors que la bataille pour les listes de candidatures à la députation et dans les assemblées populaires communales et de wilaya fait rage.
Selon nos informations, une pétition est en train de circuler au sein du parti, exigeant une session extraordinaire du comité central, le refus de prorogation du mandat actuel de Baadji, qui s’est achevé en novembre dernier, l’installation d’une nouvelle équipe dirigeante, l’engagement des actions de refonte des appareils et mouhafadhas, l’assainissement organique et le renouvellement des composantes, la mise en place de commissions spéciales chargées de préparer les élections législatives, wilayales et communales et l’organisation d’un congrès de refondation.