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Nationale

Le FLN à l’assaut de son nouveau front politique

Le FLN à l’assaut de son nouveau front politique

C’est le nouveau chantier politique qui mobilise le secrétaire général du FLN. Au niveau du parti, on s’évertue à préparer dans les moindres détails cette initiative que Saâdani avait lancée juste à la fin du dixième congrès et également pour répondre rapidement à Ouyahia qui revenait dans les affaires à la tête du RND.

C’est d’ailleurs ce dernier qui proposa, d’une manière inattendue, la création d’une alliance présidentielle nouvelle version. Une initiative qui fut apparemment mal perçue par la direction politique du FLN, qui ne tarda pas à proposer elle-même sa propre initiative, la création d’un large front politique de soutien au programme du président Bouteflika.

Selon nos sources, il semblerait que le FLN a été pris au dépourvu, ne s’attendant guère à la sortie d’Ouyahia. Autrement dit, au niveau du FLN, on n’a pas encore mûri ni l’esprit et la philosophie de cette initiative de front « présidentiel », ni ses contours, ni ses propres détails organiques et organisationnels.

Depuis cette annonce, Saâdani n’a pas donné des compléments d’information, ni ordonné à ses assistants de développer cette idée. On reste dans le flou total et certains pensent, convaincus, qu’il s’agissait de simples discours ou d’une guerre de mots entre rivaux politiques.

Un front politique de soutien, pour quoi faire ? Comment cela s’organise ? Quel sera son modèle d’organisation et de fonctionnement ? Ce front aura-t-il des structures propres à lui ? Faut-il copier le modèle de l’ancienne alliance présidentielle qui regroupait trois partis politiques ? 

Ou transposer l’actuelle CNLTD, la coordination nationale des libertés, qui semble vouloir devenir la « bête noire » du pouvoir ? Autant de questions et d’interrogations chez les observateurs, qui n’arrivent pas à trouver des réponses claires et homogènes chez son propre initiateur, à savoir le FLN et ses dirigeants.

Au niveau du vieux parti, on nous dit que Saâdani va entamer incessamment des pourparlers avec des chefs de parti politique qui veulent adhérer à son front de soutien.

Des associations, des syndicats et des organisations de la société civile sont également sollicités dans ce cycle de consultations qui risque de meubler pratiquement tout le mois de ramadhan et la période estivale. Jusqu’à présent, seul le Taj d’Amar Ghoul a dit oui sans conditions à ce projet de Saâdani, alors qu’il semble bien que les deux autres partis qui soutiennent Bouteflika sont quelque peu « gênés ».

Le RND comme le MPA de Benyounès ne sont guère emballés par la création de ce front, d’autant que leurs arguments sont strictement politiques, puisqu’on note par un constat prouvé et flagrant que les quatre partis ne sont pas « solidaires » « même pas au niveau des assemblées locales et wilayales (APC et APW). Bien des élus de ces partis s’entredéchirent dans leurs conseils municipaux, allant jusqu’à faire des alliances avec des élus apparentés à des formations de l’opposition.

« Si la solidarité et l’alliance sont absentes au niveau intermédiaire, comment voulez-vous que cela réussisse avec un front élargi aux associations et autres syndicats ? » s’interroge un haut cadre du MPA.

L’autre crainte de ces deux partis demeure cette propension du FLN à « arracher les dividendes » de ce projet et surtout à le « rentabiliser » dans les prochaines joutes électorales, comme les législatives et les municipales, dont les échéances ne sont pas loin (mai et octobre 2017).

Quoi qu’il en soit, nos sources affirment que le SG du FLN mise beaucoup sur son initiative, expliquant que ce chantier est devenu une nécessité politique et une urgence, en raison de l’émiettement des forces partisanes de Bouteflika depuis sa réélection en mai 2014, et surtout la montée lente et sûre de l’opposition et ses succès dans sa stratégie de « démolition » de l’image du pouvoir et de ses centres de décisions.

Des victoires médiatiques qui ont permis à cette opposition de créer une sorte de « conviction » que Bouteflika serait « en vacance de pouvoir », comme le suggère à chaque fois Benflis ou le patron du RCD. Pour le FLN, ces consultations auront un cachet préliminaire.

Des conseillers à Saâdani pensent qu’il est encore trop tôt pour entrer dans cette nouvelle bataille, même s’ils n’excluent pas que ces pourparlers pourraient être « saucissonnés » en plusieurs phases, afin de mûrir le projet et lui donner une dimension idéologique, politique, économique, sociale et intellectuelle. Reste à savoir si Saâdani jouera la transparence dans sa quête de nouveaux soutiens à Bouteflika.

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