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Nationale

Le financement islamique examiné par les théologiens

Le financement islamique examiné par les théologiens

Les pouvoirs publics ont enfin pris conscience qu’il était nécessaire de développer des produits financiers adaptés aux principes religieux de la société à travers la finance islamique.

Une finance courante dans les pays musulmans, mais aussi dans les pays industrialisés tels le Japon, les Etats-Unis ou encore la Grande-Bretagne, qui a permis à ces pays pragmatiques de capter les capitaux des hommes d’affaires des pays du Golfe.

Récemment introduite dans la gamme des prestations de certaines banques publiques en Algérie en vertu de la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit, la finance islamique a été le thème d’une journée d’étude à Dar El Imam (Alger) où les théologiens ont cité la doctrine malikite sur la finance et les droits des affaires en Islam, qui devrait être une référence pour développer les produits bancaires islamiques, tout en ouvrant la voie à la notion de ijtihād (l’effort de réflexion des oulémas). 

Le président-directeur général d’Al Salam Bank Algérie, Nacer Haïdar, a expliqué que cette finance, basée sur les principes de la charia, connaît une croissance importante à l’échelle mondiale et les avoirs des banques islamiques actuels dépassent 2 000 milliards de dollars.

Pour le responsable de El salam Bank Algérie, la finance islamique a réalisé un succès car elle est mieux adaptable aux conjonctures économiques par rapport à la finance conventionnelle.
De plus, elle est la moins impactée par les crises économiques du fait qu’elle est liée à l’économie réelle, loin des pratiques spéculatives.

Il a tenu à rappeler que la finance islamique, qui adhère aux principes de la charia, interdit le taux d’usure (Riba) et prône le principe de partage des pertes et des profits de la part des contractants.

Parmi les produits proposés par les banques islamiques, ce financier a cité l’emprunt sans intérêt (Mourabaha). « Son principe : lorsqu’un client veut acheter un bien, la banque se l’approprie à sa place en lui permettant de l’acquérir en remboursant la banque, avec toutefois une marge bénéficiaire convenue entre les deux parties au préalable.

A l’échéance du contrat, la banque transfère la propriété du bien à son client. Un des autres produits phare est l’« Ijara », une sorte de crédit-bail : comme dans la Mourabaha, la banque acquiert le bien.

Mais cette fois elle ne le revend pas au client. Elle le lui donne en location, avec possibilité de rachat au terme du contrat. Autre produit, la « Moucharaka » : les deux partenaires investissent ensemble dans un projet. Les profits comme les pertes sont partagés en fonction du capital investi par chacun. Egalement les « Sukuk », assez proches des obligations proposées par la finance conventionnelle.

Evoquant l’historique des banques islamiques en Algérie, il a rappelé que le pays s’est ouvert à la finance islamique en 1990 avec la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit qui a permis l’installation de deux banques de droit algérien, Al Salam Bank et Bank El Baraka : « Depuis, il y a une tendance vers la généralisation de cette finance, notamment après la crise financière actuelle qui pèse sur l’Algérie ».

La récente loi sur la monnaie et le crédit a-t-il rappelé, a permis l’introduction officielle de la finance islamique dans les banques publiques. C’est un moyen de drainer de nouvelles ressources financières.

Ainsi, l’introduction de la finance islamique dans la gamme des prestations de certaines banques publiques permettra de capter la masse monétaire dans le circuit informel, ainsi que l’épargne des ménages, ouvrant à l’Etat une nouvelle porte de ressources financières en ces temps de vaches maigres.

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