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Nationale

Le FFS va-t-il changer de stratégie pour son consensus ?

Le FFS va-t-il changer de stratégie pour son consensus ?

Le FFS ne renoncera pas facilement à son projet de consensus national. C’est encore Mohamed Nebbou, son premier secrétaire, parti qui le réaffirme à l’occasion de la commémoration du 59e anniversaire du Congrès de la Soummam. »

Le projet du consensus national se poursuit toujours et nous le défendrons jusqu’au bout » a-t-il affirmé, estimant au passage que les partis politiques, les personnalités politiques et les autres acteurs nationaux sont appelés à participer à l’élaboration d’une « plateforme politique unie à même de faire face à toute éventuelle crise ».

En marge d’une cérémonie de recueillement à Ifri Ouzellaguen, le dirigeant du vieux parti a souligné dans une déclaration à l’APS le caractère indispensable de ce consensus, car le pays, selon lui est entouré de dangers, notamment aux frontières, en raison des crises qui secouent certains pays voisins.

Pour Nebbou, il faudra procéder à une « évaluation nationale globale, dans tous les domaines avant de participer à l’élaboration d’un programme collectif et consensuel ».
Comment explique-t-on cet entêtement de la part du FFS, alors que les formations politiques dites de la mouvance présidentielle ont rejeté avec cynisme le projet du consensus national et surtout l’idée de « feuille blanche » ?

Pourquoi le FFS maintient-t-il encore sa thèse de conférence nationale la plus large possible et la plus représentative, alors que les trois-quarts de l’opposition algérienne sont plutôt favorables à d’autres démarches et d’autres solutions politiques ? En fait, pour de nombreux analystes, le FFS a réussi, à travers ses consultations préliminaires avec le « gotha » politique national, à jeter toute la lumière sur les hypocrisies des uns, les mépris et les légèretés des autres.
Les calculs politiques étaient tellement serrés autour cette conférence que certains parmi les partisans du pouvoir avaient émis des préalables et des conditions.

Le seuil fut franchi quand le FLN de Saâdani a « tourné casaque » et renié ses premiers engagements, allant jusqu’à monter la barre politique très très haut. Ce jour-là, tout le monde avait cru que le glas avait sonné pour le projet du FFS, puisque les autres alliés politiques comme le RND, le MPA ou le TAJ ont suivi le même sillage, les mêmes sentiers. C’était un premier camouflet pour le vieux parti de l’opposition qui ne s’attendait guère à un tel « reniement », d’autant que Saâdani avait par le passé applaudi chaudement au chantier du consensus, appelant même les autres partis à venir en masse adhérer au processus.

L’affaire était dans le sac pour Nebbou, qui poussa l’excès et la confiance jusqu’à donner publiquement une date pour la tenue de cette conférence que tout le monde comparaît à celle qui a eu lieu fin janvier de l’année 1994, quand le Haut comité d’Etat (HCE) institué lors de la démission du feu Chadli, a achevé son mandat de deux ans.

L’autre camouflet, marqué par un feu nourri de critiques, provient de l’opposition elle-même. Aussi bien de la part de la coordination nationale des libertés et pour la transition démocratique (CNLTD) que de celle des formations regroupées au sein du pôle dit des forces du changement que mène Ali Benflis.

Ces deux « entités » de l’opposition, parmi les plus représentatives des sensibilités nationales actuelles, ont réagi avec virulence au projet du FFS, estimant que cette recherche du consensus contredit et s’oppose aux options qu’elles proposent, notamment la création d’un organe indépendant chargé de l’organisation et la supervision des élections, et la tenue des élections présidentielles anticipées. Benflis va plus loin dans ses assertions, quand il pense que le pays vit carrément une « vacance du pouvoir » et que cela nécessite d’autres solutions plus urgentes.

Des mois après l’échec politique de son projet, les observateurs notent que le FFS s’entête encore à brandir sa leule option qui le maintien en vie et qui le fait se démarquer.

On note toutefois que lors d’une récente rencontre des cadres responsables de ce parti, Nebbou veut changer le style, tant en gardant le plan initial. On parle au niveau du FFS d’une rencontre nationale dite de « diagnostic », sorte de première feuille de route avant toute élaboration d’un programme consensuel. Il est question ainsi de décliner le projet vers des consultations directes afin de déterminer les grandes priorités et de cerner les périls.

C’est à partir de là que le FFS pourra relancer enfin l’inéluctabilité de sa conférence nationale dite du consensus. Reste à savoir si le vieux parti est capable de convaincre la mouvance présidentielle de la justesse de ses vues et s’il est encore mieux armé pour faire attelage politique avec les autres pôles de l’opposition.

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