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Nationale

Le FCE présente son schéma

Le FCE présente son schéma

La diversification de l’économie algérienne n’est pas aussi compliquée qu’on le pense. Pour le docteur Rafik Bouklia-Hassane, il suffit juste de se concentrer sur certains secteurs porteurs tels que la pétrochimie ou l’agriculture pour accroître la production nationale, dégager des excédents et augmenter ainsi les exportations hors hydrocarbures de manière significative.

L’économiste algérien, qui a pris part à la journée d’étude sur l’entreprise algérienne organisée hier par le Forum des chefs d’entreprises, a souligné la faisabilité d’une croissance accélérée de l’économie algérienne hors des hydrocarbures, qui lui permet de dépasser sa forte dépendance aux hydrocarbures et de contourner ainsi le choc pétrolier.

Il a cité l’exemple de l’Arabie Saoudite, deuxième producteur de pétrole au monde, qui a fait de l’industrie pétrochimique son deuxième secteur économique, ce qui lui a permis de se positionner en 11e fournisseur de produits pétrochimiques du monde, ce qui lui génère plus de 7 milliards de dollars d’exportations par cette branche.

Il a également cité l’Iran, l’un des plus grands pays exportateurs de l’OPEP, qui arrive à écouler 1,1 milliard de dollars de phosphate par an, soit l’équivalent ou plus de toutes les exportations algériennes hors hydrocarbures.

« La diversification économique est un défi et pour réussir le pari de ce défi, il faut réussir d’abord au niveau local avant de penser à la conquête des marchés extérieurs », a-t-il expliqué. Il a fait constater cependant que la majorité des entreprises algériennes ne pense pas à l’externalisation de leurs produits, mis à part quelques entreprises manufacturières.

« Chez la plupart des entreprises algériennes, l’excédent de leur argent est réinvesti pour la création d’une autre filière au lieu de l’investir dans le développement de la même filière en vue de d’exporter l’excédent », a-t-il noté.

Loin de blâmer les entraineurs, qui ne sont pas les seuls responsables de la situation, le docteur Bouklia-Hassane a cité le cadre institutionnel inadéquat en matière d’export, notamment le manque d’infrastructures et le capital humain qui manque beaucoup de professionnalisme en termes d’exportation.

Cette réalité défavorable aux exportations hors hydrocarbures a été corroborée par une représentante du ministère de l’Agriculture, qui a affirmé que l’état des lieux sur notre accord d’association avec l’UE révèle qu’il y a des contingents qui ont été offerts à notre pays mais « c’est l’Algérie qui ne dispose pas d’offres exportables et ne peut donc assurer les commandes ».

Cet expert économique qui a présenté une étude intitulée « L’économie algérienne face à la diversification : quelles perspectives », a expliqué que la diversification accélérée de l’économie se heurte, du fait de conditions initiales défavorables. En prévenant que le report des réformes économiques accentue cette situation de « verrouillage » de l’économie algérienne.

Il a estimé tout de même que porter la croissance hors hydrocarbures à 8 % n’est pas une chose irréalisable. « Nous avons même la possibilité de porter nos exportations hors hydrocarbures de 1 milliards de dollars à 3 milliards de dollars rien qu’en nous focalisant sur un seul produit ou deux », a-t-il encore assuré.

Abondant dans le même sens, le président du FCE a affirmé qu’il appartient à chaque pays de se concentrer dans la filière qu’il maîtrise. Il a cité le numérique, l’agriculture et l’énergie, des secteurs susceptibles de drainer beaucoup d’investisseurs. 

Il a cité dans ce cadre sa dernière rencontre avec le ministre de l’Energie, Salah Khebri, en affirmant que le ministre a manifesté son engagement à impliquer le privé dans l’investissement, même dans les grands projets tels le raffinage et l’exploitation. Pour le secteur automobile, le vice-président du FCE, Mohamed Bairi, a déclaré qu’il existe une trentaine de sous-traitants potentiels qui désirent investir dans la pièce automobile et les accessoires. 

« Ces derniers devraient se réunir avec les constructeurs automobiles vers la mi-décembre. » Selon le vice-président du FCE, si les négociations aboutissent, le taux d’intégration de la production nationale dans le secteur automobile pourrait atteindre 20 %. 

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