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Nationale

Le faux pas fatale du patron de la police

Le faux pas fatale du patron de la police

Le général-major Abdelghani Hamel a-t-il parlé trop vite et a-t-il pris position dans une enquête qui n’était pas de son ressort, chahutant ainsi le déroulement de l’instruction en cours et suscitant des suspicions quant aux dessous de l’affaire « Affaire Kamel el bouchi ». Sa réaction au sujet de cette affaire a été perçu comme une volonté de se dresser contre la justice et les enquêteurs en charge du dossier. Sa posture devant la presse lui a été fatal. Le chef de l’Etat n’a pas apprécié son attitude jugée attentatoire aux institutions en charge de l’enquête.

Si le premier communiqué de la DGSN qui nie l’implication de son chauffeur personnel dans cette histoire de cocaïne saisie est resté neutre, ses propos devant la presse ont quelque peu surpris tout le monde. La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a indiqué, dans son premier communiqué rendu public concernant les informations relayées au sujet de l’implication présumée de l’un de ses chauffeurs dans l’affaire des 701 kg de cocaïne, que le suspect est un chauffeur « des services du parc automobile de la Direction et « non pas le chauffeur personnel du Directeur général de la Sûreté nationale ». La Direction de l’administration générale de la DGSN a estimé que les informations relayées sont « une pure affabulation et une information mensongère que nous démentons formellement », ajoutant que « ces rumeurs sont l’œuvre d’individus qui ont des objectifs précis pour semer la zizanie au lieu de laisser la justice faire son travail conformément à la loi ». La même source a soutenu que « l’acte du mis en cause est un acte individuel et isolé qui n’engage nullement son administration et la Sûreté nationale ». En moins de 24  heures, Hamel a changé de ton et a proféré des  menaces à peine voilées en direction de certaines parties qu’il n’a pas identifiées. Il dira en susbstance que la DGSN ne se laissera pas intimider et ne se pliera pas à la peur et restera solide. voire vidéo

Que s’est-il donc passé entre-temps pour que l’ex-patron de la DGSN passe à l’offensive et promette de livrer à la justice des informations sur ce dossier ? Sa réaction a suscité de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne la partie qui enquête sur l’affaire de « Kamel el bouchi » . Hamel a affirmé que des « dépassements » dans l’instruction préliminaire ont été enregistrés mais que les juges « ont pu contrer grâce à leur vigilance », donnant à penser que l’enquête se déroule en violation du cadre légal. L’autre motif du courroux du chef de l’Etat contre l‘ex-patron de la police est cette phrase provocatrice : « Nous disons que celui qui veut lutter contre la corruption doit être propre. » Il a ajouté que son institution « n’est pas concernée par cette enquête ; nous allons transmettre tous les dossiers en notre possession concernant cette affaire à la justice ». C’est ainsi que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décidé de le remercier, jugeant son attitude attentatoire aux institutions en charge de l’enquête et aux personnes qui la conduisent.

Louh met les choses au clair
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, qui a gardé le silence sur cette affaire car il était en déplacement en Azerbaïdjan, a tenu à remettre les choses à leur place et dans leur contexte. En effet, il a indiqué que l’enquête diligentée dans l’affaire de saisie de plus de 700 kg de cocaïne au port d’Oran avait révélé « l’implication de plusieurs personnes dans des faits liés à la corruption ». Il a ajouté que la saisie de certains appareils électroniques, téléphones portables et caméras de surveillance, dans le cadre de l’enquête diligentée dans l’affaire de saisie, fin mai dernier, d’une quantité de cocaïne au port d’Oran, a révélé « l’implication de certaines personnes » dans des affaires de corruption et de pots-de-vin versés en contrepartie de facilitations. L’enquête préliminaire s’est soldée, a-t-il poursuivi par la traduction en justice des suspects pour corruption et pots-de-vin versés en contrepartie de facilitations au profit du principal accusé dans l’affaire de cocaïne, mais dans le cadre d’une autre mission et d’une autre activité (promotion immobilière) », a-t-il dit. Dans le même contexte, le ministre a rappelé que le parquet « avait instruit, il y a quelques mois, l’ouverture d’une enquête dans l’affaire de blanchiment d’argent » impliquant également K.CH, le principal accusé dans l’affaire de cocaïne.

L’enquête préliminaire avait révélé l’implication de 6 suspects résidant à Alger et d’une société d’importation de viandes détenue par K.CH, propriétaire de la marchandise où la cocaïne a été retrouvée », a ajouté le ministre de la Justice. Concernant la principale affaire relative à la saisie de la cocaïne, Louh a affirmé que l’enquête préliminaire « avait révélé l’implication de 6 suspects résidant à Alger et d’une société d’importation de viandes détenue par K.CH propriétaire de la marchandise où la cocaïne a été retrouvée, et dont le siège est à Alger ». Le ministre de la Justice, qui est monté au créneau, a ainsi indirectement démenti les propos de Hamel qui faisait état de « dépassements ».

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