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Nationale

Le don d’organes, un sujet peu médiatisé en Algérie

Le don d’organes, un sujet peu médiatisé en Algérie

L’association Don d’Organe, Biloba, alerte la population sur la nécessité de propager la culture du don d’organes au sein de la société algérienne via les médias et les réseaux sociaux pour sauver des vies humaines, notamment les malades souffrant d’insuffisance rénale.

Selon les statistiques avancées par l’association, le nombre de greffes rénales a atteint 255 en 2015 contre 166 transplantations en 2014.

« Malgré cette évolution, le nombre demeure très faible par rapport aux 20 300 malades qui sont actuellement sur la liste d’attente », a estimé hier le docteur Hafida Chaïmi, membre de l’association Biloba.

S’exprimant à l’occasion du Forum El Moudjahid, cette néphrologue au CHU Mustapha Bacha a précisé que ces transplantations sont réalisées à partir de donneurs vivants qui sont généralement des parents proches de ces malades transplantés. Concernant le taux de réussite de ces greffes, elle a assuré qu’il est de 98 %, ce qui signifie que le rejet de greffe est de 2 %.

En termes d’infrastructures, elle a affirmé l’existence de 14 structures autorisées en Algérie pour effectuer les greffes rénales. Pour la greffe de la moelle osseuse, il y a eu 294 opérations alors que pour la greffe de la cornée, il y a eu 621 personnes greffées à partir de cornées importées. Concernant la greffe du foie, l’Algérie en est à ses débuts : il y a eu deux transplantations l’année dernière.

Pour sa part, le vice-président de l’association, Abderrezak Zeboudji, a souligné le grand retard de l’Algérie dans ce domaine par rapport aux autres pays musulmans, en faisant constater qu’il y a absence de dialogue autour de ce sujet.

« Le refus de la famille pour le don d’organes vient souvent du fait que le sujet n’avait pas été évoqué au préalable avec la personne, ce qui empêche le corps médical de prélever des organes sur des personnes cliniquement décédées », a-t-il regretté. Il a aussi souligné que le consentement du donneur doit être formulé clairement de son vivant pour le prélèvement éventuel de ses organes après sa mort.

Pour ce faire, le donneur doit s’inscrire sur la liste des donneurs. Se référant à un sondage d’opinion réalisé par l’association, son vice-président a affirmé qu’il y a tout de même un changement positif des mentalités car les Algériens concernés par le sondage, même s’ils ne sont pas prêts eux-mêmes à faire don de leur organe, ne sont pas contre.

En clair, les gens acceptent dans l’absolu le prélèvement d’organes sur les morts, mais restent réticents lorsqu’il s’agit de donner eux-mêmes ou leur proches.

Le sondage d’opinion effectué par l’Association dans différentes villes du pays révèle que près de 83 % se disent favorables au don d’organes ; cependant, seulement 53 % s’inscriraient sur une liste des donneurs bien que 73 % des intéressés estiment que la religion et la législation autorisent le don d’organe.

Il a rappelé à ce titre que le Conseil national islamique s’est prononcé sur la greffe d’organes par une fatwa qui a autorisé la transplantation d’organes en 1985, et le législateur algérien a donné son approbation par la loi 95-05.

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