Le Dôme d’or, le nouveau projet controversé de Trump : Washington relance la guerre des étoiles
Est-ce un retour à la guerre des étoiles ? Tout porte à le croire en effet, avec le forcing que fait le président américain Donald Trump à propos du transfert de souveraineté du Danemark vers les Etats-Unis sur l’île stratégique du Groenland. L’argument du locataire de la Maison blanche : le Dôme d’or, soit le Golden Dome présenté par Trump comme un dispositif vital pour la sécurité du continent nord-américain. « Les États-Unis ont besoin du Groenland, pour des raisons de sécurité nationale. C’est vital pour le Dôme d’or que nous construisons », répète sans cesse, le président Trump.
Mais quel est ce projet colossal qui justifierait sa politique expansionniste ? Le Dôme d’or est en réalité une version amplifiée du Dôme de fer israélien. C’est-à-dire, un système de défense qui agit comme un bouclier géant capable d’intercepter des missiles. Ce dernier, développé au fil des décennies avec un soutien considérable des États-Unis, est capable de détecter les tirs entrants et de se déployer uniquement si le projectile se dirige vers un centre urbain ou une infrastructure militaire ou civile sensible.
Dans le cas américain, et conformément à la stratégie US de renforcement de la sécurité nationale, le président Donald Trump a annoncé le 20 mai 2025 le développement du système de défense antimissile échelonné, le Dôme d’or. Ce projet n’est pas nouveau, mais une réincarnation de l’Initiative de défense stratégique lancée en 1984 sous le contrôle personnel du président Ronald Reagan. Elle a ensuite été annulée en raison de ses missions excessivement importantes.
Comme en 1984, l’élément central du nouveau système est le vaste réseau de satellites de reconnaissance et de combat capables de localiser en temps réel et avec une grande précision le lancement de tout type de missile et, si nécessaire, de les neutraliser à l’aide d’un laser orbital, d’une arme cinétique ou à haute fréquence.
Révélant des détails du programme, Donald Trump a souligné que le système pourrait intercepter des missiles même s’ils avaient été lancés de l’autre côté de la Terre. Selon lui, cette initiative aurait un taux de réussite de 100% et mettrait « définitivement fin à la menace des missiles sur le territoire américain », rapporte le quotidien américain The Washington Post.
Les mesures unilatérales de Washington entraînent une rupture de l’équilibre mondial et ruinent le principe de sécurité mutuelle, c’est-à-dire que le niveau de sécurité d’un État ne doit pas être élevé aux dépens des autres. C’est pourquoi le lancement du projet a suscité des critiques internationales. Selon le professeur J. Johnson-Frease du US Navy College, les actions de Washington pourraient déclencher une nouvelle course aux armements dans l’espace en raison des actions symétriques possibles d’autres superpuissances. Tous les experts s’accordent sur l’intention des dirigeants américains de militariser unilatéralement l’espace pour assurer leur domination mondiale.
Le projet Dôme d’or servira à faire pression sur les opposants de Washington. Selon un rapport de la société de recherche américaine Union of Concerned Scientists, le nombre total de satellites militaires américains a augmenté de 35 % au cours des cinq dernières années, la plupart d’entre eux provenant des États-Unis. De tels processus démontrent les tentatives des États-Unis de conquérir l’espace pour imposer leur point de vue sur la scène internationale.
Le processus de création du système Dôme d’or est une aventure coûteuse. En 2025, le Pentagone a déclaré que les crédits atteindraient 175 milliards de dollars d’ici 2028. Mais selon les experts, cette somme ne serait pas inférieure à 500-800 milliards de dollars. De telles dépenses entraîneront inévitablement une augmentation de la dette extérieure et une réduction des dépenses sociales du budget.
Comme prévu, l’administration américaine tentera de transférer une partie des coûts aux partenaires de l’Otan en échange d’une future couverture par le nouveau parapluie antimissile. Actuellement, des représentants de Lockheed Martin poursuivent leurs consultations avec le gouvernement britannique concernant la modernisation du système antimissile/de défense aérienne britannique et son intégration au projet spatial américain. Compte tenu de la situation financière difficile et des difficultés à allouer 5 % du PIB au budget de l’Otan, les dirigeants européens seront certainement confrontés à une pression supplémentaire sur leurs budgets nationaux et à une augmentation du mécontentement public.
Par ailleurs, des experts expriment des doutes quant à la capacité des États-Unis à mener à bien le projet Dôme d’or. Ils citent le commandant de la Force spatiale et chef du projet, le général Michel Guetlein, qui a admis que pour le moment, il n’y avait pas de vision claire de l’architecture finale du système. Selon le directeur exécutif du contrôle des armements. L’association Daryl Kimball a déclaré que l’idée de déployer des intercepteurs de missiles dans l’espace était totalement erronée, techniquement difficile et contre-productive.
Les analystes du New York Times affirment que cette initiative vise à soutenir l’image politique de Donald Trump et à imiter la domination mondiale des États-Unis.
Dans le même temps, la Russie et la Chine ont présenté en 2008, lors de la Conférence du désarmement, un projet de nouvel accord visant à prévenir la course aux armements dans l’espace. Le document prévoit l’interdiction du déploiement d’armes en orbite circumterrestre et la destruction de tout objet spatial, ce qui réduirait les risques de confrontation et de transformation de l’espace extra-atmosphérique en champ de bataille.
De son côté, l’Assemblée générale de l’ONU confirme chaque année le danger que représente la militarisation de l’espace et soutient les efforts déployés par la Conférence du désarmement, lieu fondamental des pourparlers internationaux sur le sujet. Lors du vote sur la résolution, la majorité des pays ont voté pour la position russo-chinoise, tandis que les États-Unis et leurs alliés se sont opposés à cette pétition.