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Le diabète chez les jeunes et les enfants : Une augmentation inquiétante  

Le diabète chez les jeunes et les enfants : Une augmentation inquiétante  
Boy using a glucose meter to check his blood glucose level. Boy using a glucose meter to check his blood glucose level. Boy using a glucose meter to check his blood glucose level.

Une augmentation affolante du nombre de diabétiques a été enregistrée durant ces dernières années. Plus de 3 millions de cas, en particulier chez les jeunes et les enfants. Ce chiffre connaîtra prochainement une hausse, selon les rapports de l’Organisation mondiale de la santé. C’est ce qu’a déclaré, sur les ondes de Radio Sétif, Rachid Malek, professeur et chef de service de médecine interne à l’hôpital de Sétif, mais aussi représentant de l’Algérie auprès de la Fédération internationale du diabète.

Aujourd’hui, le diabète est une pandémie mondiale qui touche plus de 425 millions de personnes, et ce chiffre augmente chaque année. En Algérie, la prévalence est estimée à 14,4 %. Invité de Radio Sétif, Rachid Malek, professeur et chef de service de médecine interne à l’hôpital de Sétif, mais aussi représentant de l’Algérie auprès de la Fédération internationale du diabète, a fait état de l’augmentation alarmante du nombre de diabétiques (3 millions de cas), en particulier chez les jeunes et les enfants. Ce chiffre, d’après les rapports de l’OMS, connaîtra une hausse dans les prochaines années. Il pourrait atteindre 4 millions de cas. Il a précisé que 90 % des malades sont atteints de diabète de type 2, et cela concerne uniquement les adultes. « Cette augmentation est due principalement au facteur de l’obésité, qui est devenu aujourd’hui un phénomène étrange, en particulier chez les jeunes ».

Abondant dans le même le sens, le professeur a expliqué que les personnes qui ont un taux de cholestérol élevé dans le sang, celles qui souffrent d’hypertension artérielle et les femmes enceintes qui donnent naissance à de gros bébés de 4 kg sont prédisposées à avoir cette pathologie. Evoquant le facteur héréditaire, le professeur Rachid Malek a fait savoir que l’étude a démontré que toutes les personnes qui ont un membre de la famille atteint du diabète seront touchées à 50 % par cette maladie dans les années à venir.

Afin de diminuer les risques d’être atteint du diabète, le spécialiste en médecine interne a invité toutes les personnes, sans aucune exception, à marcher au moins une demi-heure chaque jour et faire de l’exercice. A la veille de la célébration de la Journée mondiale du diabète, Rachid Malek a insisté sur la bonne prise en charge des personnes diabétiques.  

Les diabétiques ayant une immunité faible, le professeur leur a conseillé de se faire vacciner contre la grippe saisonnière afin d’être protégés. « Ces dernières années, nous redoublons d’efforts pour améliorer les conditions des personnes diabétiques, en prenant soin d’eux, en particulier les enfants, et en leur assurant des exercices réguliers », a-t-il souligné.  

 « Nous devons maintenant encourager la culture d’une alimentation saine qui permettra de maintenir notre santé et bannir ainsi la consommation des fast-foods, qui est à l’origine de l’obésité », a-t-il poursuivi.   

Des chiffres inquiétants

Les derniers chiffres de la Fédération internationale du diabète (FID) sur la progression du diabète dans le monde, mais aussi en Algérie, font froid dans le dos. La FID a déclaré que le diabète est une pathologie pandémique qui menace la santé mondiale. Tous les indicateurs sont au rouge. Dans sa dernière publication, l’Atlas de la FID a noté que la prévalence de cette maladie chronique dans le monde est passée à 9,3 %, soit 463 millions de diabétiques en 2019. Le taux est passé du simple au double par rapport à l’an 2000, qui était alors de l’ordre de 4,9 %, soit 151 millions de patients.

En 2045, le monde comptera 700 millions de diabétiques. Les données épidémiologiques de l’Algérie sont incluses dans le chapitre Mena (Middle East and North Africa), où la prévalence du diabète augmente de manière exponentielle. Ce constat alarmant a été constaté par des diabétologues et des internistes présents lors d’une rencontre consacrée à la présentation des résultats des enquêtes menées par les experts de la FID sur le diabète.

Lors d’une autre rencontre organisée à l’hôtel El-Djazaïr par le groupe pharmaceutique Novo Nordisk, portant sur l’évolution de cette maladie insidieuse en Algérie et son impact sur les organes dits nobles (cœur, reins et vaisseaux), les animateurs ont lancé un nouvel appel de détresse sur ce fléau qui menace la société algérienne. 

A cet effet, ils ont rappelé les résultats de l’enquête du ministère de la Santé, menée selon l’approche de l’OMS, dite “STEPwise”. La prévalence de l’hyperglycémie en Algérie à jeun égale ou supérieure à 1,26 g/l est estimée à 14,4 %, soit au total plus de 4,5 millions de diabétiques. Si l’on tient compte de la marge de progression annoncée par la FID, qui est de 96 %, ce taux risque de passer du simple au double en 2045.

Il y aura près de 9 millions de diabétiques d’ici à 20 ans. L’Algérie a enregistré, de 2003 à 2017, une augmentation de 80 %, alors que la prévalence était de 8,9 % de la population ciblée.

Le président de la Société algérienne de diabétologie, le Pr Mourad Samerouni, chef de service de médecine interne de CHU de Béni Messous, avait tiré la sonnette d’alarme, révélant que les études épidémiologiques dans plusieurs régions du pays ont fait état d’une « augmentation alarmante du diabète de type 1 chez les enfants », ajoutant que « l’incidence de ce type de pathologie est en train d’augmenter de manière assez alarmante en Algérie »

Selon les statistiques communiquées en 2019, l’Algérie est classée en 5e position dans le monde en matière de diabète chez l’enfant. En effet, 15 000 enfants sont touchés par cette maladie.   

L’importance du diagnostic précoce soulignée

A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du diabète, le 14 novembre de chaque année, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière organise une campagne de sensibilisation à l’importance du diagnostic précoce de la maladie, sous le thème “L’éducation sanitaire protège notre avenir”, et sous le slogan “Vivre avec le diabète, une amélioration de la qualité de vie”, a indiqué jeudi un communiqué du ministère de la Santé.

L’accent sera mis, à cette occasion, sur l’importance de la prévention du diabète (stade 2), de l’éducation thérapeutique et de la gestion efficace de cette maladie par le patient lui-même, en vue d’éviter les complications, tout en expliquant comment vivre avec cette maladie.

La célébration de la Journée mondiale du diabète sera également une occasion pour mettre en avant l’expérience de l’Etat en matière de prise en charge des diabétiques en Algérie, sur la base d’un projet “Baromètre” lié aux innovations thérapeutiques, à l’amélioration de la qualité de vie du patient et à l’éducation thérapeutique. Dans ce cadre, le ministère de la Santé a renforcé la campagne de sensibilisation, à travers la mobilisation de cliniques mobiles au profit des citoyens, pour leur permettre de bénéficier de différents soins médicaux, comme les tests oculaires et cardiovasculaires ainsi que les analyses médicales, et ce à partir de demain jusqu’au 15 et 19 novembre au niveau de la place des Martyrs et des Sablettes.

Des chapiteaux seront également installés sur les places publiques pour sensibiliser les citoyens à la nécessité de procéder à un diagnostic précoce du diabète et de l’hypertension, tout en prodiguant des conseils sur l’importance d’un régime alimentaire sain, une activité physique et de l’éducation thérapeutique, a conclu la même source.

Pour rappel, le professeur Ammar Tebaibia, spécialiste en médecine interne, avait fait savoir, lors d’une journée d’étude organisée au siège du ministère de la Santé dans le cadre de la présentation du “Guide de prise en charge du pied diabétique”, que la prise en charge des diabétiques représentait 28 % des dépenses de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS), soit plus de 54 milliards de dinars. Il avait déclaré : « Pour la prise en charge des diabétiques, il est consacré 54 milliards de dinars, dont 29 pour l’insuline, 14 pour les bandelettes de glycémie et 8 milliards de dinars pour les traitements par voie orale ».

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