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Nationale

Le dépistage précoce en débat

Le  dépistage précoce en débat

L’hôpital Chahids-Mahmoud abrite depuis vendredi deux journées internationales sur la cancérologie, le cancer du sein et du col de l’utérus plus précisément. Quatre communications ont été présentées au cours de la matinée de cette première journée.

La première, intitulée « dépistage du cancer du sein », a été présentée par le Dr Belahreche, du service d’oncologie médicale du CPMC d’Alger.

La deuxième, « Cancer et écoulements mammelonaires : stratégies diagnostiques », a été présentée par le Dr Boubrit, chef de service d’Imagerie médicale au CHU Béni-Messous (Alger).

La troisième, intitulée « Deséscalade chirurgicale dans le cancer du sein » a été présentée par le Dr L. Benghanem, du service gynécologie de l’hôpital Chahids-Mahmoud. Et la quatrième, intitulée « Vers l’hypofractionnement en radiothérapie du cancer du sein » a été présentée par le Pr J Mazeron, chef de service radiothérapie à l’hôpital de la Pitié-Sâlpêtrière (France). Celle-ci a été présentée avec des termes très savants. Par conséquent, seul un cancérologue peut en saisir la portée.

En revanche, la communication assurée par le Pr Boubrit intitulée, rappelons-le, « Cancer et écoulements mammelonaires », peut être un tant soit peu comprise par un néophyte de la science médicale. En effet, l’auteur de cette communication a clairement laissé entendre qu’il est très recommandé d’assurer l’opération de dépistage, d’où l’importance des approfondissements des examens radiologiques.

Le Pr Boubrit a indiqué que souvent, de bons examens radiologiques renseignent le médecin traitant si oui ou non il y a cancer chez son patient. « L’IRM, a-t-il explicité, renseigne le médecin traitant à 90% sur l’état exact de son patient, plus exactement sur la pathologie recherchée. » Sur les 10 % restants et inconnus, le médecin doit avoir recours à d’autres moyens de recherche et de dépistage.

Le Pr Boubrit a déploré cependant que le dépistage connaisse encore un déficit en Algérie. C’est pourquoi cet éminent spécialiste de cancérologie a défendu bec et ongles le principe d’un bon dépistage.

Pour sa part Mohamed Bouderbali, wali de Tizi Ouzou a indiqué, à l’issue de son discours, que « les registres du cancer comptabilisent environ 45 000 nouveaux cas par an en Algérie et que le taux de mortalité en liaison directe avec le cancer est de 50 %. » « Et notre wilaya, poursuit le wali, n’est pas épargnée par ce phénomène.

La wilaya de Tizi Ouzou est frappée au contraire de plein fouet et se révèle parmi les régions les plus touchées, voire la plus touchée, avec plus de 1 000 nouveaux cas par an. » Mohamed Bouderbali, se basant sur les informations fournies par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a même signalé que le cancer connaîtra une hausse significative à l’horizon 2030, voire doublera, si aucune action n’est envisagée dès maintenant pour infléchir la courbe de la progression de cette maladie.

Le wali a également mis à profit sa présence parmi ces nombreux cancérologues pour les rassurer que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a fait de cette lutte contre le cancer une priorité nationale.

« Cette volonté politique, réaffirmée au plus haut niveau de l’Etat, se traduit aujourd’hui par la mise en œuvre du « plan national cancer » qui de déploie à travers le plan quinquennal 2015 – 2019 du gouvernement, a poursuivi Mohamed Bouderbali avant d’annoncer que c’est dans le cadre de cette politique justement qu’il y a eu la réalisation de 15 centre anti-cancer (CAC) à l’échelle nationale.

S’agissant du CAC de Draâ Ben-Khedda, d’une capacité de 140 lits, le wali a indiqué que sa mise en service interviendra avant la fin de l’année en cours. Est-il vrai que l’eau du barrage de Taksebt contient des éléments cancérigènes comme le soulignent certains cancérologues ?

Le directeur de la santé et de la population (DSP de la wilaya de Tizi Ouzou, le Dr Nacer Bouda, s’est montré méfiant vis-à-vis de cette thèse puisqu’aucune étude fiable n’a été menée dans ce sens. Le Dr Bouda, qui s’est confié au Jeune Indépendant, a plutôt suggéré l’existence de « comportements à risque » et « le facteur à risque ». Celui-ci se résume à l’état environnemental général comme l’existence dans les espaces à ciel ouvert de certains matériaux susceptibles de contenir des matières cancérigènes.

Le comportement à risque a trait à nos habitudes alimentaires. Le DSP a cependant manifesté son intérêt pour les analyses de tous les facteurs susceptibles de véhiculer l’élément cancérigène. Le Dr Nacer Bouda, pas alarmiste, a indiqué enfin que du point de vue strictement proportionnel, le cancer n’est pas plus répandu de nos jours chez les populations que durant les temps passés.

En définitive, le DSP de la wilaya de Tizi Ouzou est certainement la personne la mieux indiquée » pour rassurer un tant soit peu les femmes et les hommes – de plus en plus nombreux – qui voient partout le danger du cancer.

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