-- -- -- / -- -- --
Nationale

Le déconfinement à l’épreuve du terrain

Le déconfinement à l’épreuve du terrain

C’est un véritable défi auquel sont conviés les autorités et les citoyens dans cette nouvelle phase de la levée du confinement, un douloureux choix imposé par une pandémie dévastatrice autant sur le plan sanitaire qu’économique.

C’est aussi un test qui jaugera le civisme des algériens et les campagnes de sensibilisation menées jusqu’alors par les autorités parfois à coups d’amendes et de rappel à l’ordre. C’est justement à partir de cette épreuve qui interpelle tous les algériens que sera envisagé un retour définitif, mais prudent, à la vie normale dans tout le pays ou à une prolongation d’un choix difficile qui laissera de lourdes séquelles.

Or, aussi paradoxale que cela puisse paraître, le déconfinement progressif décidé par les pouvoirs publics a coïncidé avec une hausse significative du nombre de cas positifs de Covid-19. Pratiquement, selon des témoignages et les observations sur le terrain, l’ensemble des hôpitaux de la capitale, de Blida et certains de la wilaya de Tipasa et de Boumerdes, affichent complets et ne peuvent dégager facilement des lits d’hospitalisation. 

Ainsi, on a observé que des cas suspects ont été contraints de vivre leur confinement à leur domicile, faute de lit disponible, avec une juste prescription médicale et une vigilance par rapport à ses proches.

A l’hôpital de Boufarik, c’est la saturation. Les trois services affichent complets, mais continuent de recevoir encore de patients atteints du coronavirus et de cas suspects, comme au tout début de la propagation.
Au CHU de Blida, dans le service réanimation, on est surpris par le nombre de cas admis en soins intensifs, alors qu’à la fin du mois de mai, le service était désert.

Plus de trois mois après le début de la lutte contre cette pandémie, on a l’impression qu’on patine, qu’on tourne en rond inutilement et qu’on demeure toujours au point zéro. Pourtant, la sonnette d’alarme est tirée depuis des semaines par les spécialistes, qui redoutent une nouvelle vague de contamination après les récentes reprises des activités commerciales et la lassitude ou l’insouciance des citoyens face aux risques et dangers de cette maladie.

Car, il faut bien le dire, en dépit des lois contraignantes et les mesures draconiennes, le relâchement de la population est visible. Avec l’assouplissement décidé samedi, les appréhensions deviennent encore réelles.

Des pays à travers le monde ont connu la même situation. Comme l’Iran ou la Chine, ou des foyers d’une seconde vague de contamination sont signalés, juste quelques jours après un début de déconfinement.

Il est vrai que l’État subit de fortes pressions sur le plan économique et social, non seulement de la part des millions de citoyens, mais aussi des milliers de commerçants. Récemment, ces derniers n’ont pas hésité à manifester leurs mécontentements et à réclamer la reprise de leurs activités, invoquant le risque de faillite ou de dépôt de bilan. Le gouvernement était presque dans l’obligation de lever certaines interdictions, d’alléger d’autres mesures ou d’assouplir certaines décisions, pour maintenir la paix sociale et éviter des troubles.

Il est évident que cette fois-ci, on est dans une situation délicate, celle d’un tournant décisif dans la lutte contre cette pandémie. Avec la deuxième phase de déconfinement, les citoyens sont interpellés en premier. Ils sont les seuls responsables de ce grand test, qui éviterait une seconde vie au Covid19.

Faut-il encore relancer les campagnes de sensibilisation ? Ou être plus rigoureux dans l’application de la loi et le constat des infractions ? Comment faire pour créer cette discipline et ce respect du port du masque, de la distanciation sociale et des mesures barrières ? Avec l’arrivée de la saison estivale, propice aux excès et aux insouciances, la crainte d’une résurgence de la pandémie est palpable. Certains spécialistes plaident pour d’autres actions plus fortes, comme l’isolement total des régions, des communes, voire des quartiers les plus touchées, et ne plus penser en terme de wilaya ou territoire.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email