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Nationale

Le cri de détresse des étudiants du Sud et du grand Sud

Le cri de détresse des étudiants du Sud et du grand Sud

Au chômage, qui enregistre un taux record dans les villes du sud et du grand sud de notre pays, diverses « explications » ont été données. Si les chômeurs, diplômés ou non, se plaignent d’une injustice dans le recrutement, nombre d’officiels évoquent un manque de qualification dans cette partie du pays.

Qu’en est-il au juste ? Nous nous sommes entretenus avec des étudiants affiliés à nombre d’organisations estudiantines à l’université Chahid Hammah-Lakhdar, dans la wilaya d’El Oued.

Les universités du Sud et du grand Sud assurent-elles l’ensemble des spécialités et des branches scientifiques dispensées dans les universités du reste du pays ? En réponse à cette question, le président du bureau de wilaya de l’Union générale des étudiants algériens (UGEA), Diab Mohamed Baddar, nous dit d’emblée que « seulement sept branches sont assurées à l’université Chahid Hammah-Lakhdar dans la wilaya d’El-Oued ».

« Notre université assure les formations universitaires dans les filières technologiques ainsi que celles des sciences humaines et scientifiques, mais elle ne propose pas certaines formations universitaires dispensées dans les universités du reste du pays.

Par exemple, la wilaya d’El-Oued ne dispose pas de faculté de médecine, de formation universitaire en psychologie, ou encore en architecture », explique-t-il.

Près de 18 700 étudiants sont inscrits à l’université dans la wilaya d’El-Oued, mais celle-ci « manque d’enseignants universitaires, en particulier dans certaines spécialités », ajoute-t-il. « Il y a quelques années seulement, la formation universitaire en psychologie y était dispensée, avant qu’elle ne soit transférée dans la wilaya de Biskra », précise notre interlocuteur.

Les grandes distances séparant les villes du Sud et du grand Sud du reste du pays n’avantagent pas les étudiants qui souhaitent choisir certaines filières scientifiques, techniques on littéraires. Ce manque ne favorise donc pas un éventuel recrutement par des compagnies nationales ou étrangères sur place.

Cependant, l’université d’El-Oued, qui bénéficie d’importants projets d’extension avec 8 000 nouvelles places pédagogiques, s’apprête à dispenser de nouveau un enseignement en psychologie durant l’année en cours et le sport en 2017, tient à souligner le président du bureau de wilaya de l’UGEA. Les étudiants du Sud et du grand Sud souffrent par ailleurs d’un manque de documentation.

En attendant la concrétisation des projets en cours, lesquels permettront sans doute aux étudiants de bénéficier d’une formation dans plusieurs branches universitaires non dispensées actuellement, ces universitaires doivent prendre leur mal en patience et supporter la surcharge des classes en travaux dirigés (TD) et en travaux pratiques (TP). 

« Actuellement, une classe conçue pour recevoir 28 étudiants peut en recevoir jusqu’à 38 », rappelle Diab Mohamed Baddar. Ce dernier insiste sur la nécessité de recruter de nouveaux enseignants universitaires pour renforcer les effectifs déjà existants. Les étudiants Mustapha El-Hachemi et Sif Eddine Brahim déplorent, pour leur part, « le manque d’enseignants en langues et en interprétariat.

« Dans notre université, concernant la formation dans les langues, nous ne bénéficions que d’un enseignement en langue anglaise et en langue française. » Par ailleurs, ces deux étudiants nous ont appris « l’annulation de la reconnaissance du diplôme de licence en raffinage ». Une information dont nous n’avons pas pu vérifier la véracité. 

Les étudiants Mohamed Fouzi et Badreddine Djaâfar, membres de l’Alliance du renouveau estudiantin (AREN) à l’université Chahid Hammah-Lakhdar, évoquent « le manque d’infrastructures et le manque de livres et de documentation » dans la bibliothèque de l’université.

Tous les étudiants rencontrés, quelles que soient les organisations estudiantines auxquelles ils sont affiliés, attendent avec impatience la réalisation des nouveaux projets dont devrait bénéficier cette université, dont l’extension et la création de 8 000 nouvelles places pédagogiques.

Ils demandent à ce que « l’ensemble des branches universitaires existant dans les autres universités du pays soient assurées dans les universités du sud et grand sud du pays, dont l’université Chahid Hammah-Lakhdar de la wilaya d’El-Oued.

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