Qassaman : Buzz en Algérie et fausse polémique en France – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Qassaman : Buzz en Algérie et fausse polémique en France

Qassaman : Buzz en Algérie et fausse polémique en France

La polémique est orientée sur une fausse piste ou basée sur des postulats erronés. Car, d’abord le couplet en question n’a jamais été supprimé et ensuite, l’Etat algérien n’a que formalisé la partition et son exécution sans viser ni la France ou une autre entité. Aussi bien ceux qui disent que le couplet a été supprimé pour faire plaisir à la France que ceux qui disent qu’il a été remis à sa place pour l’attaquer, font fausse route comme ils ouvrent la voie à une polémique qui n’a pas lieu d’être.

De quoi s’agit-il réellement ? Et pourquoi l’hymne national, symbole de souveraineté absolue, crée tout cette agitation chez l’ancien colonisateur ?

L’affaire a commencé quand un nouveau décret présidentiel promulgué en mai dernier est venu modifier celui du 11 mai 1986. Pour le législateur, il fallait lever l’ambiguïté et de rendre obligatoire l’exécution des cinq couplets dans les situations prévues par la loi. Ce décret n’a pas remis en place un couplet supprimé. Il rappelle l’hymne tel qu’il a été officiellement adopté tel qu’il a été rédigé en 1955 par son auteur Moufdi Zakaria dans la sinistre prison coloniale Serkadji (ex Barberousse) et incarné ensuite dans la constitution du pays.

Alors que le décret de 1986 disposait que « l’hymne national est exécuté, chant et musique, suivant le cérémonial y afférent, lors…», le décret 23-195 du 21 mai 2023, stipule que « l’hymne national est exécuté, chant et musique, dans ses cinq (5) couplets, selon le cérémonial approprié, lors…». Ainsi, l’exécution des cinq couplets est obligatoire lors des « commémorations officielles en présence du président de la République », alors que dans l’ancien décret, elle était prévue uniquement lors des congrès du parti (FLN) et l’investiture du président de la République.

Par contre, l’exécution de la partition réduite (un seul couplet en musique) est, elle, prévue lors de la communication solennelle du président de la République à la Nation, des cérémonies officielles en présence du président de la République, des visites officielles des chefs d’État étrangers et des cérémonials militaires organisés au sein du ministère de la Défense nationale.

Tout cela est normal, puisque les autorités algériennes ont voulu formaliser les choses, car le fameux couplet citant la France n’a jamais été supprimé par la loi, bien que depuis de longues années, ce couplet a été « omis », pour réduire la durée de l’hymne, jugée longue dans certaines circonstances. D’ailleurs, dans les années 80, on a voulu supprimer ce couplet de la version officielle au motif que c’est le seul hymne au monde qui cite nommément un autre pays. Le projet d’amendement a été rejeté à l’APN.

C’est ainsi que sur les réseaux il a été répandu l’idée que l’Etat a remis en place s’adressant à la France qui dit que « le temps des palabres est révolu » et que l’heure de « rendre des comptes » a sonné.

Cette erreur a fini par faire le buzz au moment où on évoquait un froid entre Alger et Paris à la suite de l’annulation ou du report de la visite du président Tebboune qui était prévue lors de la seconde moitié de juin et au milieu d’une polémique en France initiée par la droite sur l’accord de 1968.

Pris au piège de cette rumeur sur les réseaux sociaux, la cheffe de la diplomatie française, y voit une posture algérienne « un peu à contre temps », s’interrogeant sur « la décision d’étendre l’usage d’un hymne qui date d’une autre époque ».

En Algérie, aucune réaction officielle n’a eu lieu sur cette polémique en France. Se disant choqué, l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a réagi à ces déclarations, en les jugeant « aussi inopportunes qu’inacceptables ». Pour lui, la ministre Catherine Colonna « nous demande expressément d’aménager notre hymne national en fonction de l’état des relations bilatérales et notre histoire en fonction des desiderata de l’ancienne puissance coloniale. »

Pour cet ex ambassadeur à Madrid et ancien ministre de la Communication, les hymnes nationaux sont « depuis le 18 eme siècle un symbole chez les nations et la représentation de l’histoire des pays à un moment donné et à ce titre beaucoup d’hymnes nationaux font référence à l’ennemi d’hier. »

Cette énième polémique si elle alimente actuellement la rhétorique de la droite en France, elle démontre que des relations entre Etats peuvent être sujettes à des frictions dont l’origine est des rumeurs et des manipulations sur les réseaux sociaux, loin de tout implication ou réaction officielle.

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