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Nationale

Le conseil d’administration menace de sortir les griffes

Le conseil d’administration menace de sortir les griffes

Rien ne va plus dans le monde de la représentation du secteur agricole de la wilaya de Tizi Ouzou. La situation est si délétère qu’un dérapage n’est pas à écarter. « Nous dégageons toute responsabilité quant à ce qui pourrait désormais arriver de fâcheux. »

Ce sont là les propos avancés avant-hier par les membres du conseil d’administration de la chambre agricole de la wilaya de Tizi Ouzou (CAW) à l’issue d’une conférence de presse qu’ils ont animée au siège même de la CAW.

« Jusqu’à présent, précise Hamid Saïdani, président du conseil d’administration, nous avons fait de notre mieux pour faire garder aux agriculteurs de notre wilaya le calme mais dorénavant, ce ne sera plus le cas puisque les hauts responsables concernés par ce dossier semblent opter pour l’inertie et la fuite en avant ».

De quoi s’agit-il exactement ? En apparence, ce n’est rien d’autre que cette sempiternelle question de représentation du monde agricole.

L’actuel conseil d’administration de la CAW refuse d’exécuter la décision du secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, annotée dans la correspondance n°1935 du 21 décembre 2016 portant annulation de l’arrêté n°2120 du 19 décembre 2016 signé par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche. C’est déjà là une première : un subalterne qui annule la décision de son supérieur.

Cet arrêté ministériel n’est autre que l’entérinement, par le ministre en personne, du choix des participants à l’assemblée générale des agriculteurs, qui a eu lieu le 3 novembre 2016 au siège de la wilaya de Tizi Ouzou et ayant concerné l’actuel conseil d’administration de la CAW.

Hamid Saïdani, dont les propos sont réitérés par ses camarades du conseil, en l’occurrence Omar Moula et Mohamed Rahoui, a indiqué que c’est le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Allioui, qui est directement responsable de ce blocage.

« C’est Mohamed Allioui en personne qui nous l’a dit quand nous l’avons rencontré », indique Hamid Saïdani, avant d’ajouter : « Quant au ministre de l’Agriculture, que nous avons réussi à rencontrer après avoir forcé le barrage, et ce à la sixième tentative, il a reconnu n’être aucunement informé des obstacles dressés contre nous, c’est-à-dire les membres élus légitimement au conseil d’administration de Tizi Ouzou. »

Le ministre, poursuivent les conférences, nous a clairement dit que « le conseil d’administration de la CAW, élu à la lumière de l’assemblée générale du 3 novembre 2016 est légitime ». « Le wali nous a aussi rassuré sur le fait que nos fonctions sont légales « , ajoutent-ils. Il n’en demeure pas moins, cependant, que la promesse faite par le ministre quant au règlement de cette affaire n’a pas eu de suite.

« Cela fait plusieurs mois que nous attendons l’annulation par le ministre de la décision de son secrétaire général, décision contenue dans la correspondance n°1935 du 21 décembre 2016 », indiquent les conférenciers, lesquels n’ont pas caché leur désarroi mais surtout leur incompréhension concernant ce chevauchement décisionnel.

A la question de savoir ce qui, selon eux, a motivé le secrétaire général de l’UNPA à imposer son diktat, puisque c’est lui qui a instruit le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de la Pêche d’ordonner l’annulation de la décision de son supérieur, les conférenciers ont affirmé que « le motif invoqué par Mohamed Allioui était l’absence des associations aux couleurs de l’UNPA à l’AG tenue le 3 novembre 2016 ainsi que la marginalisation des éléments de l’UNPA ».

« Il se trouve, relèvent les conférenciers, qu’en dépit des invitations que nous avons lancées à ces associations de l’UNPA pour participer à cette AG du 3 novembre 2016, aucune d’elles ne s’est manifestée car, en vérité, celles-ci sont presque inexistantes dans notre wilaya ».

Comment envisager donc l’avenir dans ce cas ? « En ce qui nous concerne, souligne Hamid Saïdani, il est hors de question que l’actuel conseil d’administration, que j’ai l’honneur de présider, soit renouvelé avant la fin du mandat légal ».

Omar Moula, également membre du conseil d’administration et représentant de la filière oléicole, après avoir fait, lui aussi, la genèse de cette affaire, a déclaré qu’il serait de l’intérêt de tout un chacun que l’actuel conseil d’administration soit confirmé dans ses fonctions.

Mais pourquoi donc toutes ces embûches ? Y aurait-il anguille sous roche ? Il a fallu que la presse insiste au sujet de cette question pour que les conférenciers se décident de parler de ce qu’ils savent ou tout simplement de ce qu’ils soupçonnent. « Oui, il s’agit pour la mafia (UNPA, ndlr) de faire main basse sur d’énormes biens, entre autres des terres mais surtout un bien immobilier que notre chambre agricole a acquis en 2007 pour un prix de douze milliards de centimes », ont relevé les conférenciers.

« D’ailleurs, bien des personnes se réclamant de l’UNPA ont des démêlés avec la justice à l’heure qu’il est », déclare un membre de l’équipe de conférenciers.

Avant de clore la conférence de presse, Hamid Saïdani et ses camarades ont réitéré que leur intention en organisant ce rendez-vous avec la presse « est d’attirer l’attention du président de la République sur ce qui se trame dans notre wilaya, et faute d’une réponse urgente, nous déclinons alors toute responsabilité quant à ce qui pourrait arriver car nous rappelons que nos agriculteurs sont très en colère et ne peuvent supporter davantage la démission et la fuite en avant des responsables concernés par ce dossier ».

Pas moins de 700 nouveaux dossiers introduits par les agriculteurs auprès de la chambre agricole de la wilaya de Tizi Ouzou et auprès de certains organismes tels que l’ANGEM, l’ANSEJ et la CNAC sont en attente d’étude. Et cette attente est directement liée à cette affaire de blocage du conseil de l’administration de la chambre agricole de la wilaya de Tizi Ouzou.

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