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Nationale

Le Congrès de la Soummam une pied de nez à l’armée coloniale

Le Congrès de la Soummam une pied de nez à l’armée coloniale

Si les attaques du Nord Constantinois du 20 Août 1955 avaient consacré, moins d’une année après le début de la Révolution armée du 1er Novembre 1954, la rupture entre les populations algériennes et l’ordre colonial, le congrès de la Soummam avait posé les jalons d’une véritable organisation de la lutte armée.
Il est considéré par nombre d’historiens comme l’acte majeur structurant de la révolution.

Sa tenue avait pour but de structurer, d’organiser et surtout donner une assise nationale à l’acte révolutionnaire sur le plan interne mais aussi lui assurer une présence sur le plan international.

C’est en tout cas la tenue du congrès, entre le 13 et le 20 aout 1956 au village d’Ifri dans la commune d’Ouzellaguen dans la wilaya III historique qui consacrera la mise en place du Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) et le Comité de coordination et d’exécution (CCE), qui auront la charge de gérer la suite des évènements.

Minutieusement étudié, le choix du village lieu de la tenue du congrès, au fond de la région kabyle au milieu de ses chemins difficilement accessibles et des montagnes fortement boisées n’était pas fortuit. La région est encerclée par une chaîne de montagnes qui s’étend jusqu’à la forêt d’Akfadou au Sud de Béjaïa, ce qui pouvait permettre aux participants d’opérer rapidement des replis en cas de danger.

Ayant eu vent d’une présence de leaders de la révolution dans la région, l’armée française a déployé de nombreux régiments notamment sur l’axe reliant Béjaia à Tazmalt au Sud-Ouest.

Des opérations ont ainsi été menées par l’armée coloniale afin de tenter de faire échouer toute tentative de rassemblement au cas où elle ne pouvait décapiter les cerveaux de la Soummam.

Le congrès devait réunir les délégués issus de l’ensemble des régions, des wilayas historiques, tous étaient présents sauf ceux des Aurès, la wilaya I, et les représentants de l’extérieur, qui sera par la suite désignée par la wilaya VII.

Le transport des délégués et la protection du Congrès minutieusement mis en place relevaient d’une véritable prouesse, au vu du quadrillage très serré du territoire par l’armée française. Parmi les points mis en avant, d’ailleurs, par les congressistes au cours du congrès celui relatif à l’affaiblissement de la France particulièrement de l’armée française par tous les moyens dont pourraient disposer les Algériens.

Parmi les objectifs tracés, la détérioration à grande échelle de l’économie colonialiste par le sabotage, pour lui rendre impossible l’administration normale du pays, la perturbation au maximum de la situation en France sur le plan économique et social pour rendre impossible la continuation de la guerre et surtout l’isolement politique de la France en Algérie et dans le monde avaient ainsi été mis en avant.

La machine de propagande coloniale accusait le FLN d’être à la solde d’une puissance étrangère. Face au matraquage médiatique français, visant à réparer le préjudice causé par ses pratiques notamment celles de la torture et de l’exécution arbitraire, la plate-forme de la Soummam avait pris le soin de remettre les choses dans leur contexte véritable. « La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social.
Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington », avaient mentionné le texte issu de la rencontre.

Le sort de l’Algérie Française était scellé et les jalons fondateurs d’une Algérie libre démocratique et sociale avaient été posés. Le texte adopté soulignera en effet l’unité du peuple algérien qui sera défini beaucoup plus largement que par la seule composante arabe et musulmane, car la mouture y inclut les Européens et les juifs. 

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