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Nationale

Le confinement loin des siens: La double peine de la diaspora algérienne

Le confinement loin des siens: La double peine de la diaspora algérienne

La situation exceptionnelle imposée par la propagation du coronavirus est très difficile à vivre pour les confinés. Elle l’est encore plus pour la communauté algérienne à l’étranger qui vit cette situation angoissante loin des siens notamment pour les personnes ayant laissé derrière eux femmes et enfants. Loin des yeux mais surtout pas loin du cœur.

Ces algériens résidants dans plusieurs pays endurent doublement cette crise sanitaire surtout qu’il est impossible de rejoindre le pays, notamment pour certains qui devaient assister à des funérailles, ou à d’autres cérémonies familiales à l’approche du mois de ramadan.

Installés dans les quatre coins du monde, ils sont nombreux à exprimer leur angoisse compte tenu du fait qu’ils sont loin des siens en cette difficile période qui frappe l’humanité et qui a conduit à la suspension du transport aérien et maritime et forcé les gens à l’isolement et la distanciation. C’est le cas de Ryma qui habite le département de l’île de France, une région très touchée par le COVID-19. Si cette étudiante vit et respecte le confinement comme préconisé par les autorités françaises, c’est le fait d’être à des milliers de kilomètres de ses proches sans pouvoir venir qui l’angoisse le plus. « Le confinement je le vis un peu comme tout le monde. Je m’occupe avec des formations à distance et je profite aussi pour me reposer », explique Ryma qui ne cache pas ses appréhensions quant à l’absence de tout pronostic au sujet de la fin de cette pandémie. En plus de la hantise de contracter ce vilain virus, elle s’inquiète pour ses proches d’Algérie.

« On est loin de nos familles et on a peur qu’il leur arrive quelque chose », précise l’étudiante qui s’informe continuellement sur l’évolution de la pandémie en Algérie et qui prend régulièrement les nouvelles de sa famille. Les moyens de communication de manquent pas ! Malgré que l’accès aux soins est garanti, elle craint le pire d’autant que l’ « on ne sait pas trop sur le rapatriement des dépouilles ». Cependant, l’esprit de solidarité ne manque pas. On s’entraide et on propose assistance aux personnes dans le besoin. Un groupe au sein de Facebook des étudiants et cadres algériens a été créé pour la circonstance.

Des gens proposent de la nourriture et des aides financières sachant qu’ils sont nombreux à perdre leur travail avec le confinement. Ryma qui dit ne pas manquer de rien exprime par contre sa peine pour son amie Meriem qui a perdu son père, fauché par le COVID-19 et enterré en France, faute de possibilité de rapatrier la dépouille. Dans un pays voisin, en Espagne, un des pays européens les plus touché, Amara s’inquiète aussi pour sa famille. Une évidence ! Installé à Ibiza, ce professionnel du tourisme est confiné depuis le 14 mars, date où le gouvernement espagnol a décrété l’état d’urgence. « Je respecte le confinement et je ne sors qu’une fois par semaine pour faire mes courses », explique-t-il, soulignant le fait de respecter toutes les mesures préventives. Si ce jeune algérien établi en Espagne gère tant bien que mal le confinement, il exprime son inquiétude pour sa famille en Algérie mais aussi au Canada.

« Je parle chaque jour avec eux et je m’inquiète pour eux », a fait savoir Amara qui ne peut pas rejoindre le pays en ces temps. « Déjà c’est impossible en raison de la suspension de toutes les liaisons avec l’Algérie, mais je ne veux surtout pas m’exposer au risque d’attraper le virus », explique-t-il, car selon lui, avant d’arriver à destination le risque d’être infecté est grand. « Je me protège et je protège ma famille », souligne Amara qui préfère passer le confinement chez lui et recommande à tout le monde de se comporter de la sorte.

Dans le continent américain le souci reste le même. Noureddine qui habite San Antonio, une ville du centre-sud du Texas, depuis trois ans, a lui aussi fait part de ses préoccupations. « J’ai peur pour ma famille au Bled et je les appelle au quotidien », signale-t-il, exprimant dans la foulée sa crainte de voir le scénario de New York, terrassé par le virus corona, se reproduire dans sa ville. « A New York, ils sont nombreux les algériens qui veulent rentrer en Algérie », indique Noureddine qui est confiné chez lui. La ville compte le plus grand nombre de contaminés et de morts aux Etats-Unis.

Pour beaucoup d’algériens, l’impossibilité de regagner le pays d’origine qui pèse le plus notamment pour le mois de Ramadhan. L’impossibilité de rapatriement des dépouilles vers le pays constitue également une source de tristesse pour la diaspora algérienne d’autant que les rites funéraires musulmans sont bouleversés par le coronavirus. A cela s’ajoute la saturation des carrés de musulmans dans les cimetières notamment en France. C’est dans ce sens qu’une fatwa autorisant l’inhumation des défunts hors de ces carrés a été émise par les offices religieux.

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