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Le confinement est notre assurance-vie

Le confinement est notre assurance-vie

Le psychiatre de renommée, Mahmoud Boudarène, ne cesse de prodiguer dans de multiples apparitions sur les médias des conseils sur la gestion au quotidien du confinement qui constitue, souligne-t-il, une assurance-vie pour le citoyen, tout en mettant en garde contre les conséquences de la quarantaine sur la santé mentale.

Auteur de plusieurs contributions et livres dont l’un intitulé « le stress, entre bien-être et souffrance », ce docteur et ex-député livre dans cet entretien au Jeune Indépendant sa perception de l’impact résultant du confinement, une mesure inédite, qui laissera vraisemblablement des séquelles chez de nombreuses personnes tant elle bouleverse les mœurs et les habitudes accumulées par l’homme.

Le Jeune Indépendant : L’humanité vit une situation inédite. Le COVID-19 a imposé un mode de vie nouveau. On ne sort qu’en cas de nécessité absolue. Les gens sont donc appelés à rester chez eux, confinés pour se protéger et casser la chaine de transmission de ce virus mortel. Le quotidien devient donc insupportable pour beaucoup. Comment se convaincre de rester chez soi surtout que le confinement est considéré comme une « prison » des temps modernes

Mahmoud Boudarene : Je ne sais pas si ce confinement est considéré, comme vous dites, comme une prison des temps modernes, ce qui est sûr c’est qu’il s’agit d’une contrainte et que, comme telle, elle pèse sur les personnes parce qu’elle n’est pas un choix, elle est imposée. Nous ne pouvons pas supporter ce qui nous est infligé, cela me parait dans l’ordre des choses, normal. Toutefois, nous ne supportons pas une contrainte quand nous sommes seul(s) à la subir et qu’elle exprime une forme d’injustice, une espèce d’iniquité ou une punition qui ne frappe que notre propre personne. Ici ce n’est pas le cas. Ce confinement concerne l’humanité tout entière et chacun de nous doit pouvoir puiser dans cet argument la raison à cette « réclusion ».

L’humanité est confrontée à un virus mal connu dont la contagiosité est rapide, et qui tue. Le confinement est la seule façon d’interrompre sa transmission et d’assurer ainsi sa propre protection, c’est la seule garantie pour la survie. Y a-t-il meilleure raison pour rester enfermé chez soi ? Si chacun de nous comprend ainsi la nécessité de ce confinement et prend conscience de l’importance de ce dernier pour sa propre sécurité, celle des siens et de toute la communauté, alors se cloitrer chez soi pèsera moins sur la vie psychique et il y aura moins de souffrance morale.

Cette situation est inédite et les hommes de sciences travaillent rapidement à trouver une solution alternative au confinement. Si au début l’horizon était sombre pour la planète et la frayeur s’était emparée de l’humanité, nous n’en sommes plus là aujourd’hui, la panique est tombée et le monde reprend petit à petit son souffle. Le virus a livré ses secrets, il est mieux connu et la perspective de le vaincre autrement qu’en

restant chez soi devient plus tangible. En attendant, nous devons rester confinés ; nous devons faire preuve de patience et nous dire que ce confinement est un mal pour un bien, qu’il est notre assurance-vie et la garantie de la préservation de la santé – de la vie – de nos familles et de la communauté tout entière. C’est le seul état d’esprit qui doit prévaloir et c’est la raison qui doit l’emporter sur toute autre considération. —Personne n’est mieux que personne, l’humanité tout entière est logée à la même enseigne et elle subit malgré elle cette espèce de contrainte par corps—-. Cependant, si physiquement chacun de nous est astreint à domicile, rien ne nous empêche de « nous évader » mentalement de cette situation et de faire appel à notre ingéniosité pour trouver les moyens qui vont nous aider à agir plutôt qu’à subir cette contrainte.

Le confinement (total ou partiel) instauré depuis maintenant un mois, commence à peser sur les personnes. Comment gérer le stress, la lassitude et l’anxiété ?

Il est naturel que ce confinement pèse sur chacun et qu’il génère de la souffrance, cela ne peut pas être autrement. Nous ne le vivons pas tous de la même façon parce que nous sommes différents les uns des autres et nous n’avons pas la même étanchéité psychique aux événements.

Cette étanchéité dépend étroitement de ce que nous sommes, de notre personnalité et de l’histoire propre à chaque individu. Le sujets naturellement inquiets, toujours pessimistes ou encore les anxieux assombrissent toujours les événements et peignent en noir les situations nouvelles qui se présentent à eux. Parce qu’ils sont particulièrement perméables aux événements, ils les vivent dans la crainte et les perçoivent comme une menace potentielle. Il sera naturellement plus difficile à ces personnes d’amortir le choc – l’impact – que l’événement – ici la pandémie au coronavirus – et ses conséquences ne manqueront pas d’avoir sur leur vie psychique. Les réactions de stress seront d’autant plus importantes parce que la perméabilité dont ils font preuve les rend vulnérables.

Non seulement ils sont incapables de filtrer les retombées de l’événement mais ils sont aussi à la merci de leurs émotions qu’ils ne peuvent pas contrôler et qui s’expriment quelques fois de façon brutale. Leur inquiétude prend de l’ampleur et peut les amener à des comportements de panique avec agitation désordonnée ou des attitudes de sidération et de stupeur. De ce point de vue, le confinement peut constituer s’il est mal géré un facteur déclencheur de crises d’angoisses répétées. Mais il n’y a pas que la vulnérabilité psychologique individuelle qui intervient dans la facilitation des réactions de stress – c’est ainsi que nous devons les nommer -, il y a aussi les spécificités propres à chaque famille et les craintes objectives que ce confinement fait émerger chez chacune d’elle.

Je pense aux personnes qui vivent à plusieurs dans un appartement étroit, en particulier quand il y a des enfants et des adolescents et que ceux-ci ont besoin d’espace pour se dépenser, ce qu’ils faisaient à l’extérieur avant le confinement. Une situation de promiscuité dans un logement génère toujours des conflits de territoire et met les individus dans des conditions de souffrance extrême. L’espace public qui servait de soupape pour réduire ces conflits est interdit, forçant ainsi les conjoints entre eux mais aussi avec les enfants à un face à face permanent. Des troubles de l’humeur

avec une instabilité émotionnelle et une irritabilité peuvent apparaitre chez les uns et les autres et émailler les relations à l’intérieur des familles. Des mouvements d’humeur voire des altercations surviennent alors entre les parents ou avec les enfants et donnent lieu à des comportements agressifs, voire violents. Cela est déjà rapporté ici en Algérie et ailleurs dans le monde, et n’arrange pas les « affaires » du confinement ; une situation qui est d’autant plus fréquente que cette contrainte jette les familles dans les bras de la précarité financière et alimentaire. En effet, on ne peut pas rester confiné chez soi si de notre travail journalier dépend le destin de notre famille.

Le chef de famille ne peut pas ne pas être contrarié, irrité, en colère s’il sait que rester cloitré à la maison plonge les siens dans la famine. Si à la frayeur de l’épidémie s’ajoute la crainte de la faim, la souffrance psychique est d’autant plus grande, avec ce qu’elle peut charrier comme effets néfastes sur l’humeur et sur les relations dans le couple et dans la famille. Cela est bien sûr amplifié chez les sujets les plus inquiets. Par ailleurs, et cela concerne notamment les familles les plus vulnérables, le confinement ne peut pas ne pas engendrer de crainte et mettre à bout de nerfs les sujets si l’approvisionnement en denrées alimentaires n’est pas assuré de façon à mettre à l’abri du besoin les petites bourses.

J’en viens à votre question, comment gérer le stress du confinement. Si pour les sujets présentant une vulnérabilité psychologique particulière le soutien à apporter est personnalisé et relève d’équipes formées à ce type d’intervention, plus généralement pour gérer le stress de l’ensemble de la communauté confinée, il faut accompagner cette contrainte d’une communication transparente. Le confinement est une décision sanitaire mais c’est aussi un dispositif socio-économique et financier à mettre en place, et les populations doivent en être informées. Il faut donner aux sujets toutes les renseignements utiles, en particulier ceux relatifs aux modalités prévues par les pouvoirs publics pour faire appliquer le confinement. A ce titre, les personnes désignées pour assurer la communication doivent être rompues à cet exercice et faire preuve de beaucoup de pédagogie, seule garantie pour faire passer les messages qui doivent contribuer à l’apaisement des sujets et à l’amortissement du stress généré par la situation. C’est ainsi que les personnes prendront conscience que leur coopération est indispensable et que l’Etat est solidaire et à leur côté dans cette épreuve. Force est de constater que ce n’est pas le cas. —-Et si par certains endroits le confinement n’est pas respecté, c’est sans doute parce que les personnes ne sont pas rassurées et qu’elles ont le sentiment que les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur de la situation—-. Ils ne font pas confiance, un état d’esprit qui ruine le sentiment de sécurité et accentue le stress. De ce point de vue, il faut souligner que l’Etat a failli. Non seulement il a mal géré la communication mais il n’a pas été en mesure d’assurer le contrôle de l’approvisionnement en denrées alimentaires de base. Il n’a rien prévu pour venir en aide aux familles les plus vulnérables – elles sont très nombreuses. Pour autant le travail journalier constitue plus d’un tiers de l’activité économique nationale, une activité qui n’a pas été budgétisée et qui n’a pas fait l’objet d’une communication appropriée de l’Etat. La gestion du stress dû au confinement est quelques fois en relation avec la décision politique, c’est là un cas de figure, une évidence.

Est-ce que vous recevez des cas actuellement qui se plaignent des effets liés au confinement ?

A vrai dire, personnellement je n’en vois pas beaucoup mais cela ne veut pas dire que les personnes ne souffrent pas. Certaines souffrent en silence, d’autres souffrent dans leur corps, présentent des symptômes somatiques et vont consulter chez le médecin généraliste. Quelques fois les sujets ont des paniques en relation avec la crainte d’être contaminées par le Covid-19 et vont encombrer les services d’urgence de médecine. Il m’arrive toutefois de recevoir des patients qui sont déjà en traitement pour troubles anxieux et qui rechutent, ou encore dont les troubles s’aggravent en raison de la pandémie ou du confinement dont elle est responsable, mais ces cas ne sont pas nombreux au regard des pathologies que nous avons l’habitude de recevoir en consultation de psychiatrie. Par contre, nous aurons sans doute à l’avenir des patients qui souffriront des conséquences du traumatisme psychique engendré par le Covid-19, parce que ces personnes ou un des leurs ont été directement confrontés à l’épidémie et au risque que celle-ci a pu faire peser sur la vie. Les troubles psychiques observés dans ces cas sont graves et relativement difficile à soigner. Ils sont décrits dans les suites des grandes catastrophes, les guerres, les séismes, les tsunamis mais aussi à l’occasion des accidents de la voie publique, des agressions et des viols… Tous ces événements ont en commun l’expérience effroyable de la confrontation du sujet avec la mort. Parce que cette pandémie mondiale – un événement hors du commun, il faut le souligner- a justement une relation de proximité avec la mort, elle jette l’effroi et laisse une cicatrice indélébile dans l’organisation psychique du sujet. Cette cicatrice agira plus tard comme une épine irritative qui empoisonnera à jamais l’existence de l’individu. —Des désordres psychiques plus ou moins graves apparaîtront à distance de l’événement, quelques semaines voire quelques mois après et contrarieront le destin du sujet—–. Angoisse avec attaque de panique, irritabilité, troubles de l’humeur avec perte du plaisir et anesthésie affective, agressivité, insomnie, cauchemars terrifiants et répétés, souvenirs (reviviscences et flashs) désagréables, inadaptation sociale et professionnelle, comportements addictifs (toxicomanies), etc., sont les troubles habituellement observés. Ils seront isolés ou plus ou moins associés pour constituer des tableaux cliniques variés, qui s’inscrivent toujours dans la rubrique de l’état de stress post-traumatique. Cette pathologie est souvent responsable d’un lourd handicap avec une désinsertion sociale. Je dois souligner que c’est moins le confinement que l’événement qui en est à l’origine qui est responsable de la survenue de cette pathologie. Si l’état de stress post-traumatique est l’affection habituellement observée à la suite du traumatisme psychique, d’autres désordres mentaux – à l’instar de l’état dépressif – peuvent survenir, ils sont moins graves.

Quelles sont les tranches d’âge qui peuvent être affectées par ce confinement ? Et est-ce que celui-ci peut aggraver l’état de santé des gens qui sont déjà atteints d’un trouble mental ?

Le confinement peut en effet aggraver certains troubles mentaux mais pas tous. Les psychiatres que nous sommes ont l’habitude de recevoir des personnes qui présentent de graves troubles psychiques, notamment ceux qui sont en rupture avec la réalité sensible.

Ceux-ci, parce qu’ils sont justement imperméable à ce qui se passe autour d’eux, ne prennent pas nécessairement conscience de ce qui agite l’humanité ou tout simplement leur famille proche. Ils sont indifférents à ce qui les entoure, de ce fait la frayeur que cette pandémie engendre dans leur environnement ne les concerne pas. Elle n’effleure pas leur vie psychique même si certains parmi ces sujets peuvent intégrer cet événement dans leur fonctionnement mental et alimenter ainsi leur pathologie – et délirer sur cet événement.

En réalité, la pandémie au coronavirus et le confinement aggravent les pathologies anxieuses, je le soulignais, parce que du fait de la perméabilité psychique des sujets, la frayeur engendrée entre en résonance avec leur vie psychique et en amplifie l’angoisse qui s’en est emparée. Mais nous parlons des désordres observés chez les adultes alors que les enfants et les adolescents constituent deux tranches de la population particulièrement vulnérables. Il y a sans doute des différences dans les capacités d’adaptation et la résilience de l’enfant et de l’adolescent mais les uns et les autres subissent de plein fouet la panique qui s’est emparée des adultes, au moins parce que leur étanchéité psychique est soudainement mise à l’épreuve.

Ils sont poreux aux émotions exprimées par les adultes et les absorbent comme des éponges. Les frayeurs de leurs parents créent en eux un sentiment d’insécurité, elles nourrissent les représentations que chacun se fait du virus qui met en émoi la planète tout entière et renforcent le fantasme du monstre qui est en passe de dévorer l’humanité. Une atmosphère de fin du monde qui est suggérée par les médias et les réseaux sociaux, et qui rend le traumatisme psychique dans cette population d’autant plus probable. Le climat de confinement complique sans doute les choses parce qu’il entrave aussi les moyens que l’enfant et l’adolescent mettent en place pour s’adapter à cette ambiance d’angoisse généralisée. Au-delà de la nécessité de dépenser l’énergie dont ils recèlent, par le jeu, ceux-ci mettent en place lors de leurs activités ludiques les mécanismes indispensables pour réguler les relations entre individus, mais pas seulement car le jeu a un effet cathartique sur leurs émotions et les activités ludiques constituent des moments privilégiés pour renforcer leurs capacités d’adaptation et de résilience. Le confinement leur demande de les différer, ils peuvent en souffrir et en faire souffrir les familles.

C’est dans ce cas de figure que l’on observe des crises d’agitation difficiles à contrôler, des comportements d’agrippement, l’enfant refusant de se détacher de l’un des parents, parfois des comportements de régressions avec pipi au lit, enfin des états d’inhibition stuporeuse. Des symptômes qui expriment une angoisse indicible que l’enfant et/ou l’adolescent ne savent pas toujours exprimer. C’est pourquoi, les familles – les parents – doivent faire preuve d’ingéniosité pour inventer de nouvelles relations entre eux d’une part et avec les enfants d’autre part. Organiser les journées et les rythmer par des activités ludiques constitue une bonne façon de créer de la complicité entre les frères et sœurs, entre les conjoints et entre les parents et leurs rejetons, et c’est également l’occasion de renouveler la promesse de la solidarité et l’indéfectibilité du lien affectif et familial. —Le confinement est sans doute l’occasion pour les individus de se recentrer sur eux-mêmes, sur leur existence propre et de s’interroger sur ce qui fait « l’essentialité » de la vie—-.

Cette mesure préventive prendra sans doute fin, une fois le coronavirus vaincu. Est-ce que vous vous attendez à des dépressions post-confinement et comment comptez-vous gérer cette situation. Est-ce qu’un travail se fait dans ce sens ?

Le confinement prendra fin naturellement avec la fin de l’épidémie et si l’état de stress post-traumatique est le tableau clinique habituellement observé dans les suites d’un tel événement, il n’est pas dit que nous n’aurons pas à rencontrer d’autres pathologies mentales une fois la contrainte levée. Des états dépressifs ne sont pas à exclure, ils se poursuivront si leur éclosion est survenue durant le confinement mais ils pourront apparaitre dans les suites immédiates ou même à distance de celui-ci. Humeur triste, découragement, pessimisme, fatigue psychique, insomnie et anxiété sont les symptômes plus ou moins associés qui font l‘essentiel du tableau clinique de l’état dépressif et qui peuvent pourrir plus ou moins longtemps la vie des sujets les plus vulnérables. Cette pathologie est généralement moins grave que l’état de stress post-traumatique.

D’autres affections peuvent survenir, je pense notamment au burnout, une maladie particulière qui touche les sujets engagées dans des situations d’aides et de soins aux personnes. Ces sujets qui sont hautement sollicités sur le plan émotionnel peuvent « courber l’échine » après avoir donné le meilleur d’eux-mêmes pour venir en aide aux personnes qui souffrent durant les grandes catastrophes. Parce qu’épuisées, ces sujets qui s’oublient dans le feu de l’action cèdent souvent dès que l’urgence n’est plus. Ils ont en quelques sortes épuisées toutes leurs ressources, ils ont brulé leur énergie.

En anglais cet état d’épuisement psychique et émotionnel est appelé burnout. Il peut concerner les médecins et tout le personnel paramédical engagés dans la lutte contre le Covid-19, mais aussi les agents de la protection civile ou encore par certains aspects les agents des forces de sécurité. Le burnout, comme l’état de stress post-traumatique, est une affection difficile à traiter, elle hypothèque souvent l’avenir du sujet qui en est affecté.

Cela dit, d’autres pathologies peuvent apparaitre, elles peuvent s’exprimer par des symptômes somatiques, dermatologiques comme les pelades ou les eczémas, d’endocrinologie comme le diabète, l’hyper ou l’hypothyroïdie, quelques fois des affections plus graves surviennent à l’instar des tumeurs mais le lien avec l’événement et le traumatisme psychique n’est pas toujours établi. Pour autant, cela a déjà été décrit. Quoiqu’il en soit, il y a du pain sur la planche si je peux formuler les choses ainsi. Les professionnels de la santé sont déjà sur le terrain pour soigner les malades atteints du coronavirus, certains y ont laissé la vie, d’autres en sont terrorisés à l’idée d’en être les prochaines victimes.

Toutes ces personnes ont besoin de soutien, de soins et d’accompagnement psychologique ici et maintenant, je pense en l’occurrence qu’ils ne l’ont pas et qu’ils sont livrés présentement à eux-mêmes, mais beaucoup auront besoin d’une prise ne charge une fois cette épidémie éteinte. Il va falloir se préparer à cela, les pouvoirs publics – le ministère de la santé – doivent être en première ligne. Les médecins et psychologues auront une tâche ardue et si le traitement des troubles anxieux et dépressifs offre quelques satisfactions, il n’en est pas de même de l’état de stress post-traumatique et du burnout, affections connues pour être redoutables et difficiles à soigner.

Cependant, les professionnels connaissent bien les effets – « les méfaits » – de ce type d’événement et s’ils étaient, par le passé, mal préparés, aujourd’hui nombreux sont ceux qui se sont formés à l’intervention spécialisée pour le soutien aux victimes au moment des catastrophes et à la prise en charge, plus tard, du traumatisme psychique et de ses conséquences sur la santé des individus.

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