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Nationale

Le condamné dénonce le harcèlement de son frère

Le condamné dénonce  le harcèlement de son frère

Voici quelques extraits des déclarations fracassantes faites par le nommé B. A., âgé de 46 ans, chômeur de son état et repris de justice demeurant à Kouba, poursuivi pour tentative d’homicide volontaire avec préméditation commis sur la personne de son frère B. M. 

« Je ne voulais pas qu’il se retrouve dans cet état. Je lui demande pardon pour les blessures graves que je lui ai occasionnées. Je voulais seulement qu’il me laisse tranquille. A chaque fois que je rentre à la maison, il me cherche la petite bête. Il m’interdit l’accès aussi bien au salon qu’à la cuisine sous prétexte que son épouse est présente sur les lieux ».

Et d’ajouter : « Les responsables de la prison où j’ai purgé une peine de 12 ans de prison ferme, les prisonniers, le juge d’instruction qui m’a placé sous détention provisoire à la prison d’El-Harrach sont plus cléments que mon frère, monsieur le président ».

Et de conclure : « Je lui ai assené 16 coups de couteau dans différentes parties de son corps. Je me suis acharné contre lui car il avait l’intention de m’expulser du domicile familial. Il a accaparé des biens mobiliers et immobiliers et ne me donnait que des miettes de l’héritage qu’a laissé mon défunt père ! ». 

Le président du tribunal criminel d’Alger, Mansour Ouchene, a tout fait pour réconcilier les deux frères mais ces derniers ont refusé. Chacun d’eux a campé sur ses positions, notamment la victime, laquelle a refusé de pardonner. Elle a même demandé aux membres du tribunal criminel de condamner son frère sévèrement, clamant haut et fort : « L’inculpé qui est en face de vous, monsieur le président, ne mérite ni clémence ni indulgence. C’est un dangereux individu qui a été poursuivi dans plusieurs affaires d’agression à main armée.

Il a toujours eu de mauvaises fréquentations. C’est un ivrogne qui a toujours ramené des étrangers à la maison. J’ai l’impression qu’il pratique avec eux des actes contre-nature ». Le rappelant à l’ordre, le président de l’audience lui a demandé de raconter ce qui s’est passé le jour des faits.

Furieux, il a déclaré à l’attention des membres du tribunal : « Comme il allait faire rentrer un ami à lui chez nous, je le lui ai interdit. Son ami a compris que je ne voulais pas de sa présence à la maison, d’autant plus que mon épouse y était.

Quelques minutes plus tard, il est rentré à la cuisine, s’est armé d’un couteau de boucher, s’est dirigé vers moi et a commencé à frapper. Je l’ai supplié d’arrêter mais en vain. Il m’a assené pas moins de 16 coups de couteau au niveau du thorax et dans le dos. »

Le plaignant s’est tu un instant avant de continuer son récit : « Soudain, il s’est arrêté et m’a sommé de quitter la maison. Terrifié, je ne pouvais pas marcher. Mes voisins sont venus me secourir. Je ne lui pardonnerai jamais ce qu’il m’a fait ! Vous devez prononcer, monsieur le président, une lourde peine contre lui.

C’est un criminel qui a aspergé sa défunte mère d’acide !  ».
Le jeune procureur général Fouad Guères a d’emblée affirmé que les faits reprochés au mis en cause sont graves et que ce dernier ne mérite nullement de bénéficier des circonstances atténuantes, requérant ainsi 20 ans de réclusion criminelle contre l’accusé, lequel est resté hébété.

L’avocat de la défense, commis d’office, a axé sa plaidoirie sur le fait que son client vivait l’enfer au domicile familial peu après sa libération de la prison d’El-Berrouaghia. « Il n’avait droit à rien ! La victime lui interdisait l’accès au salon comme à la cuisine.

C’est un héritier comme ses frères et sœurs. La victime a accaparé l’héritage et ne lui donnait que ce qui restait de l’argent. Il a toujours été méprisé par ses proches. C’est pourquoi il a agi de la sorte ! ».

L’avocat de la défense a enfin sollicité l’application des articles 53 du code pénal et 592 du code de procédures pénales relatifs aux circonstances atténuantes

Après les délibérations, le mis en cause a été reconnu coupable de tentative de meurtre et a écopé de 7 ans de prison ferme.
Son frère s’est désisté en ce qui concerne la demande de la réparation matérielle suite aux préjudices moraux et matériels qui lui ont été occasionnés. 
Ce dernier est par ailleurs inculpé dans une autre affaire liée aux mœurs, qui a été ajournée un jour auparavant. 

Les faits de cette regrettable affaire familiale remontent à l’année dernière lorsque la salle de trafic de la sûreté d’Alger a été informé, par l’hôpital de Kouba, qu’une personne de sexe masculin, âgée de 38 ans, a été transférée vers les urgences et souffrait de graves blessures dans différentes parties de son corps.
Aussitôt alertés, des enquêteurs de la police judiciaire s’étaient immédiatement rendus sur les lieux pour interroger la victime qui a subi une intervention chirurgicale.

Entre-temps, le mis en cause s’était présenté au commissariat de police de Kouba pour se constituer prisonnier de son propre gré en déclarant aux enquêteurs : « Je me constitue prisonnier car j’ai assené des coups de couteau à mon frère qui me harcelait chaque jour que Dieu fait ! »

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