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Op-Ed

Le coeur toujours à gauche

Le transfert illégal d’argent vers l’étranger, corollaire de l’évasion fiscale, défraie la chronique depuis quelques jours. Aveu de ministre, dénonciation de politiques dont le MDS, qui qualifie la pratique de crime d’Etat, considérant que les autorités ont eu un rôle actif ou passif dans cet autre préjudice contre l’économie nationale.

C’est à la formation héritière du PAGS de feu El Hachemi Chérif que revient la responsabilité de ces accusations, mais on est tout de même en droit de s’interroger sur les facilités techniques au niveau bancaire, douanier ou fiscal dont ont pu abuser les affairistes véreux qui ont participé à la saignée des capitaux au détriment de l’Algérie.

Parce que la surfacturation n’a visiblement dupé que ceux qui ne voulaient pas s’en rendre compte, s’il nous faut décrypter les propos du ministre du Commerce, Bakhti Belaïb, que le communiqué du bureau national du MDS salue pour « son courage ». 

En lisant ce texte adressé aux rédactions par Yacine Téguia, un militant démocrate qui a su démontrer la grandeur de son patriotisme pendant les années terribles de la décennie noire, on pense inévitablement aux déclarations du parti de Louisa Hanoune.

Pas seulement à cause de la doctrine idéologique commune qui caractérise l’énoncé, mais surtout en raison de la perspicacité qui transcende la simple condamnation. Rappelons que le Parti des travailleurs avait relevé qu’en matière de surfacturation, l’un des griefs qui ciblaient le groupe CEVITAL lors de la récente polémique, et que le phénomène est répandu, voire généralisé depuis des années.

Voilà pourquoi, en ces temps de libéralisme effréné, que l’Etat peine à modérer par ses mécanismes de contrôle en aval, il paraît bien heureux que le paysage politique national, dans sa pluralité, garde une empreinte gauchisante capable de tempérer les ardeurs de la nouvelle bourgeoisie insatiable et arrogante sur le plan politique. Une vigilance qui manque désormais au FLN dont le courant socialiste a été dévoré par l’argent pas toujours propre, qui circule en particulier pendant les élections, où les places sur les listes se vendent et s’achètent. 

Si bien que les observateurs avertis assistent sans surprise aux échanges d’inimitiés entre l’actuel ténor de l’ex-parti unique et les tribuns de la bonne école marxisante qui ont pu accepter, s’embourgeoisant eux aussi, que tout puisse devenir marchandise au nom de l’économie de marché, sauf les Algériens et leur souveraineté !

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