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Nationale

Le civisme seul credo au règlement de la crise

Le civisme seul credo au règlement de la crise

Si les réactions presque unanimes condamnant les derniers événements survenus dans certaines régions du pays dont Bejaia et Bouira ont été saluées par la classe politique et le gouvernement, il va sans dire que cet élan collectif synonyme de « civisme » devrait être suivi par une réelle volonté des gouvernants à adapter leur horloge aux besoins de l’heure des citoyens, aussi bien économiques que socioculturels ou encore ceux relatifs au droit à une justice équitable, garante d’une adhésion insoupçonnée de toutes les franges sociales au développement de toute la nation.

En effet, aux multiples appels lancés et entretenus via les réseaux sociaux durant la quinzaine de jours précédant le débrayage des commerçants des localités touchées, les condamnations n’ont pas non plus tardé à envahir les mêmes réseaux aussitôt constatés les dérapages ayant gâché ce qui devait être une manière pacifique de riposter contre les augmentations inhérente aux nouvelles taxes énoncées par les textes de la loi de finances 2017.

Des dérapages qui de plus n’ont aucun socle revendicatif, reprochent les observateurs de la scène nationale.

Les expériences « ratées » des pays voisins ou encore celles ayant plongé les pays du Machrek notamment l’Irak, la Syrie et le Yémen dans un chaos quasi total avec leurs amas de douleurs et de crimes rarement perpétrés contre des peuples entiers ont été, faut-il encore le préciser, pour beaucoup dans la prise de conscience des Algériens.

Même, si nombreux parmi les trentenaires majoritairement « consommateurs » des produits NTIC, n’ont pas réellement vécu la tragédie algérienne des années 1990.

Le Premier ministre a d’ailleurs tenu à saluer le degré de conscience de cette frange et même « remercié les jeunes pour leur condamnation unanime des actes de vandalisme et qui par leur prise de position ont « donné une forte leçon » de civisme, a dit en substance Sellal.

Des condamnations saluées aussi par la classe politique dont les principaux acteurs se sont élevés contre les « méthodes » utilisées par les manifestants. S’ils ont été nombreux, en effet, à appeler à la vigilance et au combat pacifique, certains dont le chef de file du HMS, Abderezzak Makri, ou encore le président de Jil Djadid, Sofiane Djilali, n’ont pas manqué de mettre dans le même sac aussi bien le pouvoir que les manifestants, revendiquant plus de liberté.
Un élan qui s’est aussi manifesté dans la quasi-totalité des mosquées du pays

Le prêche du vendredi a eu justement pour thème « la sécurité ». Des appels à la vigilance et à « la protection des biens publics et privés » ont été lancés par les imams prêcheurs. Les menaces qui guettent le pays et dont les origines restent « floues » pour certains imams et plutôt bien « connues » pour d’autres visent toutes un seul objectif, la déstabilisation du pays.

Pour sa part le chef du gouvernement n’a pas manqué de noter la force du peuple algérien qui a su se dresser contre « ce complot », allant dans le sens des déclarations deux jours plus tôt de son ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales.

Nouredine Bedoui avait évoqué, au deuxième jour de la protestation, l’existence « de plusieurs parties à l’intérieur et l’extérieur du pays qui voudraient frapper la stabilité du pays et semer le doute parmi les Algériens… »

Tout en a condamnant ces appels anonymes de certaines parties chargées d’une mission dans le but de semer le désordre, le chef du gouvernement a toutefois qualifié ces incidents de « leçon positive » à même d’inciter son gouvernement à travailler davantage.

Le Premier ministre a salué la position adoptée par les jeunes et les familles algériennes, ainsi que les réactions des organisations et des partis politiques toutes obédiences confondues, qui ont manifesté une « maturité politique face à ces incidents »

Pour Sellal, ces émeutes ne constituent aucun danger pour la stabilité du pays, d’autant plus que celles-ci restent des actes isolés. Il a, dans le même sillage, affirmé que « nous ne sommes pas des moutons et que le pays se porte bien » tout en affirmant que l’Algérie ne connaîtra pas de « printemps arabe » et s’apprête à fêter le nouvel an amazigh, Yennayer.

Le chef de l’Exécutif qui s’exprimait, jeudi, pour la première fois sur les incidents n’a, par ailleurs, pas manqué de rebondir sur certaines préoccupations des citoyens. Sellal a rassuré « qu’il n’ y aura aucun recul concernant le volet social », et qu’il n’y a aucun autre choix devant son gouvernement sauf celui de « poursuivre l’amélioration de la situation », affirmant que le gouvernement poursuivra sa politique sociale et il en a voulu pour preuve le lancement de 120 000 logements AADL en 2017.

Se voulant rassurant, le Premier ministre a aussi affirmé que le pays « vit une situation économique délicate, mais maîtrisée », rappelant à ce propos, « les engagements du président de la République et du gouvernement à satisfaire tous les besoins des citoyens ».

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