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Monde

Le CICR, l’Unicef et MSF dénoncent une catastrophe humanitaire

Le CICR, l’Unicef et MSF dénoncent une catastrophe humanitaire

Les Nations unies ont déclaré hier que 549 personnes avaient été tuées au Yémen et plus de 1.700 autres blessées en deux semaines de combats, jusqu’à la date du 3 avril. Ce bilan comprend au moins 217 morts civils et 516 blessés civils, dont bon nombre tombés lors des attentats suicide contre deux mosquées de Sanaa, qui ont fait 137 morts le 20 mars.

Au moins 74 enfants ont été tués depuis le début de l’agression aérienne de la coalition arabe, le 26 mars, a dit le porte-parole de l’Unicef, Christophe Boulierac.

Par ailleurs, « la situation humanitaire est très critique au Yémen, pays qui importe 90% de ses produits alimentaires », a déclaré la porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Sanaa, Marie-Claire Feghali. « Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation est catastrophique » à Aden, où « la guerre a gagné tous les coins de la ville », a précisé Mme Feghali.

En raison des combats, la plupart des quelque 800.000 habitants « ne peuvent même pas s’enfuir ». Et « des cadavres restent parfois abandonnés dans la rue, personne ne pouvant s’aventurer pour aller les retirer », relate la porte-parole du CICR.

« La situation est encore pire dans les hôpitaux », déplore Mme Feghali, dont l’organisation a demandé en vain une pause humanitaire pour acheminer des secours. A ce propos, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a l’intention d’acheminer 48 tonnes d’aide médicale et autres produits de première nécessité au cours des deux jours à venir.

Présent au Yémen, Médecins sans frontières (MSF) juge également que la situation « empire de jour en jour » à Aden, selon la chef de sa mission, Marie-Elisabeth Ingres.

Sur le plan militaire, la coalition formée par l’Arabie saoudite a mené hier une série de raids aériens contre une base militaire aux mains des Houthis et de leurs alliés de l’armée dans le centre du Yémen, causant la mort de deux élèves d’une école voisine, selon le ministère yéménite de la Défense.

Cinq bombes, qui visaient probablement des postes de défense antiaérienne et les quartiers des soldats, se sont abattues hier sur une caserne de la Garde républicaine située près d’Ibb, à 160 km au sud de Sanaa, a-t-on précisé de sources militaires.

Le commandant de la base a été blessé, dit-on de mêmes sources. Massirah, la chaîne de télévision des Houthis, fait quant à elle état de trois morts parmi les élèves de l’école voisine.

D’autres raids ont été menés dans la nuit près de Sanaa, où des arsenaux ont été visés, et plus au nord, à Sanhan, ville natale de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, qui s’est rallié aux Houthis, tout comme les unités de l’armée qui lui sont restées fidèles.

Des positions militaires ont également été bombardées près de la ville portuaire d’Hodeïda ainsi que dans les provinces de Saada et d’Hadja, frontalières de l’Arabie saoudite, et à Makaïras, 150 km au nord-est d’Aden.

Après les intenses bombardements de la veille, les Houthis semblent en outre avoir quitté la base militaire d’Al Anad, au nord d’Aden. La métropole du Sud est le dernier bastion des fidèles du président Abd-Rabbou Mansour Hadi. Une autre base tenue par les Houthis a été prise pour cible à Dhalea, toujours dans le Sud.

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