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Culture

Le chien imaginaire

Le chien imaginaire

Ecrite et mise en scène par Wahid Achour, la pièce théâtrale Ech ! kelbek mat est présentée en générale, dans la soirée de ce dimanche 3 avril, au Théâtre régional de Constantine dans une salle comble.

Montée par l’association constantinoise El Belliri pour les arts et les lettres, cette nouvelle œuvre théâtrale, Ech ! kelbek mat (Chut ! ton chien est mort), est favorablement accueillie par le public nombreux. Elle traite avec ironie les affres du colonialisme, de la tyrannie et de l’oppression. Présentée dans un style captivant, au fil des scènes, le passé est transposé sur le présent et les spectateurs se voient projetés dans l’actualité du monde arabe, ponctuée par des dépassements et des violations. La pièce met en scène l’histoire d’un homme et son petit fils qui se sont retrouvés du jour au lendemain contraints à vivre à la merci d’un envahisseur indélicat pour avoir tué un chien qui n’a jamais existé, dans une transposition en miniature du vécu de plusieurs pays arabes, entraînés arbitrairement et sans raisons valables dans des conflits sanguinaires. La vie de l’homme et son petit fils, jusque là paisible, est soudainement et sans préavis transformée en un véritable cauchemar. L’affaire imaginaire de la mort du chien est devenue une « affaire d’Etat » et le propriétaire de « la bête » est déterminé à venger la mort de son chien chéri, « costaud, beau, intelligent et unique ».

Les rôles sont campés entre autres par Hamza Mohamed Fodil, Ahmed Hamammes et Sami Amrani. Cette projection significative jouée par cinq comédiens humoristes de l’association El Belliri a donné à réfléchir et a incité les spectateurs à aller au fond des choses pour comprendre que finalement « tous les prétextes sont bons pour arriver à ses fins ». Présentée dans un cadre humoriste à craquer, cette œuvre théâtrale de 75minutes est interprétée en arabe dialectale, elle est truffée de répliques constantinoises donnant l’impression à l’assistance d’être en contact avec des personnes proches. L’assistance a savouré, chaque moment du spectacle dans l’allégresse et la délectation, donnant du répondant aux comédiens longtemps applaudis. Après le spectacle, le metteur en scène, également président de l’association El Belliri, a affirmé que la pièce reflète « les distances qui existent entre le colonisateur et le colonisé », précisant que le titre de cette pièce théâtrale Ech ! kelbek mat est une vieille expression employée à Constantine lors d’un jeu populaire que le vainqueur dit à son rival, pour vanter sa supériorité. Cette expression fait allusion, selon Wahid Achour, dans la pièce, à « la domination et aux rapports de forces qui lient les humains et qui commandent les peuples ».

Le même metteur en scène la pièce La symphonie de Constantine, après l’avoir adapté d’un texte de Chafika Loucif. Programmée dans le cadre de Constantine capitale 2015 de la culture arabe, cette œuvre est inhérente à l’histoire de Constantine, l’antique Cirta, ou la ville bimillénaire.

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