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Nationale

Le chef de l’Etat suspend les privatisations

Le chef de l’Etat suspend les privatisations

Dans une instruction adressée au Premier ministre Ahmed Ouyahia et rendue publique dimanche, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, affirme que tout projet d’ouverture de capital ou de cession d’actifs de l’entreprise publique économique est subordonné à l’accord préalable de monsieur le président de la République. La décision finale conclue reste également de la seule prérogative décisionnelle de monsieur le président de la République

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a rappelé de son côté à partir de Relizane, que l’ouverture du capital des entreprises publiques relève des prérogatives du président de la République. La présidence de la République avait, dans une instruction adressée au premier ministre Ahmed Ouyahia, annulé les décisions prises par le Conseil des participations de l’Etat (CPE) lors de la tripartite, préparant la privatisation d’entreprises publiques. Cette directive a été signée par le secrétaire général de la présidence El Okbi Habba, selon notre confrère du site électronique Algérie 1, qui a rapporté l’information en exclusivité jeudi dernier. « Dans le cadre des projets de partenariat public/privé, nonobstant les dispositions de l’ordonnance n° 01-04 du Aouel Joumada Ethani 1422, correspondant au 20 août 2001, relative à l’organisation, la gestion et la privatisation des entreprises publiques économiques, modifiée et complétée, notamment ses articles 20, 21, et 22, j’ai l’honneur de vous faire part de l’instruction présidentielle qui subordonne désormais tout projet d’ouverture de capital ou de cession d’actifs de l’entreprise publique économique à l’accord, préalable, de monsieur le président de la République.
La décision finale conclue reste également de la seule prérogative décisionnelle de Monsieur le président de la République », est-il écrit. La présidence de la République a demandé au gouvernement de n’engager aucune privatisation « sans son aval ».
Le Premier ministre a reçu des critiques de la part du SG du FLN, Djamel Ould Abbès, allant jusqu’à convoquer une tripartie avec l’UGTA et le FCE, signataires de l’accord PPP. Le SG du FLN Djamel Ould Abbès, qui a récemment inauguré un cycle de rencontres régionales avec les élus de la base de son parti, n’en perd pas une pour évoquer le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Dimanche  à Ouargla, Ould Abbès s’est défendu de vouloir chercher des poux dans la tête à Ahmed Ouyahia, dès lors, a-t-il expliqué, qu’il « applique à la lettre le programme du président Bouteflika ». Pour autant, Ould Abbès assure rester « vigilant » si jamais le Premier ministre « n’est pas en phase » avec les orientations du président de la République.
Le message du SG du FLN est aujourd’hui très clair.
S’il estime que le Premier ministre n’applique pas à la lettre les recommandations de la présidence, il en sera pour ses frais. Le SG du FLN se donnera ainsi toute latitude pour critiquer, voire recadrer le locataire du Palais du Dr-Saâdane. Une sorte de sentinelle prête à bondir sur sa proie en cas de déviation ou de dérapage. Ainsi, la fameuse réunion à trois entre le FLN, le FCE et l’UGTA obéissait en quelque sorte à cette logique de surveillance. Cette mission est confortée par une directive présidentielle adressée au Premier ministre rejetant catégoriquement toute privatisation ou aliénation de tout ou partie des actifs des entreprises publiques, selon le site électronique Algérie1. La même directive précise que cette injonction concerne autant les grandes que les petites entreprises publiques. C’est une situation gênante qui en dit long sur la place dont dispose le Premier ministre.

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