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Nationale

Le chef de l’Etat réunit le Conseil des ministres demain

Le chef de l’Etat réunit le Conseil des ministres demain

C’est demain que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, présidera son troisième Conseil des ministres de l’année. Un conseil attendu par les observateurs, puisque il s’agira d’être dans les temps pour la promulgation de la loi de finances pour 2018 et sa programmation à l’APN et au Conseil de la nation et ses commissions spécialisées.

A l’ordre du jour de ce Conseil, l’examen et l’adoption de la LF pour 2018. Ce texte est très attendu dans les milieux politiques, d’autant que la conjoncture sociale et économique est au rouge, selon les propres termes du Premier ministre Ahmed Ouyahia.

Cependant, en dépit de la volonté manifeste du gouvernement de dire la vérité crue à l’opinion publique sur la situation des finances du pays, peu de détails ont été divulgués sur les principaux dispositifs de cette loi de finances.

Même s’il y a eu des « fuites « par-ci par-là, comme des « ballons sondes » sur des dispositifs délicats et bien ciblés, il est difficile de trancher quant aux nouveautés prévues par le texte. Force est de croire que les parlementaires n’auront point la latitude de rajouter des articles lourds ou d’inspirer d’autres dans l’optique d’une LF 2018 plus rigoureuse ou austère.

Or, il semble qu’avec la promulgation prochaine des amendements de la loi sur la monnaie et le crédit, notamment la mise en place de la planche à billets, le gouvernement est à l’aise et peut avoir les coudées franches pour engager les investissements publics dans l’infrastructurel, maintenir les dépenses au titre des transferts sociaux et surtout tenter de « grignoter » dans quelques niches fiscales pour atteindre le seuil de 50 milliards de dollars de recettes à obtenir par le seul levier de la fiscalité ordinaire.

Ainsi, il est clair que cette LF porte en elle des signes d’apaisement social que le gouvernement veut à tout prix protéger et défendre en ces temps d’incertitude.

On sait que les dépenses budgétaires atteindront 7 500 milliards de DA contre 6 800 milliards en 2017. Soit une augmentation conséquente qui tranche avec les promesses faites auparavant, notamment celles qui prévoyaient des plafonnements de ces dépenses sur trois ans, de 2016 à 2019, et dont la règle a été adoptée l’an dernier par l’APN au temps de l’exécutif Sellal.

Avec ces chiffres, il existe donc une relance de ces dépenses budgétaires et donc des subventions, qui pourrait déboucher sur davantage de gonflement du déficit budgétaire en 2018. On est loin encore de la rationalisation des dépenses publiques et de la recherche de la maîtrise de ce budget étatique.

Dans l’avant-projet de la LF, le gouvernement n’a pas touché aux « fondamentaux « de la doctrine sociale de l’Etat, maintenant les subventions sur les produits de première nécessité (farine, huile, lait et sucre), gardant également les mêmes tendances dans le financement des secteurs de l’habitat, de l’éducation et de la santé.
On n’a pas touché aussi aux primes et autres indemnités versées aux familles nécessiteuses ou aux handicapés (prime de scolarité, couffin du ramadhan, pension pour handicapé).

Même les tarifs de l’électricité, du gaz et de l’eau seront épargnés de toute augmentation ou taxation. Généralement, la TVA au taux de 19% n’a pas changé sur certains produits, même fabriqués localement.
Les seules nouveautés de cette LF pour 2018 résident dans ces augmentations « symboliques « des prix des carburants (3 dinars au maximum).

On évoque quelques taxes nouvelles, comme l’impôt sur la fortune, ou les déclarations dans les enregistrements des actes notariés et l’immobilier. Il est question, dans ce registre, de taxer davantage certains produits importés et dont l’équivalent est fabriqué en Algérie. Une mesure qui devrait encourager la production nationale et réduire la facture des importations, notamment des produits finis et semi-finis.

Inspirée des recommandations du chef de l’Etat, cette LF pour 2018 ne fera pas de vagues et ne rajoute rien aux inquiétudes des citoyens sur leur pouvoir d’achat ou les acquis sociaux. Le gouvernement Ouyahia a pris conscience que la bataille des réformes économiques indispensables n’a pas encore commencé réellement, obnubilé sans doute par le financement non conventionnel.

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