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Nationale

Le chanteur Lounès Kheloui tire sa révérence

Le chanteur Lounès Kheloui tire sa révérence

L’auteur, compositeur et chanteur Lounès Kheloui a tiré sa révérence. L’homme, considéré comme l’un des derniers maîtres du chaâbi kabyle, a rendu son dernier souffle, après une longue maladie, jeudi dernier à l’aube au CHU Nedir-Mohamed de Tizi-Ouzou, après y avoir été admis en urgence le 31 du mois passé, soit le jour même où l’Algérie a commencé à commémorer la 62e année du déclenchement de la guerre de l’indépendance nationale.

Il était âgé de 66 ans. La dépouille de Cheikh Lounès Kheloui, avant d’être acheminée vers son domicile sis au Lotissement sud-ouest de la ville des Genêts, a été exposée dans l’espace de la maison de la Culture pour que ses fans et admirateurs, par milliers, puissent lui rendre un dernier hommage.

C’est là aussi que le wali s’est incliné devant la dépouille. Par la même occasion, le grand hall de cette institution culturelle a abrité une exposition de photos du défunt. Feu Lounès Kheloui, qui a acquis le titre de « Cheikh « , souffrait d’une maladie pulmonaire. Son cas a été jugé « critique « par ses médecins traitants du CHU Nedir-Mohamed de Tizi-Ouzou, mais par acquis de conscience ils ont donné le feu vert à ses enfants qui ont décidé de l’évacuer vers un hôpital en France.

L’ordre d’évacuation était entre leurs mains dès la journée du 2, c’est-à-dire mercredi. Hélas, la mort surprit le patient quelques heures seulement après que ses enfants eurent reçu ces documents nécessaires à son transfert. L’enterrement de Cheikh Lounès Kheloui a eu lieu hier, vendredi, dans son village natal après la prière du dohr.

En revanche, la veillée funèbre a eu lieu dans son domicile du Lotissement sud-ouest de la ville de Tizi-Ouzou.
Etaient présents à l’enterrement, en sus des milliers de citoyens anonymes, mais non moins admirateurs du défunt, plusieurs personnalités du monde artistique et politique.

C’est le cas de Sid-Ali Zemerli et Tayeb Mokadem, élus du RND, Saïd Lakhdari, élu du FLN, une délégation de l’APC de Tizi-Ouzou, à sa tête Ouhab Aït-Menguellet, Ahmed Semmane, Lounis Aït-Menguellet, Taleb Tahar et tant d’autres. La foule était si immense qu’il était difficile d’identifier toutes les personnalités présentes.

D’ailleurs, le repérage du ministre de la Jeunesse et des Sports, Ould-Ali El-Hadi, et du wali, Mohamed Bouderbali, arrivés ensemble, n’a pas été chose aisée.

Notons que le wali était également présent à la maison mortuaire à l’occasion de la veillée funèbre. Le défunt a laissé derrière lui une œuvre artistique d’une grande richesse. La touche artistique de feu Cheikh Lounès Kheloui a touché même la sensibilité de critiques musicaux occidentaux.

Bien que feu Cheikh Lounès Kheloui ait appris à jouer de la guitare alors qu’il n’était qu’un enfant et à chanter comme un grand pendant son adolescence, il attendra l’année 1972 pour enregistrer son premier disque.

Le succès fut au rendez-vous. L’année suivante, encore un nouveau disque et encore un succès. Toutefois, l’année charnière sera 1978 avec la sortie de la première cassette.
C’est aussi à partir de cette année que le jeune artiste sera classé parmi les grands. Sa production artistique sera effectivement exponentielle. Son titre de Cheikh lui sera attribué à partir de la cinquantaine. La vie privée de Cheikh Lounès Kheloui sera des plus modestes.

Le succès n’a pas grisé l’homme comme cela a été le cas de nombreux autres, en Occident notamment. Toujours est-il cependant que la modestie et la discrétion ne riment pas avec la limitation d’horizon. En effet, l’artiste a beaucoup voyagé et a connu de prestigieuses personnalités des arts et de la culture.

Feu Cheikh Lounès Kheloui a même montré la beauté culturelle et artistique algérienne aux curiosités compétentes occidentales. Même les Américains, bercés surtout par les sons de la guitare et l’harmonica, ont été captés par le son produit par les fils du mandole en combinaison avec la flûte. 

Dans ces grands milieux artistiques et musicaux, les échanges entre artistes de différentes cultures sont fréquents. C’est ce que l’on appelle la culture de l’underground. Feu Cheikh Lounès Kheloui l’a si bien pénétrée et vécue et naturellement enrichie.

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