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Nationale

le cabinet Sellal face à la délicate conjoncture sociale

le cabinet Sellal face à la délicate conjoncture sociale

Passé l’accalmie des vacances, malgré un brin d’agitation avec le séisme, les éternels relogements et la fièvre aphteuse, le gouvernement Sellal reprend ses activités mercredi.

Une reprise qui sera sans doute consacrée aux contentieux qui traînent dans les tiroirs, notamment dans des secteurs névralgiques, comme l’Education, la Santé ou l’Habitat. En dépit des promesses et des discours de consolation, il s’avère que certains secteurs n’ont pas encore fini avec les conflits sociaux et les contestations de tout ordre.
Les observateurs s’attendent ainsi à des rebondissements dans certains dossiers dès la rentrée sociale.

Plus que les affaires politiques, comme la révision constitutionnelle et le feuilleton des consultations menées par le chef du cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia (dont on attend un rapport circonstancié et une réaction de Bouteflika) ou la continuation de la série léthargique de la crise du FLN, voire même le retour à des bras de fer entre l’administration de la wilaya d’Alger et les chefs de la coordination nationale des libertés et de transition démocratique sur les autorisations de tenir des rencontres thématiques, on s’attend au retour à des vieux conflits dès la rentrée sociale.

Depuis des semaines, certains syndicats de l’Education et de la Santé publique menacent de faire de l’agitation et des grèves sur des histoires de statut et des indemnités, alors que le monde ouvrier attend avec impatience des éclaircissements de la part du gouvernement sur la suppression de l’article 87 bis et la nouvelle définition du salaire minimum garanti. Il est toutefois assez curieux de constater que l’avant-projet de loi sur la législation du travail, alors en débat, n’a suscité point de commentaires, ni de vrais questionnements. On ne connait ni les tenants, ni les aboutissants. Personne, dans le milieu syndical ou dans le patronat n’en fait allusion, alors qu’il s’agit d’une loi déterminante dans le monde du travail, celle qui va régir les rapports entre les patrons, ou investisseurs potentiels et la masse des travailleurs ou agents. C’est cette loi qui va déterminer l’avenir des employés, notamment avec la menace de suppression des (CDI), les contrats à durée indéterminée et les remplacer par des (CDD) contrats déterminés de six mois ou de plus.

A tort ou à raison, on susurre que ce type de relation de travail pourrait bien être élargie à des secteurs non économiques ou à caractère commercial, comme les administrations publiques, voire même dans certains segments de la fonction publique. A cela s’ajoute l’éternelle incertitude sur la suppression de l’article 87 bis. Si la dernière tripartite fait état publiquement de sa disparition dès 2015, voilà que le projet du gouvernement ne mentionne pas ce souhait.

Qui croire ? Le gouvernement Sellal ou Bouteflika qui a promis de supprimer ce dispositif né des accords avec le FMI en 1993 ? Bien plus que cela, certaines sources du gouvernement évoquent déjà dans leurs sorties sur les conséquences et les fortes retombées financières de cette suppression. On parle de milliards de dinars de plus dans le calcul des budgets de fonctionnements des ministères. Certains vont même jusqu’à introduire de nouveaux concepts dans la gestion des deniers publics, comme le déficit budgétaire.

C’est ce débat qui risque de s’enflammer dès la rentrée sociale au niveau de l’APN, mais aussi dans les médias. Or, ce débat sera exactement lancé en même moment que le débat sur la loi de Finances 2015, celle dont on dit qu’elle comporte le budget le plus conséquent de l’Etat algérien depuis l’indépendance.

De plus cette LF est attendue par d’importantes franges de la jeunesse, en raison des promesses faites par Bouteflika lors de sa campagne électorale des présidentielles d’avril dernier. Des dispositifs sont attendus, comme sur les taux d’intérêts, les bonifications ou des mesures fiscales et parafiscales sur les entreprises d’ANSEJ, CNAC ou autres. Des mesures de facilitations qui vont encore greffer ce budget étatique.
Ce sont ces promesses incalculables qui font réagir certains analystes qui estiment que la loi de Finances attendue vers la fin de cette année devrait renouer avec la taxation de certains produits, d’augmentation des impôts fixes ou de la création d’autres, afin de réajuster l’équilibre budgétaire ou éponger le déficit faramineux qui amplifie d’année en année.

Mais ce débat sur les choix économiques existe-il vraiment dans les consultations politiques entre le pouvoir et les partis politiques ? Existe-il encore au sein de la coordination nationale des libertés ? Faut-il laisser ce débat aux seules élites universitaires et autres experts ? Que faut-il faire pour prendre en considération la note de conjoncture, assez inquiétante, du gouverneur de la Banque d’ Algérie, publié récemment ?

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