Le Brent frôle les 110 dollars le baril : L’incertitude plane sur le marché
C’est encore l’expectative sur le marché du pétrole. Entre incertitude et inquiétude, ce marché demeure fragilisé par la poursuite de la guerre américano-sioniste contre l’Iran mais surtout par les déclarations contradictoires, les unes après les autres, du président Donald Trump. Le blocage du détroit d’Ormuz continue d’amputer l’offre mondiale et les cours ont progressé ce vendredi malgré l’extension de l’ultimatum de Donald Trump de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes.
Alors que les observateurs espéraient un apaisement sur un marché de plus en plus agité, la situation est encore floue et les investisseurs savent que les perturbations d’un mois de guerre auront un impact de plusieurs mois, même en cas de cessez-le-feu et de rétablissement du trafic de transport du brut.
Dans la matinée de ce vendredi, le prix du baril de Brent pour livraison en mai prenait 2,00 % à 110,17 dollars, alors que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 2,10 % à 96,46 dollars.
Pourtant, dans un souci de calmer les bourses, le président américain a repoussé jusqu’au 6 avril son ultimatum avant d’éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran. Il s’agit, selon lui, d’une « demande du gouvernement iranien ». Téhéran refuse d’utiliser à ce stade le terme de « discussion » mais selon une source anonyme, citée avant-hier par l’agence de presse Tasnim, l’Iran a transmis « officiellement » et « à travers des intermédiaires » une réponse au plan américain constitué de 15 points.
Cependant, des analystes pensent que les craintes sur l’approvisionnement sont vives, d’autant que les Etats-Unis ont décidé de renforcer leur présence militaire dans la région, avec l’envoi d’unités de combat au sol, certainement en prélude à une extension de la guerre.
« Ce qui est clair » pour le marché pétrolier, « c’est que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert de sitôt », a affirmé un analyste du cabinet PVM. « Et même si, par miracle, cela devait arriver, les retards accumulés et les répercussions sur le trafic et les dommages causés ne disparaîtront pas rapidement », a-t-il ajouté.
Selon le Wall Street Journal (WSJ) et le site d’informations Axios, la Maison Blanche et le ministère de la Défense envisagent d’envoyer au moins 10 000 soldats de combat supplémentaires au Moyen-Orient dans les prochains jours. Avec ces troupes dans la région, la probabilité d’une invasion terrestre augmente désormais, notamment avec la menace d’occuper une île stratégique dans le Golfe Persique, qualifiée de véritable tour de contrôle sur le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Et pour beaucoup d’observateurs, il y a peu de chances que l’Iran et les Etats-Unis entament de véritables négociations.
Si le scénario de l’invasion américaine est appliqué, les conséquences seront incalculables. Téhéran a déjà menacé d’ouvrir un « nouveau front », dans le détroit de Bab el-Mandeb qui permet d’accéder à la mer Rouge et au canal de Suez depuis l’Asie. Cela constituerait une nouvelle escalade compliquerait les exportations de pétrole de l’Arabie saoudite, lesquelles s’élèvent à 4 à 5 millions de barils via la mer Rouge et sont la principale alternative pour exporter une fraction des barils bloqués à Ormuz.