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Nationale

Le boycott, un pari risqué

Le boycott, un pari  risqué

Tandis que Jil Jadid de Sofiane Djilali, qui boycotte les élections législatives va quitter l’Instance de coordination et de suivi de l’opposition (ICSO) et par extension la CNTLD, le MDS, une excroissance de l’ex-PAGS, est autorisé à retirer les dossiers de candidature après un moment de blocage incompréhensible.

Le ministère de l’Intérieur avait, dans un premier temps, bloqué l’opération en raison des dissensions internes que connaît le parti. Le ministère a finalement reconnu les arguments avancés par la direction qui contestait l’idée que la crise perdurait depuis la disparition d’El-Hachemi Chérif, et s’appuyait sur les décisions du tribunal administratif et du Conseil d’Etat en sa faveur.

Si ce premier parti a à son actif plus d’une dizaine d’années de présence sans jamais participer à un quelconque scrutin, le second parti, créé récemment, refuse de cautionner, dit-il, une élection où les dés sont pipés.

Au jour d’aujourd’hui tous les partis au pouvoir et ceux de l’opposition (à l’exception de Jil Jadid et Talaie el Houriet de Benflis) ont décidé de prendre part au scrutin du 4 mai. Même les partis les plus radicaux issus de la mouvance islamiste sont annoncés partants. Pourquoi cette élection fait-elle courir tout le monde ? Une seule raison est invoquée : la reconfiguration annoncée va conditionner la survie de la classe politique pour des décennies.

D’où cette crainte justifiée de prendre part à cette élection au risque de subir les foudres du ministère de l’Intérieur.
La fameuse clause des 4% de la loi électorale va être appliquée après le scrutin de mai prochain dans toute sa rigueur, annonce-t-on. Ainsi les partis qui comptent boycotter ce scrutin encourent-ils le risque de disparaître totalement.

La plupart des formations politiques se sont laissées gagner par l’esprit du respect des institutions républicaines, d’où la forte participation aux législatives en 2017. Le jeu institutionnel a repris tous ses droits, favorisé par le sens de l’ouverture démocratique.

Tout, sauf ce qu’elle devrait être

Une chose est sûre, de 1990 à 2017, l’opposition a présenté de nombreux visages et fait entendre différents sons de cloche. Le grand nombre de partis d’opposition pose aussi beaucoup de problèmes.

L’opposition est aujourd’hui dans le creux de la vague. Alors que dans les années 1990-1992, elle était dans une phase ascendante, dans une phase stimulante de son action, aujourd’hui, elle doit affronter une forme de désaffection vis-à-vis de la pratique du système multipartiste et démocratique, où une bonne partie de l’opinion publique se détourne du processus politique parce qu’elle considère que ce processus n’est pas suffisamment compétitif, concurrentiel, ni nécessairement loyal.

Les partis d’opposition souffrent aussi du fait qu’ils n’ont toujours pas défini une stratégie politique. Ils souffrent également d’une logistique matérielle et financière limitée, qui ne leur permet pas nécessairement de concourir face à des mastodontes comme le FLN, qui bénéficie du fait qu’il a été l’ancien parti unique et en tant que parti dominant qui a le contrôle de l’Etat et qui n’a pas été déstabilisé par la vague démocratique.

Autrement dit, le FLN n’a jamais perdu sa position centrale de contrôle. Même s’il a perdu son monopole de représentation politique au bénéfice du RND et de quelques partis comme le HMS, le PT ou le FFS, le FLN reste le parti majoritaire mais jusqu’à quand ? Les partis de la mouvance islamiste ont décidé cette fois-ci de s’unir comme jamais pour jouer les premiers rôles dans cette reconfiguration annoncée.

Des alliances ont été élaborées entre eux (HMS, Ennahda, El Islah, FJD, El Bina, et le parti de Menasra) pour pouvoir peser de leur poids et imprimer ce faisant de leur empreinte les années à venir. Par contre les partis dits de la mouvance démocratique, (FFS, RCD et PT) chacun est parti la fleur au fusil à cette joute électorale, victime de sa naïveté politique.

En face, le FLN se reconstruit et affûte ses armes car son adversaire n°1, le RND d’Ahmed Ouyahia, ambitionne de lui voler sa place de leader. Son désir ardent de garder le contrôle de l’Assemblée nationale est plus que jamais démenti par la situation sociale qui prévaut au sein de la population, menaçant même de lui faire payer cher sa position par rapport aux récentes lois décriées proposées par le gouvernement et adoptées finalement par ses députés.

Aussi, le SG du FLN se démène-t-il pour présenter des têtes nouvelles qui chapeauteront ses listes à travers les 48 wilayas. Sa répulsion à placer les ministres actuels en tête de liste trouve sa logique dans la crainte de voir un rejet de la population.
Même la candidature du Premier ministre Abdelamlek Sellal est sujette à caution.

Selon des sources proches du dossier, sa candidature aurait été refusée par le président Bouteflika le jour où le SG du FLN procédait devant la presse à l’installation de la commission de validation à l’hôtel Moncada.

Mercredi encore, le SG du FLN est revenu sur la candidature du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Il a rappelé cette fois-ci que l’engagement de M. Sellal est étroitement lié au président de la République, en ce sens qu’il occupe le poste de Premier ministre et non celui de ministre ».

Enfin le SG du FLN a réagi aux accusations proférées par certains leaders de partis qui soutiennent que les ministres candidats du FLN commencent déjà à utiliser les moyens de l’Etat pour leurs campagnes électorales et ce avant l’heure : « Les ministres d’obédience FLN, candidats aux prochaines législatives, n’utiliseront pas les moyens de l’État dans leur campagne électorale, conformément à la loi en vigueur qui interdit ce genre de pratique », a affirmé hier Ould Abbès.

Ce dernier a également précisé que les ministres n’étaient pas obligés de démissionner pour participer aux législatives : « Mais ils se retireront deux mois avant la tenue des élections et la gestion de leur département sera confiée aux secrétaires généraux ou à d’autres ministres intérimaires », a-t-il répondu.

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