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Le bout du tunnel

Le bout du tunnel

Grande victoire diplomatique pour l’Iran. En effet, Téhéran et les grandes puissances du groupe P5+1 (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine) ont trouvé hier un accord sur le programme nucléaire de Téhéran qui permettra une levée des sanctions économiques pesant sur la République islamique.

Après des jours et des nuits d’intenses et parfois houleuses tractations, dont la dernière phase a duré plus de deux semaines à Vienne, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et la chef de file de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, se sont présentés hier pour officialiser l’événement, qui marque une étape décisive dans le dossier nucléaire iranien, lequel empoisonne les relations internationales depuis douze ans.

L’accord conclu entre l’Iran et les grandes puissances est un « moment historique » et un « nouveau chapitre d’espoir » s’ouvre, a déclaré mardi Mohammad Javad Zarif, lors d’une conférence de presse.

A ses côtés, Federica Mogherini a estimé que l’accord conclu à Vienne ouvrait la voie à une nouvelle ère pour les relations internationales.

Selon Mohammad Javad Zarif, cité par l’agence iranienne Isna, l’accord conclu hier est le « meilleur possible », même « s’il n’est pas aussi complet que l’auraient voulu chacune des parties impliquées ».

L’accord marque un tournant dans les relations de Téhéran avec les pays occidentaux, qui soupçonnent la République islamique d’avoir utilisé son programme nucléaire civil comme couverture pour chercher à développer un savoir-faire en matière d’armement nucléaire.

L’accord final met en musique de grands principes actés à Lausanne en avril : Téhéran s’engage à réduire ses capacités nucléaires (centrifugeuses, stock d’uranium enrichi…) pendant plusieurs années et à laisser les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) procéder à des inspections plus poussées.

Le but est de rendre quasiment impossible la possibilité pour l’Iran de fabriquer une bombe atomique, tout en assurant à Téhéran, qui nie avoir jamais eu l’intention de se doter de la bombe, le droit de développer une filière nucléaire civile.

Une fois, les installations iraniennes réduites, selon les termes de l’accord, il faudrait en effet un an à Téhéran pour fabriquer une bombe, contre trois mois aujourd’hui, a expliqué le secrétaire d’Etat John Kerry.

En échange, l’Iran bénéficiera progressivement d’une levée des sanctions internationales adoptées depuis 2006 par les Etats-Unis, l’Union européenne et l’ONU et qui brident l’économie du pays.
Les premières sanctions pourront être levées à partir du premier semestre 2016 si la République islamique respecte ses engagements. En cas de violation de l’accord, elles pourront être rétablies.

Et cette réversibilité durera quinze ans.
En revanche, l’interdiction du commerce des armes a été reconduite pour cinq ans, sauf autorisation spécifique du Conseil de sécurité. La demande de l’Iran, soutenue par Moscou, de lever cet embargo a été un des principaux points de blocage des discussions. 

Autre sujet délicat : la possibilité pour les inspecteurs de l’AIEA de se rendre sur les sites militaires iraniens. Finalement, Téhéran a accepté de leur permettre un « accès limité » à certains sites.
Si l’Iran venait à contrevenir aux termes de l’accord, les sanctions économiques pourraient être remises en place dans un délai de 65 jours.

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