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Culture

Le Bastion 23 retrouve son lustre d’antan

Le Bastion 23 retrouve son lustre d’antan

La petite agglomération du palais des Raïs, situé à la place des Martyrs, constitue le dernier morceau de la Casbah près de la mer qui a échappé à l’urbanisation coloniale effrénée.
Ce petit territoire a été admirablement réhabilité, témoignant comment vivait dans le passé La Casbah et comment cette cité millénaire devrait être dans le présent.
Pour édifier son urbanisme envahissant, l’administration coloniale n’a pas hésité à couper en deux cette ville algérienne qu’était La Casbah.
A quelque chose malheur est bon. Notre administration a mis à profit la réhabilitation de ce bout de territoire pour reconstituer La Casbah d’antan. Ce lieu a été féérique en son temps. Faisant corps avec le paysage marin, doux et tempéré en hiver, frais, aéré et agréable l’été, il était la résidence de choix des dignitaires de l’époque, surnommé à juste titre le Palais des Raïs. En effet, ce lieu assez vaste ne comprenait pas seulement des espaces d‘habitation, mais aussi des aires appropriées offrant les commodités nécessaires à la vie en ville. On peut dire que ce Bastion 23 reproduit exactement La Casbah en miniature avec ses ruelles en pavés, ses petites boutiques d’artisans, ses voûtes sombres, ses maisons adossées fortement l’une à l’autre, ses petites fenêtres en fer forgé, ses portes étroites en bois sculpté assorties d’un système de marteau faisant office de sonnette pour annoncer sa visite. L’intérieur des maisons est splendide, exactement identique à l’architecture originale, avec les chambres donnant sur une cour intérieure bordée de minuscules colonnes en marbre torsadé. Les murs de cette cour, avec une fontaine en son milieu, sont ornés d’une faïence d’époque, en harmonie avec l’esprit décoratif des artistes de ce temps-là. Les terrasses de ce Bastion donnent sur la mer, comme toutes les maisons de La Casbah. Les responsables de la gestion de ce Palais des Raïs se sont toujours évertués à faire vivre ces lieux par une animation artistique et culturelle digne des traditions ancestrales. Ainsi durant le mois de Ramadhan sont organisées des veillées inoubliables avec des concerts de musique andalouse, chaâbi ainsi que des défilés de mode faisant resplendir l’art vestimentaire algérien. Durant l’année, l’art culinaire national est à l’honneur ainsi que les expositions permanentes de nos artisans venant de diverses régions de notre territoire. Des conférences sont données périodiquement par des universitaires et des spécialistes sur la civilisation algérienne.
Ce Palais des Raïs est donc une réussite aussi bien sur le plan de la résurrection de La Casbah comme on voudrait qu’elle soit au niveau architectural, mais aussi sur le plan de la réanimation de son esprit et de son âme. Toute La Casbah doit être ainsi et pas seulement le Palais des Raïs. Malheureusement, la réhabilitation générale traîne en longueur, depuis des dizaines d’années. On note quelques avancées avec la finition ou presque de la partie haute de La Casbah où siégeait le pouvoir de l’époque. On note avec satisfaction la réhabilitation complète du Palais Mustapha-Pacha, devenu le musée de la miniature, de l’enluminure et de la calligraphie, mais il reste encore un travail colossal à accomplir pour que la Casbah entière devienne identique au Palais des Raïs.

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