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Le baril aux portes des 30 dollars

Le baril aux portes des 30 dollars

Le baril continue de céder. Hier, les cours du brent (référence pour le pétrole algérien) ont poursuivi leur baisse pour atteindre 43 dollars le baril. En six mois, la chute des cours a atteint 25%, alors que sur une année, cette dégringolade est plus importante, puisqu’elle flirte avec les 60%.

Rien à l’horizon ne semble indiquer une reprise, d’autant que la crise de l’industrie manufacturière chinoise continue de plomber les places boursières dans le monde, dans les marchés financiers asiatiques principalement. Pire, durant toute la journée d’hier, ce sont les Bourses européennes qui ont balancé dans l’incertitude et le doute. Un climat morose s’est installé dans le sillage de la dépression asiatique, puisque les principaux indicateurs ont carrément plongé.

A deux heures de la clôture, les indices affichaient des niveaux inquiétants, à la limite d’un krach boursier semblable à celui de 2008 : -5% pour le Dax allemand, -7% pour l’Eurotoxx (indice européen élargi), -8%pour le CAC 40 français, -4% pour le Nikkei japonais. Aux États-Unis, on s’attend à une baisse semblable au niveau de la Bourse, avec sans doute moins d’impact en raison du décalage horaire et des anticipations des investisseurs ou des actionnaires des grosses sociétés et compagnies de certains secteurs.

En tous les cas, la déprime mondiale est directement liée aux récentes contre-performances de l’économie chinoise, qui influence directement les cours du pétrole et les places financières asiatiques, d’abord, et occidentales ensuite. Pour les experts, la forte production aux États-Unis, y compris celle non conventionnelle (pétrole et gaz de schiste), une abondance de l’offre y compris en provenance de l’Opep (notamment des gros producteurs qui ne respectent guère leurs quotas) et les incertitudes qui pèsent sur la santé de l’économie chinoise sont les principales causes de la crise des prix.

Pour l’Algérie, comme pour les autres mono-exportateurs, le désastre n’est pas loin. Les revenus sont en baisse continue, le déficit commercial se creuse davantage et le gouvernement peine à trouver la parade et le bon remède. Voulant éviter à tout prix l’alarmisme et la panique, le gouvernement Sellal n’arrive pas encore à établir la bonne stratégie pour éviter le chaos économique et social qui pointe à l’horizon.

Des mesures timides sont lancées dernièrement, mais dont l’impact et l’ampleur ne produisent pas l’effet escompté et ne peuvent changer fondamentalement en peu de temps la physionomie de l’économie algérienne.

C’est ce constat qui pousser encore les autorités à entretenir l’espoir d’une reprise des cours en tentant d’actionner le peu d’influence qu’elle a pour secouer l’OPEP. Depuis des mois, la médiation algérienne pour faire changer d’avis les membres du cartel a lamentablement échoué, en dépit de quelques soutiens et sympathies de la part du Venezuela, du Nigeria et des petits producteurs non affiliés à l’OPEP.

Alger souhaite la tenue en toute urgence d’une réunion de l’organisation, afin de réviser les quotas et surtout de baisser la production pour peser sur les cours du baril. Téhéran semble avoir déjà donné son accord sur ce projet, puisqu’elle s’apprête à reprendre sa production après son accord sur son nucléaire et la levée des sanctions occidentales. Or, il faut un véritable séisme pour arracher le oui des monarchies du Golfe arabique, qui semblent avoir d’autres calculs et d’autres intérêts dans cette guerre de l’offre.

Pour des cabinets d’analyses, si le cours des marchés maintient sa chute avec les répercussions d’un ralentissement industriel dans les principales économies mondiales, le pétrole pourrait bien se vendre à des prix défiant toute imagination, exactement comme le vendent aujourd’hui les courtiers dépendant de Daech, l’organisation terroriste qui domine de vastes champs pétroliers en Syrie et en Irak, à des prix ne dépassant guère les 15 dollars le baril.

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