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Monde

Lavrov et la vision unipolaire de Washington

Lavrov et la vision unipolaire de Washington

C’est désormais une obsession chez les américains. Conduire les affaires du monde selon leur désidérata en exhibant la force comme moyen de persuasion quitte à plonger des régions entières dans le chaos permanent tant qu’il jouerait en leur faveur. Une stratégie ayant empreint avec acuité, la démarche états-unienne principalement depuis la chute du mur de Berlin, selon un sentiment largement partagé au sein de l’opinion internationale.

C’est dans cette optique que le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a affirmé que l’administration américaine continue de refuser “la réalité d’un monde multipolaire” et de favoriser, plutôt, son diktat à travers l’exacerbation des tensions au Proche-Orient, en Ukraine et avec l’Iran au grand dam des démarches diplomatiques endossées par la majorité des pays y compris occidentaux.
Lors de la traditionnelle rencontre avec la presse internationale à Moscou, lundi dernier, le chef de la diplomatie russe a pointé du doigt ce qu’il qualifié de « vision unilatérale » de Washington.
« Malheureusement, nos collègues américains et leurs alliés continuent de vouloir imposer leurs vues en se basant exclusivement sur le diktat et l’ultimatum », a déclaré Sergueï Lavrov aux journalistes ui l’interrogeaient sur les rapports entre la Russie et les Etats-Unis dans la gestion des conflits en cours dans le monde.
“Ils ne veulent pas écouter les points de vue d’autres centres de la politique mondiale. Ils ne veulent même pas reconnaître la réalité d’un monde multipolaire” dira-t-il. “Ils utilisent de nombreuses méthodes, du déploiement d’un système global de défense antimissile aux sanctions unilatérales, à l’extra-territorialité de leur propre législation et aux menaces de résoudre tout problème international uniquement selon leur propre scénario”, a précisé Sergueï Lavrov.

C’est ainsi qu’il évoqua en exemple le cas de la Palestine occupée suite à la décision du président Donald Trum de décréter el Qods occupée comme capitale de l’occupant sioniste israélien. Il affirme, ainsi, “comprendre” les déclarations du président palestinien Mahmoud Abbas qui a dénoncé l’offre de paix de Donald Trump comme la “claque du siècle”.
“Nous comprenons parfaitement ce que ressentent les Palestiniens actuellement. Ils ont fait des concessions unilatérales, les unes après les autre, au cours des dernières années, sans rien recevoir en échange”, a souligné le ministre.
En outre, les chances de reprise d’un dialogue direct entre Israéliens et Palestiniens « sont proches de zéro au vu de la situation actuelle », a regretté le ministre russe, disant souhaiter « consulter dans un futur proche (ses) partenaires du Quartet » pour le Proche-Orient : l’Union européenne, l’Onu et les États-Unis.

Zone tampon ou zone trouble ?
Toujours dans la région du Proche-Orient, Lavrov relève les tentatives américaines de créer une zone tampon turque en Syrie en violation de l’intégrité territoriale du pays. « Juste hier, une nouvelle initiative a été annoncée, que les États-Unis veulent aider les soi-disant forces démocratiques syriennes (FDS) à créer certaines zones de sécurité frontalière.


L’armée syrienne à Idlib

En gros, cela signifie la séparation d’un vaste territoire le long de la frontière de la Turquie avec l’Irak, et à l’est de l’Euphrate… Et l’annonce que la zone sera contrôlée par les groupes sous la direction des États-Unis, c’est une question très grave qui soulève des préoccupations », a fait savoir le diplomate russe en faisant observer que l’objectif est de diviser la Syrie en l’amputant d’une partie de son territoire qui deviendra à terme une zone trouble.
Les visées américaines en Syrie contrarient les efforts de paix de la communauté internationale conduits par l’envoyé spécial de l’ONU Steffan Mistura à Genève et de l’initiative de la Russie, de l’Iran et de la Turquie derrière le processus d’Astana, au Kazakhstan.

Selon Lavrov, l’administration américaine n’a pas tenu ses engagements contenus dans l’accord conclu, en 2016, par les présidents Vladimir Poutine et Barack Obama qui consistait à combattre le Front al-Nosra. La posture américaine a donné lieu à une « inaction totale de l’Onu », ajoute Lavrov faisant état au demeurant des tentatives des groupes armés proches du Front al-Nosra de « déséquilibrer la situation à Idleb et dans la Ghouta orientale », afin de glaner un avantage à la fois militaire et politique en lançant des attaques contre l’armée syrienne et contre la base militaire russe de Hmeimim.
L’opposition syrienne espère ainsi que ses « succès » sur le terrain sur la table des négociations à Astana bien qu’elles soient obtenus en violation de l’accord de désescalade conclus entre l’armée syrienne et les groupes activant ans la province d’Idleb.

Il convient de rappeler que l’accord a été signé jeudi 4 mai 2017 à Astana, par la Russie et l’Iran, alliés du régime de Bachar Al Assad, et la Turquie, soutien des groupes armés. Le mémorandum prévoyait alors la création de quatre « zones de désescalade » en Syrie. Une « zone de désescalade » comprendra la province d’Idleb, contrôlée par une coalition de rebelles islamistes et de djihadistes, et des secteurs de celles de Lattaquié, Hama et Alep. Parmi les autres zones figurent des secteurs de la province de Homs et la Ghouta orientale, le plus important bastion rebelle dans la grande banlieue de Damas. Quelques 2,67 millions de civils et 41 500 rebelles étaient concernés dans ces parties du territoire syrien.
L’objectif des « zones de désescalade » était de mettre « rapidement » fin à la violence, d’améliorer la situation humanitaire et de créer les « conditions pour faire avancer le processus politique ».
Les « zones de désescalade » devaient être doublées de « zones de sécurité », avec postes de contrôle et centres de surveillance tenus conjointement par « les forces des pays garants » et possiblement « d’autres parties ».
Dans ces zones, les forces gouvernementales et les groupes armés de l’opposition devront cesser d’utiliser tout type d’armes y compris l’aviation. Les avions de la coalition internationale menée par les États-Unis ne pourront pas y opérer. Dans le même temps, les garants dont l’ONU devaient séparer les groupes armés de l’opposition des « groupes terroristes » qui sont, selon le document, Daech, « le Front al-Nosra » et les groupes qui leur sont affiliés.
Aux yeux de Lavrov, « le processus d’Astana a permis d’adopter des accords sur des mesures humanitaires supplémentaires, les échanges de prisonniers et d’autres initiatives permettant de renforcer le soutien sur le terrain et de lancer la réconciliation nationale ».

L’Ukraine et les wahabites
Evoquant le dossier ukrainien, il dira que l’Ukraine est présentée « comme une pierre angulaire dans la confrontation entre la Russie et l’Occident en général », indiquant que « cette approche est erronée ».


miliciens pro-nazis en Ukaine

Lavrov qui accumule 14 ans à la tête de la diplomatie russe, a souligné que Moscou « continue à respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine, qui s’est constituée après l’expression de la volonté des Criméens et du rattachement de leur territoire à la Russie. Le mémorandum de Budapest [accord signé en 1994 par lequel l’Ukraine renonce à l’arme nucléaire en échange du respect de son intégrité territoriale et de l’absence de toute agression contre elle, NDLR] n’a en aucun cas été enfreint étant donné que nous n’avons pas menacé l’Ukraine avec l’arme nucléaire », faisant part de son souhait que « les accords de Minsk soient appliqués dans leur totalité, sans la moindre dérogation ». Il a précisé que ces accords, ne concernent nullement la Crimée.

Pour lui, les événements survenus au lendemain de Maïdan (février 2014) ont constitué « une violation grossière de ces engagements de nos voisins ukrainiens », rappelant que l’ancien Président ukrainien Viktor Ianoukovitch avait signé le 20 en février 2014 un accord avec les leaders de l’opposition, parrainé par l’Allemagne, la Pologne et la France qui prévoyait la formation d’un gouvernement d’unité nationale.

Selon Lavrov, « les putschistes avaient renié cet accord le 26 février décidant aussi du recours à la force par des milices et du mouvement Hizb ut-Tahrir et les wahhabites afin de lancer l’assaut contre le Conseil suprême de la Crimée ».
Il convient de rappeler que la crise en Ukraine est intervenue en raison de deux évènements majeurs, selon des analyses. Le premier est la mise en place d’un gouvernement qui aurait été imposé au peuple ukrainien par un subtil coup d’État planifié et orchestré par Washington. Le second est motivé par une « politique agressive de Kiev contre les populations dissidentes qualifiées de terroristes. Ces deux faits ont eu pour conséquences des référendums et des déclarations d’indépendance de la part des Ukrainiens persécutés, de culture russe, qui occupent tout le sud-est de l’Ukraine. L’indépendance de ces régions (Donetsk et Lougansk) a donné lieu à des attaques encore plus violentes de la part du gouvernement de Kiev et de mercenaires à sa solde.
Déjà, selon les chiffres officiels, les victimes compteraient plus de 5000 morts et de 10 000 blessés. Certains milieux, en Allemagne, parlent de 50 000 morts. 

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