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Nationale

L’autorité publique face au diktat des «parkingueurs»

L’autorité publique face au diktat des «parkingueurs»

Les alentours des marchés de légumes, mosquées, sièges des administrations publiques, banques, et autres centres de santé sont investis par de jeunes « maître-chanteurs », munis souvent de matraques et guettant la moindre charrette pour s’imposer gardiens.

Le récent drame vécu à Béjaia par une famille originaire de Oued Souf, où le père Aïssa Zoubir a été battu à mort par des gardiens informels de parking continue de susciter l’indignation de tout le pays. A l’Ouest comme à l’Est en passant par le Centre, des voix s’élèvent pour fustiger le silence des autorités dans certains centres urbains où ces racketteurs continuent en toute impunité d’imposer leur diktat. Ce nouveau genre de rançon exigée depuis de lustres à de paisibles citoyens dans l’impunité totale de la part des parties censées faire respecter la loi n’épargne plus aucune cité. Il est même admis que ce « métier » est souvent accompagné de pratiques délictueuses de tout genre, à commencer par les vols par effraction ou encore par celui du trafic de stupéfiants où les réseaux font souvent intervenir ces « maillons » plutôt bien renseignés sur les va-et-vient du voisinage.

Faute de parkings aménagés, notamment dans les grands centres urbains, ce diktat très lucratif a fini par s’imposer comme seul alternative aux citoyens contraints des fois à se résigner à payer 50 ou 100 DA rien que pour s’épargner le pillage de leurs biens ou éviter que leurs véhicules soient saccagés. Les « mauvais » payeurs savent très bien qu’ils peuvent en faire les frais s’ils refusent de céder au chantage d’une mafia qui voit là un bien précieux moyen de se remplir les poches.

La récente instruction du ministre de l’Intérieur, Nourreddine Bedoui, si elle a trouvé écho auprès des chefs d’exécutif des wilayas côtières à l’image de Béjaïa, Jijel, Skikda ou Annaba, semble en tout cas ne pas concerner ceux des villes de l’intérieur. Dans la capitale de l’Est, même si l’agression mortelle de Souk El-Tennine, dans la wilaya de Béjaïa, a provoqué l’indignation totale, il n’en demeure pas moins que les gardiens autoproclamés d’espaces publics continuent d’imposer leur loi. Le citoyen, rongé par les aléas du quotidien cède souvent au diktat.

Dans certaines villes de l’Est, à l’image d’El Eulma dans la wilaya de Sétif, les recettes engrangées par les « propriétaires » autoproclamés des trottoirs dépassent des fois et de loin celles des commerçants du marché Dubaï. Certains font des profits allant de 15 000 à 20 000 DA par jour, soit un rendement mensuel avoisinant 60 millions de centimes. La clientèle de ce gigantesque marché est issue de toutes les régions du pays. Grossistes, détaillants, ou encore des familles entières se ruent dès le matin vers cette cité commerçante pour faire des emplettes pour certains et réaliser de bonne affaires pour d’autres. Ce marché est la Mecque quotidienne d’une trentaine de milliers de visiteurs, à en croire les chiffres fournis par la deuxième plus grande municipalité de la capitale des Hauts Plateaux. Il est des fois difficile de dénicher une place, dans un parking autoproclamé s’entend, contre le payement de pas moins de 100 DA. Une simple opération mathématique fait ressortir que ce créneau draine à lui seul près de 300 millions de centime par jour. C’est dire !

A Constantine, ils sont des centaines pour ne pas dire des milliers à s’improviser, dès le soleil levé, propriétaires d’un trottoir longeant le plus souvent une ruelles jouxtant un restaurant, une polyclinique, une banque et même dans certaines agglomérations des sièges d’Apc sous le regard devenu, au fil des jours, indifférent aussi bien du personnel de la

structure administrative que du service d’ordre. Même les trottoirs bordant certaines mosquées, à l’image de la grande mosquée Emir-Abdelkader, ne sont guère épargnés. Au quartier Coudiat, où siège un grand nombre d’administrations dont la direction de la Sûreté de wilaya, le diktat des gardiens de trottoirs s’impose au citoyens dans l’impunité totale.

Même scénario plus à l’est, à Guelma, où le racket n’est point différent de celui imposé par les « parkingueurs » des autres villes. Même les services d’ordre semblent très peu se soucier de cette activité dans la mesure où il est rare qu’une plainte soit déposée tant le ras-le-bol a fini par s’installer. Beaucoup de citoyens ont fini par admettre que des fois « mieux vaut céder que de se faire un souci de plus… ».

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