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Nationale

l’austérité s’installe

l’austérité s’installe

La crise économique est bien là. Elle risque d’être plus difficile que prévu. La chute du prix du pétrole amorcée depuis plus d’un an a mis à genoux l’économie algérienne, qui tire l’essentiel de ses recettes des exportations des hydrocarbures.

Pour illustrer cette situation, le gouvernement décidé de geler des projets d’investissements publics, en raison de la baisse des cours du pétrole entraînant la plongée des réserves officielles de change de plus de 19 milliards de dollars durant seulement le premier trimestre 2015.

En effet, dans une note adressée par la Direction générale du Budget (DGB) à l’ensemble des services financiers concernés par les budgets et la trésorerie au niveau des ministères, des wilayas et des communes il est demandé de procéder au gel de tous les projets inscrits mais non encore lancés en réalisation.

L’instruction, émise en date du 25 juin dernier, porte également sur le gel de l’acquisition des équipements publics afin de réduire les importations et les dépenses publiques. La DGB précise dans la note en question qu’elle a été instruite par les services du Premier ministre et sans l’aval de ce dernier, aucune dépense ne sera tolérée sur les nouveaux projets d’investissement (réalisations ou acquisitions) et ce, dans le cadre de la rationalisation des dépenses publiques. 

Les cours de l’or noir ont d’ailleurs déjà fortement chuté, poussant les cours sous la barre des 57 dollars pour le Brent. Il est à rappeler que la Banque d’Algérie a annoncé, dans sa note sur les tendances financières et monétaires au premier trimestre 2015, que les réserves de change de l’Algérie ont enregistré une forte contraction, en s’établissant à 159,918 milliards de dollars à fin mars 2015 contre 178,938 MDS de dollars à fin décembre 2014. Les chantiers prioritaires du plan quinquennal –(2015-2019) seront en effet gelés ou simplement annulés.

Ainsi les nouveaux barrages, les stations de dessalement, les stations d’épuration, les stations de transfert, l’achèvement des lignes de métro d’Alger, l’aide à la mise à niveau de 20 000 PME, la création de nouvelles structures hôtelières et de complexes touristiques de haut standing, la création de cinq nouvelles villes en projet, à savoir Sidi-Abdellah, Boughezoul, Bouinan, El-Menaa et Hassi Messaoud et la première centrale nucléaire algérienne prévue pour 2025, seront remis aux calendes grecques.

Le président Bouteflika a lancé depuis les années 2000 un programme titanesque de grands travaux : 2,1 millions de logements, 4 500 kilomètres de routes, 2 200 kilomètres de voies ferrées, 17 barrages, 1 100 établissements scolaires, 300 hôpitaux, pour environ 300 milliards de dollars dépensés entre 2010 et 2013. Mais tout cela n’a pas suffi, car l’économie algérienne peine à décoller.

Le secteur industriel a été négligé durant une décennie. Une prise de conscience a eu lieu l’année dernière. Ces grands projets n’ont pas arrêté la désindustrialisation, accélérée depuis les années 1990. L’économie algérienne est déséquilibrée. Elle vit d’une demande alimentée par la rente pétrolière mais qui est satisfaite, en quasi-totalité, par les importations.
Le projet algérien de devenir la première puissance régionale a vécu.

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