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Nationale

L’attaque du Nord constantinois, «véritable détonateur»

L’attaque du Nord constantinois, «véritable détonateur»

Plusieurs opérations avaient été menées par les combattants dès la décision de mener la lutte armée, mais une parmi toutes aura eu le mérite d’avoir marqué un tournant décisif pour la suite : l’offensive du 20 août 1955 au nord de Constantine.

Au-delà de son aspect militaire, l’opération menée par Zighoud Youcef a eu un retentissement qui fera désormais parler de la cause nationale. Et influera sur la stratégie du combat mais aussi sur les décisions du gouvernement français.

La décision de déclencher la lutte armée, le premier novembre 1954, a mis le système colonial à rude épreuve. D’abord la diversification des actions des jeunes combattants a eu le mérite de mettre la police puis l’armée française dans une posture défensive, ensuite la participation des couches sociales déshéritées à une sorte de logistique rudimentaire presque improvisée conforta l’idée que la voie du combat pour la libération était le seul moyen pour se défaire du joug colonial.

Plusieurs attaques furent alors organisées aux quatre coins du pays avec l’aide de la population, par les révolutionnaires, notamment dans les Aurès et en haute Kabylie ; des attaques qui avaient pour cibles les casernes de l’armée et les postes de police. Plusieurs dizaines d’opérations déclencheront une réaction en chaîne la partie française. 

La révolution connaîtra un bond qualitatif après l’offensive du Nord constantinois. Cette attaque menée par feu Zighoud Youcef fut une véritable démonstration de force des éléments de l’Armée de libération nationale. Zigoud Youcef, alors responsable de la wilaya, avait réussi à ébranler l’armée qui fut contrainte de rappeler plusieurs contingents de soldats libérés.

ZIghoud Youcef avait huit mois plus tôt, le 18 janvier 1955, participé au côté de Didouche Mourad à une autre offensive non moins importante : la bataille d’Oued Boukerkar, au cours de laquelle tomba au champ d’honneur son compagnon Didouche mourad. Agé alors de 34 ans, Zighoud Youcef fut chargé par le Conseil national de la Révolution de diriger la wilaya II, ce qui lui permit de préparer et de mener l’offensive au nord de Constantine, qui, malheureusement, fera des centaines de morts.

L’opération marqua alors une étape que les historiens des deux rives qualifient de capitale pour la suite des événements. La répression de l’armée française avait alors débouché sur des crimes contre l’humanité. Une répression qui fera adhérer davantage la population rurale au combat désormais admis comme seul moyen de se libérer.

ZIghoud Youcef sera alors traqué et tombera à son tour en 1956, un mois et cinq jours après la tenue du congrès de la Soummam qui mit définitivement en place les structures organiques et politiques de la révolution du premier Novembre.

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