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Nationale

L’article de la discorde

L’article de la discorde

L’article 73 du projet de loi relatif au régime électoral, objet de grandes controverses à l’hémicycle, stipule que les partis qui ont moins de 5% des suffrages exprimés sont éliminés d’office et leurs voix versées au partis concurrents, selon un décompte précis.

Si cet article est voté tel quel, le FLN et le RND sortiront grands vainqueurs de cette joute parlementaire. En effet, étant classés respectivement 1er et 2e lors de tous les suffrages électoraux, ces deux partis auront automatiquement le report des voix des autres partis n’ayant pas obtenu les 5%.

Certains n’hésitent pas à dire que le gouvernement veut leur offrir un « cadeau » pour bons et loyaux services rendus à la nation. Cet article suscite déjà les pires appréhensions et même de grandes inquiétudes des petits partis de l’opposition et des grosses cylindrées.

Cet article, relatif à la répartition des sièges au Parlement en fonction des scores obtenus par chaque parti, a provoqué une ligne de fracture entre les partis dits du pouvoir FLN et RND, et ceux de l’opposition regroupée autour de huit formations auquel il faudrait ajouter le FFS, jusque-la silencieux et attentif.

L’article en question stipule que les partis qui ont moins de 5% des suffrages exprimés sont éliminés d’office et leurs voix versées au partis concurrents, selon un décompte précis. Preuve en est que ce texte de loi fait peur aux partis de l’opposition. Plus de quatre-vingt-seize (96) amendements ont été déposés sur le bureau de l’APN par la commission des affaires juridiques, administratives et des libertés.

Du jamais vu dans l’histoire du Parlement algérien ! En réalité ce sont plus d’une centaine d’amendements qui ont été déposés, mais 96 seulement ont été acceptés par le bureau de l’APN car « jugés recevables » indique un député du FFS.

D’un côté, les députés du groupe FLN appuient sans condition tous les articles du projet de loi.Pour les députés du FLN et du RND, l’article 73 faisant l’objet de polémique permettra de débarrasser la scène politique des « partis microscopiques » qui n’apparaissent que lors des rendez-vous électoraux.

Certains d’entre eux ont proposé de porter le taux requis à 10% au lieu de 4%, estimant que l’imposition d’un seuil minimum à la participation aux élections était en vigueur dans de nombreux pays. D’un autre, les partis de l’opposition ou ceux qui se rangent du côté des petites cylindrées ont tous dénoncé avec vigueur certains articles, jugeant ces derniers un « danger mortel » pour leur formation.

Les partis de l’opposition soupçonnent le FLN d’être derrière cet article pour se débarrasser des partis sans ancrage populaire. Le FFS est allé encore plus loin pour dénoncer une façon de « régenter administrativement la scène politique ».

Ce parti qualifie le débat autour du projet de loi électorale de « fuite en avant autoritaire dans l’aggravation de la crise nationale », et qualifie ce texte de « dangereux pour le multipartisme et la démocratie ».

Les députés du groupe Alliance Algérie verte (AAV), ont contesté le projet de loi car, selon eux, il s’agit d’un « recul indéniable des acquis démocratiques ». Pour le PJD, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un « recul des acquis politiques ». Le projet de loi devait être voté la nuit dernière mais en raison du nombre important des amendements proposés, le vote a été reporté à aujourd’hui

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