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Nationale

L’Armée reste légaliste

L’Armée reste légaliste

L’Armée nationale populaire lance un avertissement aux « parties » qui tentent « de semer le trouble et la division » avec leurs insinuations voulant faire croire à un malaise entre l’ANP et la présidence.

Elle affirme, en effet, que « dans un passé très proche, certaines voix, mues par des intérêts étroits et des calculs personnels, s’étaient élevées pour appeler ouvertement l’Armée à violer la Constitution et la loi afin qu’elles puissent réaliser ce qu’elles n’avaient pu obtenir par des voies constitutionnelles, légales et démocratiques », avant de rappeler le besoin d’une unité nationale solide. 

S’il n’est pas dans les habitudes de l’armée nationale de sortir de sa traditionnelle réserve ni de s’impliquer dans un conflit politique, la sortie récente via son commentaire signé de la rédaction, publié dans la revue mensuelle El Djeich en date du 16 novembre, dans lequel elle lance un avertissement aux « parties » non identifiées qui tentent « de semer le trouble et la division » est un événement rare qui appelle à une analyse froide et objective.

D’abord le fait est assez grave pour être lourdement souligné. L’ANP aurait-elle eu écho des « informations » faisant état d’une machination devant l’impliquer dans une basse manœuvre politique ?

Même si les tenants et les aboutissants de cette machination ne sont pas révélés, le commentaire en page 7 le suggère et montre du doigt leurs auteurs : « Dans un passé très proche, certaines voix, mues par des intérêts étroits et des calculs personnels, s’étaient élevées, pour appeler ouvertement l’Armée nationale populaire à violer la Constitution et la loi afin qu’elles puissent réaliser ce qu’elles n’avaient pu obtenir par des voies constitutionnelles, légales et démocratiques », est-il écrit.

Ce passage s’adresse plus particulièrement aux responsables de certains partis de l’opposition qui avaient appelé en 2012 à la destitution du chef de l’Etat en raison de son état de santé, à l’application de l’article 88 de la Constitution avant qu’elle ne soit amendée et que cet article n’apparaisse plus désormais. Or cette revendication n’apparaît plus dans le discours politique.

Pourquoi, dès lors, l’ANP la remet sur le tapis ? L’ANP semble en effet consciente que si cette revendication a été délaissée par ses partisans, une autre, tout aussi dangereuse que la première, est concoctée pour faire admettre qu’une lutte au sommet est engagé entre le chef de l’Etat et la hiérarchie militaire : « Aujourd’hui, après l’échec de ces tentatives désespérées, ces parties, habituées à pêcher en eaux troubles, ne s’embarrassent pas de laisser libre cours à leur imagination, à leurs élucubrations, à leurs interprétations et à leurs divagations en inventant des histoires de toutes pièces dont la finalité n’est autre que de vouloir porter atteinte à la crédibilité, à l’unité, à la discipline et l’engagement de l’ANP à accomplir ses missions constitutionnelles », poursuit la revue El Djeich qui met ainsi fin à cette campagne insidieuse et par la même occasion, réitère la position de l’ANP par rapport à ses missions professionnelles, à savoir son rôle majeur dans la préservation de la souveraineté nationale et de la sécurité de la patrie et des citoyens.

L’allusion de l’ANP est claire : des comptes rendus de presse ont fait état ces dernières semaines d’un mouvement constitué de personnalités politiques et militaires dans la perspective de la succession pour y favoriser leur candidat.

Le ou les rédacteurs du commentaire de la revue El Djeich, l’organe proche du commandement, avertit celles parmi les voix qui s’élèvent de temps à autre pour tenter de semer la zizanie et la discorde que l’ANP « continue d’accomplir ses missions constitutionnelles avec détermination, persévérance et dévouement, à l’effet de préserver la souveraineté nationale et l’inviolabilité du territoire » et se range derrière le chef de l’Etat qui demeure le commandant suprême des forces armées. 

La revue conclut en estimant que « l’Algérie a, aujourd’hui plus que jamais, besoin d’une unité nationale solide », mettant en exergue l’idée de « front interne » lancée par le président Bouteflika dans son message du premier Novembre dernier. 

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