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Nationale

L’Armée algérienne en passe de devenir une puissance régionale

L’Armée algérienne en passe de devenir une puissance régionale

Avions, missiles, blindés, sous-marins, la qualité et la modernité de ces équipements font aujourd’hui de l’Armée algérienne une puissance régionale dotée d’une force de frappe considérable.

Ces quinze dernières années, la liste des acquisitions et des programmes de modernisation de l’Armée nationale populaire (ANP) auprès de la Fédération de Russie est plutôt impressionnante : hélicoptères (MIL MI 28, MIL MI 26 et modernisation des MI 171), avions (SU 30, MIG 29M/M2 et modernisation des SU 24 et des MIG 29), défense aérienne (missiles S300 PMU2, systèmes de défense aérienne rapprochée Pantsir, systèmes antiaériens de courte et moyenne portée TOR-M2 et BUK-M2, radars anti-avions et missiles furtifs Rezonans-NE3), armée de terre (missiles balistiques Iskander E, chars T90, blindés antichars BMPT-72 Terminator-2, véhicules blindés Kornet EM et modernisation des transporteurs d’infanterie BMP), marine (sous-marin classe KILO 636 et modernisation des classes KILO 877EKM, corvettes Steregutchy, missiles de croisière Kalibr) et la liste est encore longue.

L’ANP est passée, en une décennie, d’une armée traditionnelle à une armée professionnelle puissante et moderne dont la force de frappe a considérablement augmenté. Ces quinze dernières années, l’Armée algérienne a multiplié les acquisitions militaires russes en y consacrant en moyenne un budget de 2,3 milliards d’euros par an. Engagé en douceur au début des années 2000, après une décennie de lutte contre le terrorisme islamiste, le programme de modernisation et de restructuration de l’Armée populaire nationale a radicalement changé le visage des forces militaires algériennes.

Elles sont aujourd’hui dotées d’équipements de dernière génération, acquis auprès de fournisseurs russes, chinois, allemands et français. Mais c’est le complexe militaro-industriel de Russie qui a participé le plus activement à leur modernisation. Après une absence de plus de dix ans, l’industrie militaire de la Fédération de Russie s’étant renouvelée au début des années 2000, l’Algérie a bénéficié de cette dynamique, devenant un client privilégié de l’agence Rosoboronexport.

Des contrats d’acquisition d’armement, notamment les avions de combat multi-rôles Sukhoï SU 30 MKA et les avions d’entraînement YAK 130 ont été signés. Cette nouvelle coopération a permis la modernisation d’autres équipements, notamment les bombardiers Sukhoï SU 24. Pour l’année 2021, l’enveloppe financière sera de 1 230 milliards de dinars (8 milliards d’euros). En misant un tiers de son budget annuel de défense sur les achats de matériels militaires russes, l’ANP se classe, et ce depuis dix ans, dans le top 3 des clients de Rosoboronexport.

L’Algérie, seul pays de la Méditerranée à posséder des avions furtifs de 5e génération
Pourtant, cette coopération avait plutôt mal commencé à cause de l’affaire des MIG 29SMT. En 2007, le commandement des forces aériennes avait commandé une trentaine de chasseurs qui s’étaient révélés, à la réception, être des appareils d’occasion maquillés en neufs.

Les deux parties ont néanmoins fini par tourner la page de ce scandale et sont reparties sur de bonnes bases. Andrey Frolov, spécialiste en armement expert auprès du Russian International Affairs Council (RIAC), estime qu’il y a une spécificité algérienne. «L’Algérie acquiert des équipements russes de qualité, modernes, les plus chers, en grande quantité et paie cash», dit-il à Sputnik. «Les équipements russes acquis par l’Algérie confèrent à son armée une puissance considérable. Nous pouvons même dire que c’est aujourd’hui une puissance régionale», poursuit Andrey Frolov.

Ce dernier estime que «les achats algériens stabilisent les exportations militaires russes et participent à l’effort de recherche et de développement de son industrie militaire». Il reconnaît que l’armée algérienne est très exigeante et, de ce fait ses partenaires russes lui offrent la possibilité d’intégrer des systèmes technologiques occidentaux pour augmenter la puissance et la fiabilité de leurs armes. «Cette mise en synergie, nous pouvons le constater dans les chars T90 qui sont équipés de caméras thermiques fournies par le français Thales», assure Andrey Frolov.

Les Sukhoï SU 30 sont, eux aussi, dotés d’une avionique du groupe français. Dans une émission produite par son service de communication diffusée le 14 novembre dernier par la télévision publique, le ministère de la Défense a montré, entre autres, des images du missile balistique de grande précision Iskander E, d’une portée de 300 kilomètres. Mais c’est surtout un passage sur la notion de «frontières sécuritaires» qu’il faut retenir.

Un message clair destiné aux voisins marocain et libyen ainsi qu’aux groupes terroristes qui activent au Sahel. D’autant que l’armée algérienne est en train de renforcer sa puissance de feu avec l’achat de 14 chasseurs bombardiers Sukhoï SU 57. Dès leur livraison en 2025, l’Algérie deviendra le premier Etat d’Afrique et l’un des seuls pays du Bassin méditerranéen à posséder des avions furtifs de 5e génération. Ce contrat de 2 milliards de dollars est une nouvelle preuve du haut niveau de coopération militaire entre la Russie et l’Algérie.

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