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Nationale

L’après-BAC à Ghardaïa, quels débouchés et pour qui ?

L’après-BAC à Ghardaïa, quels débouchés et pour qui ?

Les résultats du baccalauréat ne sont pas le seul casse-tête auquel font face les élèves et leurs parents. Au-delà de l’attente de réussite ou d’échec, les moyennes obtenues seront un facteur déterminant pour l’avenir des nouveaux bacheliers, notamment ceux des filières scientifiques et techniques.

Cette année la wilaya de Ghardaïa, en dépit des huit établissements privés qui ont accaparé les premières places avec un taux variant entre 75 et 99 %, est classée 42e à l’échelle nationale pour un taux de réussite de 44,03 % seulement. Un taux inquiétant, en nette dégringolade d’année en année, résultat d’une direction d’éducation très mal en point.

Quel que soit le point de départ de la préparation, l’attente du résultat, assortie d’une bonne moyenne, reflète l’importance du franchissement de ce cap, dans le parcours académique du jeune Ghardaoui. Chacun des bacheliers a déposé sa candidature auprès de plusieurs universités et instituts supérieurs nationaux, une fois les concours de passage passés. Car oui, la réussite est importante mais pas suffisante, lorsqu’on se prépare à entamer de bonnes études susceptibles de lancer le jeune diplômé sur une rampe de décollage académique, favorisant une bonne entame de carrière. C’est le cas notamment de jeune Walid, qui se plaint : « Avec une moyenne de 14.80, je vois tous mes rêves s’écrouler ; jamais je ne serai admis en médecine que j’espérais »…

« C’est injuste de se retrouver avec des notes insuffisantes dans les matières que tu as le mieux maîtrisées… » Pour un jeune bachelier, dont la famille ne possède pas un budget conséquent lui permettant d’intégrer une école supérieure, la moyenne générale représente l’unique atout pour pouvoir rejoindre ladite école. D’autres optent pour les classes préparatoires ou pour un brevet de technicien supérieur (BTS), facilitant l’accès rapide à un emploi après les études, au bout d’un cursus de 6 semestres.

— -Des moyennes qui changent L’autre débouché pour les nouveaux bacheliers reste les écoles publiques. Celles-ci ont, pour la plupart, instauré des concours d’accès ou des standards de notes, permettant la présélection des étudiants qui formeront leurs effectifs. « Je ne fais pas de distinction quand je remplis les formulaires de préinscription », nous explique Wafa. Plutôt que de m’imposer des filières en fonction de ma moyenne obtenue au bac, je préfère envoyer ma candidature à toutes les bonnes écoles, puis quand je passerai les concours d’admission, je pourrai faire mon choix tranquillement. Ainsi, l’exemple de Mohamed est très récurrent, car les bacheliers préfèrent mettre toutes les chances de leur côté et ainsi, éviter la tant redoutée faculté, dont tout le monde n’a cessé de faire un portrait sombre, au fil des années. Prétextant le nombre « énorme » d’étudiants, défavorisant un apprentissage adéquat, ou encore évoquant le manque de rigueur, surtout lié à l’assiduité, pour laquelle les lycéens sont notés, mais pas les étudiants universitaires. Des aspects que le ministère s’est efforcé de bannir, depuis la mise en route de la réforme du cycle supérieur, entamée il y a déjà quelques années.

Devant cette unanimité du plébiscite faite aux écoles de médecine, plusieurs bacheliers préfèrent se tourner vers ces dernières, car désignées comme le meilleur débouché et un excellent tremplin pour l’avenir. Ainsi, de nombreux établissements publics font, pendant les semaines qui suivent l’annonce des résultats du bac, l’objet de convoitise des bacheliers les mieux notés. Ces derniers devront présenter un infaillible relevé de

notes, par exemple, pour intégrer l’ENA (École nationale d’administration), que l’on ne trouve pas sur la liste des écoles et universités présentées par le ministère de l’Enseignement supérieur ; il faudra malheureusement connaître une personnalité pour y accéder, tout en obtenant une note au bac, égale ou supérieure à 15/20. Ensuite, il s’agira aussi de faire ses preuves pendant les concours d’admission.

—Les filières des privilégiées

Les écoles de commerce restent aussi prisées, car les formations qu’elles proposent sont plus adaptées au milieu professionnel. Mais pour y accéder, il faut également, en plus du concours, avoir obtenu une moyenne générale comprise entre 13 et 15, et souvent les interventions ne manquent pas tant elles sont ciblées par les enfants des privilégiés. Ainsi, les écoles nationales de commerce requièrent une mention « assez bien à bien », c’est-à-dire dans la fourchette des moyennes précitées. Car devant tant de candidats, les écoles de commerce sont sélectives, et quelques centaines seulement réussiront à les intégrer. Les établissements du même nom, présents dans plusieurs villes notamment Blida, Oran, Constantine, Annaba ou encore Sétif. La polythèque des ingénieurs d’El-Harrach pour sa part, n’est accessible qu’aux étudiants ayant réussi au bac avec une moyenne générale de réussite supérieure ou égale à 15/20 ; ils devront également réussir un concours d’admission à cette école. Au bout du cursus, ces étudiants obtiennent leurs diplômes d’ingénieurs et intègrent, sans surprise, le milieu professionnel avec un poste de cadre.

A Ghardaïa comme dans plusieurs villes du Sud, la formation professionnelle reste également prisée par les jeunes bacheliers issus des familles défavorisées financièrement, ou qui ne désirent pas de quitter leur wilaya. Car il est vrai que débouchant directement sur la vie professionnelle la formation, pour obtenir un diplôme de technicien spécialisé, nécessite une durée de deux ans seulement. Ces techniciens spécialisés sont très convoités par les entreprises étatiques ou semi-publiques, car ils ont accumulé une certaine expérience grâce à un apprentissage, en partie par des stages professionnels, des fois en alternance avec la formation théorique. Une fois le diplôme en poche et installés dans le milieu professionnel, les lauréats peuvent continuer la formation en suivant des cours du soir qui leur permettront de parfaire les diplômes dont ils disposent, et ainsi monter dans la hiérarchie de l’entreprise. Autant dire que les nouveaux bacheliers, bien orientés, doivent mettre leurs facultés intellectuelles au service de la formation académique afin que l’obtention du baccalauréat ne soit pas une fin en soi, mais un bon départ.

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