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Op-Ed

L’approximation contre-productive

Dans Wikipédia une approximation est définie comme « une représentation imprécise ayant toutefois un lien étroit avec la quantité ou l’objet qu’elle reflète ». Dans le domaine de la communication, elle se traduit par l’absence ou l’omission, volontaire ou involontaire, d’une partie de l’information nécessaire, permettant une analyse rigoureuse et complète d’un sujet ou un événement.

En l’absence d’une telle approche, cela conduit inévitablement à d’évidentes contre-vérités qu’on pourrait même qualifier de désinformations et dont les conséquences s’avèrent généralement néfastes pour l’opinion publique.

La récente polémique médiatique autour des marchandises agricoles algériennes refoulées dans des ports étrangers pour non-respect des normes en vigueur, constitue un cas d’éspèce  illustrant la portée de ce phénomène devenu, hélas, une « culture » en Algérie.
Une déclaration, très peu détaillée d’un responsable d’une association a permis d’ouvrir la voie vers un débat très approximatif sur une question économique capitale, qui plus est, concerne notre santé.

Car qui prend la peine aujourd’hui de jauger et vérifier la fiabilité des informations divulguées ? Avons-nous des données exactes émanant d’organismes ou institutions habilités à le faire pour construire un travail consciencieux ? Faut-il en l’absence d’une communication institutionnelle suffisante, se limitant dans ce cas-là, à des contre-déclarations, s’engager dans un survol rapide et superficiel d’un sujet nécessitant au minimum des données chiffrées ? C’est malheureusement le cas.
Nous assistons impuissants à la généralisation de cette culture de l’approximatif qui prend ses distances avec les chiffres et les statistiques pour verser dans le diktat de la spéculation où tout le monde à tort et tout le monde a raison.
Vous jetez un caillou dans la mer, la nébulosité des réseaux sociaux le transforme en pavé dans la mare. Les médias en quête d’information emboîtent le pas, lui donne une certaine dimension et voilà que tout un secteur est pointé du doigt, au moment où il réalise, en dépit de toutes les difficultés, d’importants résultats et commence à conquérir, les marchés internationaux. Un communiqué de la Chambre nationale d’agriculture estime pour sa part qu’il s’agit d’“Une Campagne sans précédent de déstabilisation du monde agricole, notamment sa composante de producteurs, accusant à tort ces derniers d’utilisation abusive de pesticides”

La Chambre a ajouté dans son communiqué qu’on assiste “à une dynamique sans précédent d’exportation d’un volume de 45 000 tonnes de différents produits agricoles durant le 1er trimestre de l’année en cours”.

Or et malgré toutes les bonnes intentions des commentateurs, soucieux de la santé du consommateur algérien, il est loin d’être approximatif de dire que les grands bénéficiaires de cette polémique sont ceux-là mêmes qui voient leurs intérêts menacés à terme par la production nationale jadis qualifiée de “grenier de Rome”.

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