L’appel à en finir avec le «terrorisme routier»
Quelques heures ont suffi pour raviver une blessure que l’Algérie peine à refermer. Le dramatique accident de bus survenu vendredi à Boumerdès, qui a coûté la vie à 28 personnes et fait 36 blessés, remet brutalement sur le devant de la scène le fléau du « terrorisme routier ».
Une tragédie de trop qui relance avec force le débat sur les insuffisances de la sécurité routière et ravive les appels à une réforme profonde. Face à cette nouvelle hécatombe, l’association nationale El-Aman pour la protection des consommateurs plaide pour une refonte globale de la stratégie nationale, estimant que seule une réponse structurelle permettra d’enrayer un phénomène devenu une véritable urgence nationale.
Dans ce sens, l’association nationale El-Aman appelle à une mobilisation générale contre ce qu’elle qualifie de « terrorisme routier ». Dans un communiqué, l’organisation estime que les accidents de la circulation constituent désormais une véritable urgence nationale, tant par leur coût humain que par leurs lourdes conséquences sociales et économiques.
L’association déplore une « hémorragie humaine permanente » qui endeuille chaque année des milliers de familles algériennes. « Chaque jour, des dizaines de vies sont fauchées sur les routes, laissant derrière elles des familles brisées et un tissu social fragilisé », souligne-t-elle, tout en appelant à dépasser les mesures ponctuelles pour engager une politique durable en matière de sécurité routière.
Si El-Aman reconnaît les efforts consentis ces dernières années par les pouvoirs publics, notamment à travers le renforcement des contrôles, l’installation de radars, les campagnes de sensibilisation et les révisions du Code de la route, elle estime que ces dispositifs demeurent insuffisants face à l’ampleur du phénomène. L’association rappelle que plusieurs pays sont parvenus à réduire significativement la mortalité routière grâce à des stratégies globales associant recherche scientifique, prévention, modernisation des infrastructures et implication de la société civile.
Pour inverser durablement la tendance, El-Aman propose un plan d’action articulé autour de dix axes. La première priorité porte sur l’éducation routière. L’association recommande son intégration dans les programmes scolaires dès le cycle primaire afin d’ancrer les règles de sécurité dès le plus jeune âge. Elle préconise également des campagnes de sensibilisation permanentes mobilisant les médias, les établissements scolaires, les mosquées, les associations, les sportifs, les artistes et les créateurs de contenus sur les réseaux sociaux.
Le deuxième axe vise la réforme des auto-écoles et de la formation à la conduite. El-Aman plaide pour des programmes pédagogiques modernisés, des examens plus exigeants ainsi que l’instauration d’une formation continue obligatoire pour les conducteurs professionnels de bus, de camions et de taxis.
L’association propose, dans un troisième volet, la création d’une autorité nationale indépendante chargée de coordonner la politique de sécurité routière, ainsi que d’un observatoire spécialisé chargé de produire des statistiques fiables et d’évaluer les politiques publiques.
Un audit pour corriger les failles du réseau
Le quatrième axe concerne les infrastructures routières. El-Aman recommande un audit indépendant du réseau national afin d’identifier les insuffisances en matière d’entretien, de signalisation et de conception. Elle préconise également la sécurisation des points noirs par l’installation de radars fixes, de caméras de surveillance et d’un éclairage adapté, ainsi que la création d’aires de repos destinées aux chauffeurs de poids lourds et de transport de voyageurs.
Le quatrième axe concerne les infrastructures routières. El-Aman recommande un audit indépendant du réseau national afin d’identifier les insuffisances en matière d’entretien, de signalisation et de conception. Elle préconise également la sécurisation des points noirs par l’installation de radars fixes, de caméras de surveillance et d’un éclairage adapté, ainsi que la création d’aires de repos destinées aux chauffeurs de poids lourds et de transport de voyageurs.
Le quatrième axe concerne les infrastructures routières. El-Aman recommande un audit indépendant du réseau national afin d’identifier les insuffisances en matière d’entretien, de signalisation et de conception. Elle préconise également la sécurisation des points noirs par l’installation de radars fixes, de caméras de surveillance et d’un éclairage adapté, ainsi que la création d’aires de repos destinées aux chauffeurs de poids lourds et de transport de voyageurs.
La modernisation du parc automobile constitue le cinquième axe. L’association appelle au renouvellement progressif des véhicules, à la lutte contre les pièces détachées contrefaites et à l’obligation d’équiper les bus et les camions de dispositifs électroniques permettant de contrôler la vitesse et le temps de conduite.
Le sixième volet met l’accent sur le suivi des conducteurs professionnels. El-Aman recommande des examens médicaux et psychologiques périodiques afin de vérifier leur aptitude à exercer, tout en plaidant pour un meilleur encadrement du transport public à travers des sociétés ou des coopératives agréées et un contrôle renforcé dans les gares routières.
L’association fait également des nouvelles technologies un levier essentiel de prévention. Elle propose le déploiement de systèmes intelligents de gestion du trafic, de caméras connectées, de radars automatiques, d’une application nationale permettant aux citoyens de signaler les comportements dangereux, ainsi que le recours au GPS pour assurer le suivi en temps réel des bus et des camions.
Sur le plan juridique, El-Aman réclame une révision du Code de la route, avec un durcissement des sanctions contre les excès de vitesse, la conduite sous l’emprise de l’alcool ou en état de fatigue. Elle préconise également le retrait définitif du permis en cas de récidive grave et conditionne le renouvellement des permis professionnels au suivi régulier de formations.
Enfin, l’association recommande la publication annuelle d’un rapport national sur la sécurité routière, associant les universités et la société civile à l’évaluation des politiques publiques. Elle plaide également pour une diversification des modes de transport, à travers le développement du rail, du transport maritime et du transport aérien intérieur, afin de réduire la pression exercée sur le réseau routier.
L’association El-Aman estime que chaque accident rappelle l’urgence d’une réforme globale garantissant aux citoyens un transport plus sûr. Elle appelle ainsi à une volonté politique forte pour mettre un terme à une hécatombe qui continue de faire de nombreuses victimes sur les routes algériennes.