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Nationale

L’APOCE lance une campagne contre «la mafia de la semoule»

L’APOCE lance une campagne contre «la mafia de la semoule»

Bien qu’ils soient subventionnés, les prix de la semoule ont connu une augmentation scandaleuse depuis le 1er janvier 2017, et ce à travers plusieurs wilayas du pays. L’Association de défense des droits des consommateurs et son environnement (APOCE) lance, dès le 1er février, une campagne contre « la mafia de la semoule ».

La campagne sera lancée sous forme de requêtes et de plaintes, destinées aux directions du commerce à travers le territoire national, contre les commerçants qui vendent de la semoule plus cher que le prix réglementé, a indiqué Mustapha Zebdi, président de cette association, lors d’une conférence de presse organisée hier à El Moudjahid.

« A travers notre campagne nous visons à protéger les consommateurs contre toute spéculation et à permettre aux autorités concernées d’enquêter sur ça », a-t-il souligné. Selon lui, les prix de détail pratiqués sur le terrain s’éloignent de ceux fixés par le décret exécutif 402-07 du 25 décembre 2007.

 En effet, selon la qualité du produit, le prix d’un sac de semoule de 25 kg est fixé entre 950 et 1 000 dinars. Ce dernier est revendu par certains commerçants à 1 450 DA, ce qui représente, selon M. Zebdi, une augmentation de près de 60 %.

« Les prix de toutes les marques de semoule vendues par le privé ont augmenté à hauteur de 60 %, excepté celles qui font partie des minoteries de l’Etat », a indiqué notre interlocuteur. Et d’ajouter : « Cela nous a poussés à dénoncer ces pratiques en lançant cette campagne.

Nous avons choisi la semoule, qui est notamment un produit de large consommation mais aussi réglementé, pour qu’aucun opérateur économique ne puisse nous contrarier ». M. Zebdi, qui n’a pas caché sa colère contre ces opérateurs économiques qui ne font que bénéficier de cette subvention, a lancé un appel aux commerçants de détail pour ne plus acheter de la semoule vendue à des prix qui ne sont pas réglementés.

« Que les prix des produits secondaires comme la banane soient excessifs est compréhensible, mais quand il s’agit de produits de large consommation comme la semoule, cela est inacceptable », s’indigne M. Zebdi.

Ce dernier a fait savoir que son association a donné un délai de trois semaines à ces commerçants pour épuiser leurs stocks de semoule déjà achetée à des prix beaucoup plus cher que le prix réglementé, et ce avant le 1er février, date du lancement de la campagne. 

Pour illustrer ses dires, M. Zebdi a révélé que pour assurer une vie digne aux citoyens, l’Etat dépense 1,8 milliard de dollars pour la subvention des céréales. « C’est une subvention énorme que l’Etat accorde au profit des citoyens. Mais malheureusement, le bénéfice revient aux opérateurs économiques dont la marge de bénéfice est énorme », regrette le président de l’APOCE. 

A titre d’exemple, M. Zebdi a fait savoir que le blé dur est acheté par l’Etat à 4 500 DA le quintal pour être vendu par la suite aux minoteries à 2 500 DA. « Certaines minoteries malhonnêtes en profite et revendent à des prix excessifs, mais c’est fait de manière tellement professionnelle qu’il est difficile de remonter la chaîne. Sur les factures, ils ne laissent aucune trace », a souligné notre interlocuteur.

Par ailleurs, l’APOCE a donc fait appel au ministère du Commerce pour une réelle collaboration en vue de mettre fin à ces spéculateurs de la semoule. L’APOCE a proposé plusieurs solutions dont la révision du décret 07/492, qui ne parle que de la semoule conditionnée dans des sacs de 25 kg et n’évoque pas celle de 1 kg.

Le président de l’APOCE n’a pas manqué d’exprimer son souhait de voir tout le monde s’impliquer campagne afin de garantir sa réussite et mettre fin aux pratiques des opérateurs économiques qui ne font que doubler, voire tripler, leur bénéfices sur le dos du simple citoyens.

A cet effet, M. Zebdi s’est félicité que nombre d’associations ont adhéré à la campagne, notamment l’UGCAA et l’association nationale des commerçants algériens, dirigée par M. Boulenouar. 

M. Zebdi a tenu à noter qu’un numéro court (33-11) sera également fonctionnel à partir du 1er février pour permettre aux citoyens et aux commerçants de dénoncer ces pratiques. « Ce numéro concerne tous les opérateurs de téléphonie mobile », signale M. Zebdi. 

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