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Nationale

L’APN et la crise : Un Parlement sourd et muet

L’APN et la crise : Un Parlement sourd et muet

Alors que le gouvernement déclare officiellement la guerre à la crise économique et annonce une batterie de mesures d’austérité pour faire face à la chute vertigineuse des recettes pétrolières et que le président lui-même ne cache plus la gravité de la situation, notre auguste Assemblée populaire nationale joue soit l’autruche, soit l’ignare.

Depuis presque un mois, les médias comme nos ministres ou nos hommes politiques ne cessent de faire référence à la crise, à la dégringolade des cours du brut, aux premières mesures de rigueur prises par le Premier ministre Sellal.

Le plus surprenant, cette APN est restée sourde et muette, handicapée par on ne sait quel travers, alors que ses prérogatives, mêmes minimes, lui attribuaient des possibilités de réactions promptes et rapides, pour acculer ou pour défendre le gouvernement dans le lancement d’une nouvelle politique économique d’austérité ou de rigueur budgétaire. Cette APN est restée loin du champs de bataille, autiste et complètement hors-jeu du débat national.

Pourtant, parmi les mesures les plus stratégiques et qui ont des incidences directes sur la gestion économique et sociale du pays, prises par Sellal, est le blocage des recrutements dans le secteur de la Fonction publique, le gel officieux des augmentations ou revalorisations des salaires, comme déclaré par le Premier ministre lors de sa visite récente à la Foire d’Alger, ainsi que l’arrêt de plusieurs projets (autoroutiers et ferroviaires) d’infrastructures dans les Hauts Plateaux, ce qui devrait inciter nos honorables députés à réagir et à formuler soit des réserves, soit de nouvelles options de lutte contre le gaspillage et le contrôle des deniers publics ou la préservation des ressources nationales. 

Tout le monde sait que la fameuse instruction de Sellal, adressée aux ministres et walis, est déjà un vrai programme, une feuille de route, qu’il convient d’abord à cette APN de la discuter, de la débattre et de le soutenir, s’il le faut.

Car, Sellal, en personne, l’a affirmé tout dernièrement, que son gouvernement a besoin d’aide et de solidarité dans sa nouvelle bataille contre la crise.

Du moment que le « parlement » reste cloîtré dans ses limites procédurières, ses faiblesses politiques et même morales et éthiques ( récemment, des députés ont demandé des hausses de pensions et l’octroi d’avantages pécuniaires et financiers), qu’il vient de démontrer à ses propres détracteurs qu’il n’est qu’une simple caisse de résonance, qu’il n’est qu’une institution inutile et budgétivore et qu’il faudra, pour en gagner quelques centaines de milliards par an, qu’il mérite la dissolution.

Les appels de l’opposition pour le mettre « out » semblent avoir eu de l’effet, d’autant que même l’exécutif ou le gouvernement choisi par Bouteflika n’a pas eu politiquement le soutien avéré et attendu d’une APN, censée défendre le programme du président la République ou ses propres décisions de lutte contre la crise.

Une APN cadavérique, sans âme, ignares des vrais enjeux politico-économiques du pays, n’a pas le moindre réflexe, la moindre petite réaction aux mesures officielles du gouvernement Sellal. Une APN qui ne pond même pas, à travers son bureau, un communiqué, alors que Bouteflika, leur chef suprême, convoquait ses principaux ministres pour un Conseil restreint et urgent.

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