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Op-Ed

L’ANP, cible de tous les complots

Que reste-t-il à l’Etat national comme rempart contre la subversion ? Les politiques et les partis qui leur donnent leurs noms ? Les institutions de l’Etat, ternies par les pratiques de ceux qui les ont dirigées un long moment sous l’ère Bouteflika ? L’Algérie, sans porte-voix politique qui puisse légitimement s’adresser aux Algériennes et Algériens et être un interlocuteur crédible à l’international, n’a plus que son armée pour tenir face à la guerre que lui livrent les agitateurs de l’extérieur qu’agitent, à leur tour, des marionnettistes occultes.

Le chef d’Etat-major, Ahmed Gaïd Salah l’avait compris, lui qui avait commencé, dès le départ du hirak, à faire le ménage dans les cercles de l’autorité militaire alors encore « habitée », dans de hauts postes de responsabilité, par des officiers qui traînaient d’énormes casseroles dans des affaires de corruption. Il était important, dans le cadre de cette approche de « nettoyage » de préserver l’ANP en la débarrassant de tous ceux qui pouvaient salir sa réputation, par leurs méfaits, à un moment où cette institution, habituée à rester dans ses retranchements, est obligée de descendre dans l’arène pour arbitrer des situations politiques et accompagner le mouvement citoyen du hirak populaire.
Dès sa première sortie, et les garanties qu’elle offrait au hirak, dont elle soulignait le caractère citoyen et pacifique, l’armée algérienne ne pouvait qu’accompagner cette dynamique. Elle devenait un acteur essentiel, avec le peuple, en veillant, surtout, à assurer un retour à la vie constitutionnelle avec des élections propres et transparentes que le peuple algérien adopterait et protégerait.
La perméabilité du hirak populaire, par la force des choses et par sa nature hétérogène même, devait favoriser des manipulations et une perversion de l’esprit de ce mouvement au point de le rendre inopérant du point de vue politique, stérilisant ainsi sa capacité à produire une alternative politique inclusive acceptable, et le dirigeant vers la logique de l’impasse et de la confrontation avec son meilleur et son premier partenaire dans le changement : l’Armée nationale populaire – ANP.
Les concepteurs-rédacteurs, nervis des commanditaires occultes de cette stratégie de l’extrême qui poussent au pourrissement en rejetant l’élection présidentielle comme point d’entrée dans le processus de sortie de crise, ont commencé alors à comploter, œuvrant dans le sens de la rupture entre les populations du hirak et leur protecteur institutionnel, à savoir, encore une fois, l’ANP.
Les comploteurs qui ciblent essentiellement la déstabilisation de l’Algérie, Etat-national qui a longtemps fait l’objet de manœuvres de destruction et de subversion du fait de ses positions souverainistes à l’encontre de toutes les géostratégies hégémonistes, savent que c’est en mettant dans un face-à-face ingérable et insoutenable le peuple algérien et son armée, qu’il est possible de battre en brèche les remparts de cette institution qui résiste depuis des décennies aux assauts de toutes sortes, car c’est du peuple qu’elle a toujours détenu sa force et sa légitimité institutionnelle.
Les assauts, on l’a vu, sont très violents et incessants et la manœuvre du bélier imaginée par les assaillants et leurs inspirateurs, porte ses estocades fulgurantes avec l’espoir de voir céder enfin ce rempart. Sur le terrain digital, des armées de subversion se relaient, dont le plus gros des troupes depuis l’étranger, pour avoir raison de tout ce qui continue encore de résister à cet assaut inouï, ou sur le terrain de la réalité où des meneurs excitent les foules et se retirent après avoir instillé, dans des slogans subversifs, le poison de la discorde.
Mais il semble, à l’approche des élections, et en dépit des appels aux grèves, à la désobéissance civile et aux actions de violence contre les électeurs, que l’idée d’une élection présidentielle, qui permette d’instaurer un climat propice enfin à la réparation de ce qui a été bafoué par l’ancien régime, ait fait largement son chemin parmi les Algériennes et les Algériens, de plus en plus nombreux à avoir compris que ceux qui ont l’air de les défendre de l’extérieur et ceux qui plaident leurs causes libertaires depuis des forums institutionnels occidentaux, sont ceux-là mêmes qui ont fermé les yeux sur la destruction de la Libye, sur le massacre des Palestiniens, sur la déstabilisation des pays arabes et sur tant d’autres méfaits, et qu’ils sont prêts à fermer les yeux, comme ils l’ont fait sous l’ère Bouteflika, sur toutes les pratiques qui profitent à leurs intérêts même quand elles appauvrissent et tuent des Algériens.
Ceux toujours qui agitent l’épouvantail de l’armée, sont ceux-là mêmes qui veulent dévier l’institution militaire de ses missions constitutionnelles afin de l’empêcher de se consacrer entièrement à la défense de l’intégrité territoriale de l’Algérie et de faire face aux menaces qui pèsent sur le pays à ses frontières.
Cette logique est parvenue aujourd’hui à un niveau de lisibilité extrême au point de n’échapper qu’à ceux qui ne veulent pas voir, dont la majorité des Algériens, désormais, ne font plus partie.

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