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Nationale

L’ANIE veut une campagne électorale propre

L’ANIE veut une campagne électorale propre

A deux jours du début officiel de la campagne électorale qui s’annonce sous de mauvais auspices, les candidats ont fait connaître leurs premiers décampements. Ainsi, Ali Benflis a choisi de lancer sa campagne à partir de Tlemcen le matin et Tamanrasset l’après-midi, Bengrina a opté pour Alger, alors que Tebboune et Bélaids ont préféré le grand Sud (Tindouf) pour leur marathon électoral. Les cinq candidats devraient se retrouver samedi prochain et non jeudi, comme annoncé précédemment, au siège de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) pour signer une charte d’éthique qui doit baliser leurs actions et leurs discours pour « une campagne propre, qui sera à la hauteur de l’enjeu de la présidentielle ». Ainsi, la charte interdit toute insulte, toute invective et toute accusation ou insinuation de la part des cinq candidats, tenus à un respect mutuel lors de la conduite de leurs meetings électoraux. Ils doivent aussi jurer sur l’honneur de ne pas avoir recours à l’argent sale tout au long de la campagne, et de s’engager à assurer une transparence et une traçabilité totales de leurs sources de financement.

Les moyens de l’Etat, notamment les véhicules, les structures administratives et hôtelières, une pratique en usage du temps de l’ancien régime, sont bannis par l’ANIE qui tient à la stricte neutralité de l’Etat et de ses institutions entre les candidats qui doivent payer de leur poche, en attendant de se faire rembourser, selon ce que prévoit la loi. Autre recommandation : l’usage exclusif des deux langues officielles du pays, à savoir l’arabe et l’amazigh lors des meetings, expressions médiatiques et autres supports de « propagande » électorale. Tout discours à caractère raciste ou régionaliste est banni par l’ANIE qui défend un « discours fédérateur » qui doit respecter l’unité nationale, les constantes identitaires de la nation et le respect aussi des institutions de l’Etat. L’ANIE rappelle aussi dans son document que les lieux de culte comme les mosquées, les zaouïas ainsi que les structures relevant du ministère de l’Education doivent rester neutres.

Autant de balises éthiques voulues par les responsables de l’ANIE, qui demandent aux cinq candidats de « provoquer un sursaut » au sein du peuple « pour sortir l’Algérie de l’impasse politique actuelle ». La charte d’éthique des pratiques électorales, qui expose les principes directeurs et les pratiques particulières qui forment le cadre du comportement moral attendu des acteurs et personnes participant au processus électoral sera signée dans la matinée de samedi par les cinq candidats et dans l’après-midi par les directeurs des médias publics et privés. Le tirage au sort pour la répartition du temps de parole des candidats ou de leurs délégués dans les différents médias durant la campagne électorale a lieu aujourd’hui. Le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, donnera, le jour même, le coup d’envoi des séances d’enregistrement en direct dans les studios de la radio nationale et de la télévision algérienne au Club des Pins.

Enfin, cette présidentielle sera organisée en l’absence d’observateurs internationaux et de journalistes étrangers, contrairement aux précédentes, qui ont vu la présence d’observateurs de l’UE, de l’UA, de la Ligue arabe et des journalistes du monde entier, une première depuis de nombreuses années.

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