Lancement de la carte Chifa pour les plus démunis : Près de 1 000 médicaments pris en charge à 100 %
En application du programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui consacre la dimension sociale de l’Etat, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a présidé ce lundi, en compagnie du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saïhi, la cérémonie officielle de lancement de la carte électronique destinée aux personnes démunies non assurées socialement, leur permettant d’accéder gratuitement aux médicaments.
Mme Mouloudji a déclaré, lors de son allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie du lancement de la carte destinée aux plus démunis, que « cette initiative majeure vient couronner un processus de coordination gouvernementale et un travail approfondi, tant sur le plan réglementaire que procédural, en application du décret exécutif n° 24-287 fixant les modalités de prise en charge médicale des personnes démunies non couvertes par la sécurité sociale, notamment celles atteintes de maladies chroniques ainsi que leurs enfants mineurs à charge ».
La ministre a précisé qu’une décision ministérielle conjointe, signée entre les ministères de la Solidarité nationale, du Travail, de la Santé et des Finances, définit les modalités d’organisation et de fonctionnement des commissions de wilaya chargées d’examiner les demandes de prise en charge des médicaments au profit des personnes démunies non assurées socialement.
Elle a également fait savoir qu’une seconde décision conjointe fixe la liste des médicaments concernés, laquelle comprend près de 1 000 références pharmaceutiques, médicamenteuses, se déclinant en près de 5 000 marques commerciales, couvrant ainsi la quasi-totalité des besoins thérapeutiques entièrement prises en charge par l’Etat à hauteur de 100 %, sans limitation liée au nombre ou au montant des ordonnances médicales.
Soutenant que « cette gratuité totale constitue un engagement ferme de l’Etat, avec un mécanisme de contrôle et de suivi assuré par les services de la Caisse nationale des assurances sociales », elle a ajouté que « cette carte contribuera à la gouvernance de la prise en charge, à la traçabilité des prestations et à une application rigoureuse, transparente et équitable du dispositif ». Elle a mis en avant « l’esprit de coopération institutionnelle et de complémentarité sectorielle qui a marqué la réalisation de ce projet ».
Décision souveraine au service de la dignité du citoyen
Prenant la parole à son tour, M. Saïhi a qualifié l’initiative de cette carte pour les plus démunis de « décision souveraine traduisant une volonté politique claire de placer l’être humain au cœur des politiques publiques ». Il a souligné que « le droit à la santé, au traitement et au médicament est un droit constitutionnel garanti par l’Etat ».
Saïhi a tenu à mettre en avant que, depuis l’accession du président Tebboune à la magistrature suprême, l’Algérie a connu « des réformes sociales profondes et des décisions historiques ayant restauré le rôle central de l’Etat social, a mis fin à l’exclusion et mobilisé des moyens financiers et humains considérables pour assurer la gratuité des soins et la prise en charge globale des citoyens, sans distinction ».
Sur le plan historique, le ministre a rappelé que la vocation sociale de l’Etat algérien puise ses fondements dans le Manifeste du 1er novembre 1954, consolidée dès 1974 par l’instauration de la gratuité des soins. Il a ajouté qu’« il suffit de rappeler que cette année, plus de 12 millions d’actes médicaux spécialisés ont été réalisés gratuitement, que près de 12 millions d’enfants sont scolarisés et que la prise en charge intégrale de pathologies lourdes, comme le cancer de l’enfant, est assurée ». Il a également annoncé l’ouverture prochaine d’un hôpital spécialisé en chirurgie cardiaque pédiatrique à Mahelma.
Par ailleurs. M. Saïhi a soutenu que cette carte électronique constitue « le symbole d’une politique publique moderne fondée sur la numérisation, la transparence et l’égalité des chances », ajoutant qu’elle contribue à l’élimination de la bureaucratie et à la préservation de la dignité du citoyen, garantissant un accès direct et efficace aux médicaments.
Evoquant la dynamique de transformation numérique, le ministre a indiqué que son secteur a engagé, depuis plus d’une année, un processus de dématérialisation avancé, dont le rythme s’est nettement accéléré ces derniers mois. Il a précisé qu’« aujourd’hui, plus de 88 % des services ministériels ont atteint un niveau avancé de numérisation, conformément aux orientations du président de la République ».
Il convient de noter que la carte électronique concerne les personnes démunies non assurées socialement, sans revenu, y compris celles atteintes de maladies chroniques, ainsi que leurs enfants mineurs à charge. Les demandes sont traitées dans le cadre d’un parcours administratif simplifié, débutant par le dépôt d’un dossier administratif et médical auprès du service de l’action sociale de la commune de résidence.
Après étude par la commission compétente et validation, les dossiers sont transmis à la CNASCNAS Caisse nationale de la sécurité sociale, qui attribue un numéro d’immatriculation, avant l’établissement et l’activation de la carte électronique par les agences de wilaya. Celle-ci permet aux bénéficiaires d’obtenir gratuitement les médicaments prescrits auprès des pharmacies conventionnées, conformément à la liste arrêtée par la décision ministérielle conjointe du 13 juillet 2025, avec une prise en charge pouvant couvrir jusqu’à trois mois de traitement pour les malades chroniques.
Ainsi, avec cette nouvelle carte, l’Etat, sous la conduite du président Tebboune, renforce son engagement à garantir l’égalité d’accès aux soins et aux services de santé, sans exclusion ni discrimination, consolidant ainsi son modèle social fondé sur la solidarité, la justice sociale et la dignité humaine.